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Au tribunal de Strasbourg, la litanie des violences conjugales après les ruptures

Fin mai, Rue89 Strasbourg a passé une matinée au tribunal correctionnel de Strasbourg pour suivre cinq affaires de violences conjugales. Point commun de plusieurs de ces dossiers : les violences reprochées sont intervenues après la séparation des ex conjoints. Récit.  

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Au tribunal de Strasbourg, la litanie des violences conjugales après les ruptures

Comme chaque semaine, le tribunal judiciaire de Strasbourg examine des affaires de violences conjugales. Jeudi 28 mai, le rôle de la chambre correctionnelle en compte cinq. Au gré des dossiers, les vécus se déploient et les mécanismes se répètent : emprise, violences physiques, menaces, contrôle coercitif. Pour trois d’entre elles, les faits se sont produits après une rupture. 

Loin de signer l’arrêt des violences, la séparation peut en reconfigurer les formes, voire en créer de nouvelles : manipulation, harcèlement ou surveillance de l’ancienne compagne, procédures judiciaires, violences économiques voire escalade de la violence physique. Dans de nombreux cas, elle est le déclencheur du passage à l’acte des féminicides.

C’est dans ce contexte de violences liées à la séparation que s’ouvre l’audience du tribunal correctionnel de Strasbourg. Si 84 % des victimes de violences conjugales sont des femmes, le prévenu de la première audience est une femme. Anaïs R., 30 ans, comparaît pour violences envers son ancien compagnon. Son téléphone dans la poche de son jean délavé, elle s’avance, fébrile, à la barre. « J’avais déjà eu affaire à lui », explique-t-elle de sa voix grave. 

L’affaire trouve ses origines au début du mois de janvier 2026, lorsque la jeune femme décide de se séparer de son compagnon. « Il est avec son ami et ils partent en soirée », rembobine Laura Javaux, son avocate. Le ton est familier et l’histoire pourrait avoir été racontée cent fois. Son ex petit ami décide de faire un crochet par chez elle et se rend au pied de son immeuble. « Il vient pour s’en prendre à elle », décrypte l’avocate. Depuis la fenêtre, Anaïs voit son ancien compagnon en contrebas vider sa camionnette. Elle empoigne un couteau de cuisine et descend. 

« Violence réactionnelle »

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