Ultra (bien) dessiné
Il nous tire de la grisaille de l’hiver et remet des couleurs dans la métropole en ce mois de mars, c’est le Festival central vapeur ! La bande dessinée, le dessin, l’illustration sous toutes ses formes sont présentés avec des expos (8 en tout !), rencontres, lectures, ateliers, et le fameux salon des indépendants, une librairie éphémère réservée aux éditeurs indés. Le festival s’ouvrira le 4 mars avec la parade des micronations. Cette année, il y aura 40 drapeaux illustrés par autant d’artistes, représentants chacun une micronation. Le départ se fera à 14h devant l’Atelier demi-douzaine, au 4 quai Finkmatt à Strasbourg – Tribunal et arrivera vers 16h à la Menuiserie Coop, rue de la Coopérative au Port du Rhin.
Du 4 au 29 mars, rendez-vous quai des Bateliers à la Krutenau pour une expo d’affiches La fête des chiens, d’après un album illustré de Laura Simonati. Les toutous seront le sujet d’autres événements : expo Chienne de vie à l’Atelier demi-douzaine, dialogue de dessins entre deux artistes à la Menuiserie Coop ou encore un cycle de films sur ce même thème aux cinémas Star et au Cosmos.
Le salon des indépendants se déroulera le week-end du 28 et 29 mars au Garage Coop et au CRIC. C’est une occasion pour découvrir de nouveaux livres, rarement disponibles en librairies, mais aussi des dessins abstraits, objets délicats, affiches sérigraphiées, fanzines BD ou publications de niche… Comme chaque année, il y aura un panier garni de belles créations à remporter pour celui ou celle qui saura trouver son juste poids ! L’entrée est libre et il vaut mieux prévoir de l’argent liquide pour les achats sur les stands.
Maxi démocratie
Ce mois-ci le Maillon propose un « temps fort » sur le thème Démocratie en jeu : La culture du débat à l’épreuve du présent. Quatre spectacles, quatre ateliers créatifs, des rencontres et une avant-première au cinéma pour cogiter collectivement sur ce sujet. Et partager le « plaisir de comprendre les rouages d’un système, mais aussi de s’emparer des possibilités qu’il offre de faire société » comme le propose Barbara Engelhardt, la directrice du Maillon.
On est enthousiastes de retrouver le metteur en Suisse Stefan Kaegi et sa compagnie Rimini Protokoll pour Ceci n’est pas une ambassade, (Made in Taiwan). Il invente ici une ambassade théâtrale pour ce petit état insulaire que la Chine revendique depuis plus de 70 ans. Trois parcours de vie étayent ce spectacle documentaire, entre attachement aux traditions, lutte pour la démocratie et globalisation économique.
La compagnie belge Ontroerend Goed convie, elle, a une expérience grandeur nature, où le public deviendra acteur du spectacle. Si vous aimez rester tranquillement dans votre siège, ça risque de vous bousculer un peu. Si vous aimez l’interaction, vous risquez bien de vous amuser !
Vous n’avez jamais raté un grand débat télévisé de l’entre-deux-tours des élections présidentielles, cet autre spectacle est parfait pour vous ! Avec Rituel 4 : Le Grand Débat, Émilie Rousset et Louise Hémon rejouent, sur scène, ce rituel politique aux règles immuables. La quatrième pièce, présentée fin mars, The Goldberg Variations de la Compagnie Platform K et le chorégraphe Michiel Vandevelde, questionne la notion de démocratie dans la danse. Elle convoque le travail du danseur Steve Paxton dans les années 1980 et des projections d’images contemporaines. Sur scène, au côté des danseurs, l’accordéoniste Philippe Thuriot joue magistralement les notes de Bach d’où le spectacle tire son nom.
Des ateliers ouverts à tout public, et présenté avec le CFPI / École des interventions de la HEAR, proposent diverses expériences ludiques pour prolonger la réflexion : création d’un cocktail démocratique, expérimentation textuelle et sonore, science-fiction et d’expérimentation spatiale, et démocratisation de la danse ; plus une garderie créative pour les 4-10 ans.
Super groovy
Moh Kouyaté, c’est le groove incarné. Si vous n’avez jamais entendu parler de lui, c’est le moment de rattraper le retard. Le guitariste et griot guinéen passe à la salle du Cercle de Bischheim le 5 mars, et c’est le genre de concert d’où l’on ressort avec le sourire jusqu’aux oreilles pendant des jours. Le truc avec Moh, c’est qu’il mélange les traditions mandingues, le blues et le jazz avec une fluidité naturelle. Sur scène, il sera entouré d’une kora, d’une trompette, d’une basse et d’une batterie — la salle va groover. Il présente là une version électrifiée et dansante de son dernier album Mokhôya.
Micro Giboulées
Mars au TJP, c’est le mois des Micro Giboulées, moins humides mais tout aussi surprenantes qu’une averse ! Inspirées des Giboulées, l’historique festival de marionnettes du TJP (créé en 1976), les Micro Giboulées de 2026 proposent une semaine pour explorer les métamorphoses, réveiller les curiosités et partager des expériences sensibles, festives et engagées. On y croisera une clown gloutonne dans Mange Nuit de Nolwenn Peterschmitt (dès 6 ans), une battle de danse qui se termine en bal, Battle mon coeur #4 de Kaori Ito, une performance participative de l’artiste sud-africain Steven Cohen, People Will People You (dès 14 ans), un solo d’opéra dansé punk et bouillonnant, Métropole de Volmir Cordeiro.
Le 8 mars, une parade des roses égayera les rues de Strasbourg. Elles s’appellent Rose, Hyacinthe, Iris… Toutes refusent d’être offertes ce jour-là pour faner quelques jours plus tard. Projet de l’artiste Tanguy Chêne, performeur drag, avec la participation d’une dizaine d’adolescents. Le TJP promet un moment festif, militant, chantant, flamboyant ! Départ à 15h30 le dimanche 8 mars, devant le TJP Petite scène à la Petite France.
Les 13 et 14 mars, sous le nom de Par court, le TJP convie trois artistes à présenter une forme courte chacun, comme un avant-goût de spectacles en préparation. Une soirée de clôture, ouverte à toutes et tous, animée par Madame TJP et le beatboxer-DJ Mystraw, fera danser les participants samedi 14 mars. Au programme : une démonstration de danse et de beatbox, suivie d’un grand soul train, où chacun est invité à traverser la piste au rythme de la musique. Un dernier rendez-vous joyeux, festif et convivial et en prime, on peut venir déguisé !
Turbo émotion
La performeuse, circassienne et metteuse en scène Vimala Pons (que l’on connait aussi comme actrice au cinéma) présente au TNS son dernier spectacle Honda Romance. « Honda » comme la marque de véhicules qui lancera en 2030 des satellites signifie aussi dans différentes langues : existence, rizière, fronde, vif, origine, livre, famille et mes gars sûrs. Quant à « Romance », c’est un mot souvent associé à l’amour, alors qu’il désigne à l’origine « une pièce musicale de style simple ». Honda Romance interroge la richesse du langage et sa capacité à multiplier les significations.
Vimala Pons a longtemps travaillé la notion de déséquilibre, notamment en portant tous types d’objets en équilibre sur sa tête (un mannequin, une carcasse de voiture, un escalier, une machine à laver ou encore un César géant). Cette fois, elle explore le déséquilibre psychique, convoque les émotions. Pour préparer ce spectacle, l’artiste multi-disciplinaire a été en résidence au 3 bis F, un centre d’art situé dans les murs d’un hôpital psychiatrique à Aix-en-Provence. Sur scène, on verra pêle-mêle un satellite-narrateur, 11 performeurs chanteurs en mouvement perpétuel, du chant, trois canons à explosion de vent, une partition de 200 émotions. Le tout accompagné par les musiques omniprésentes de Tsirihaka Harrivel et Rebeka Warrior.
Mini Musica
Depuis 2020, les minis ont aussi leur Festival Musica. Le voilà de retour et déployé dans plusieurs communes de l’Eurométropole. Mini Musica, ce sont des spectacles, concerts, installations et ateliers qui s’adressent à tous les âges de l’enfance à partir de trois mois : avec six spectacles, deux installations participatives, un mini récital et une balade sonore, pour un total de 77 représentations tous publics et scolaires réparties à Strasbourg, Ostwald, Oberhausbergen, Schiltigheim et Erstein.
Mini Musica s’ouvre par un grand week-end à l’Espace Django au Neuhof les 21 et 22 mars. Tout au long de la journée, les enfants et les familles pourront expérimenter gratuitement des installations sonores participatives et ludiques. Ensuite, jusqu’au 31 mars, place aux spectacles et ateliers pour attiser la curiosité et l’émerveillement des petits et des grands qui les accompagnent.
Hyper poétique
Retour aux sources pour Asfar Shamsi, jeune chanteuse d’origine strasbourgeoise. Musique aérienne, textes poétiques, clips colorés ou à l’esthétique vintage, voire carrément nostalgique quand elle rejoue la diffusion du match de final de la coupe du monde de foot 2006. Son troisième EP Cuicui vient de sortir et elle va faire vibrer l’Espace Django le 26 mars. Elle chante « La vie c’est du gâteau, avec un léger arrière-goût de K.O. », cite à la fois Disiz et Laurent Voulzy dans ses textes, n’a pas voulu choisir entre le rap et la pop, et c’est très bien comme ça.
À l’affiche de cette soirée décidément pleine de douceurs, le « rap-fleur » du tout jeune groupe strasbourgeois Aimelavie. Sa baseline : « si l’avenir sent mauvais, faites pousser des fleurs ». Vous l’avez peut-être déjà croisé à vélo jouant de la guitare dans les rues de Strasbourg. Et nous, on est bien curieux de le découvrir sur scène.
Chargement des commentaires…