Vie pratique 

A Maze In, ouverture d’un jeu d’évasion grandeur nature à Strasbourg

actualisé le 28/03/2016 à 19h30

Les sommiers "vintage" qui vont être utilisés dans la salle "Asylum", où il sera question de s'échapper d'un asile des années 60... (Photo CF / Rue89 Strasbourg)

Les sommiers « vintage » qui vont être utilisés dans la salle « Asylum », où il sera question de s’échapper d’un asile des années 60… (Photo CF / Rue89 Strasbourg)

A Maze In, un nouvel espace de divertissement, un jeu d’évasion grandeur nature, va ouvrir à Strasbourg. Il s’agit du premier lieu dans l’agglomération reprenant le concept d’ « escape game », qui propose de s’évader d’un endroit en résolvant des énigmes ou en trouvant des indices. Olivia et Tiphanie ont transformé un cabinet médical de 465 m² en deux univers chargés : les mafias d’Amérique centrale et les asiles des années 50.

Dans les escape games, jeux d’évasion en français, le but est de faire appel à ses neurones pour sortir d’une pièce, en un temps limité, en résolvant des énigmes grâce à des indices. Ce concept est né au Japon, où il découle d’un jeu vidéo. Un game master (maître du jeu), qui est dans une autre pièce, donne des indices aux joueurs en fonction du profil des joueurs. Ces indices s’affichent sur les écrans présents dans la salle de jeu, envoyés par le maître du jeu, qui surveille le déroulement grâce à plusieurs caméras disposées dans la pièce.

Olivia Vidic et Tiphanie Ablitzer, entrepreneuses trentenaires, ouvrent un escape game à Strasbourg : A Maze In, début décembre. Il faudra compter de 12 à 28 euros pour une partie, selon l’heure et le jour choisi. A Maze In accueillera des groupes de joueurs composés de une à six personnes, à partir de 7 ans.

Un nouveau concept ludique

Issus du marketing et de la gestion de risques, Olivia et Tiphanie cherchaient à créer un concept ludique et insolite à Strasbourg. Elles se sont rencontrées grâce à des amis communs pour monter ce projet. Elles ont fait le pari de transformer 465 m² au 3e étage du quai de Paris en un espace de trois salles de jeu, plus une à venir, un bar et une salle de réceptions. Olivia et Tiphanie ont fait le tour de l’offre hexagonale avant de se lancer :

« Nous avons testé une dizaine d’escape games en France et en Belgique. Le concept nous a plu. Nous avons particulièrement aimé les sites Prizoners et Game à Paris. Dans ce dernier, le thème “Braquage à la française”, dont le but consiste à braquer une banque, nous a franchement éclaté. L’immersion est totale et les décors sont incroyables. Nous avons été moins convaincues par Hint Hunt, plus axé sur les familles avec un taux de réussite plus élevé, donc plus facile. Sur dix jeux d’évasion grandeur nature que nous avons testés, nous n’avons réussi à sortir qu’une seule fois ».

Dans le local encore en plein travaux, Tiphanie et Olivia investissent toute leur énergie. Elles décrivent leur projet, lancé depuis juillet, avec des yeux d’enfants. Leur bureau est en désordre, la pièce est poussiéreuse, et il y a des bâches étendues sur les sols. Pour limiter les dépenses, elles sont appel à leur entourage :

« Des copines nous aident dans des ateliers bricolages, comme cet après-midi, nous allons préparer les murs pour la peinture. Avec un budget de 150 000€, nous allons ouvrir trois pièces de jeu et un bar à thème. Loin de l’univers du lazer quest ou du soccer park, chez nous l’ambiance c’est mafia d’Amérique latine et l’angoisse des asiles psychiatriques. C’est un projet farfelu mais pointu ».

Une mallette, des billets, et une heure pour s'en sortir (Photo CF / Rue89 Strasbourg)

Une mallette, des billets, et une heure pour s’en sortir (Photo CF / Rue89 Strasbourg)

Des parties d’une heure et de 30 minutes

La première pièce de 30 m² porte le nom de « Mama Mafia ». Dans cet univers vous faites partie des hommes de mains de la famille Fratelli dont le patriarche est le Parrain de la mafia des années 50. Après avoir réalisé le dernier larcin, commandité par le parrain lui-même, vous êtes de retour à la planque. Une épicerie fine italienne bien sous tout rapport. Malheureusement, vous êtes pris en filature par la police qui cerne les lieux. Arriverez vous à sortir sans vous faire attraper ?

Dans deux autres pièces, de 13 m² chacune, Olivia et Tiphanie prévoient d’installer « Asylum », un hôpital psychiatrique des années 50, façon Shutter Island, et dont il faudra s’échapper en 30 minutes. Pour sortir de leur cellule cadenassée, les joueurs devront prouver qu’ils sont sains d’esprit. Une quatrième pièce est en projet pour 2016, dans un univers technologique.

Les décors et énigmes sont travaillés par des scénographes, pour le moment elles hésitent encore entre plusieurs propositions d’équipe de Strasbourg spécialisées dans les décors de théâtre et de cinéma. Les mécanismes automatiques, serrures qui s’ouvrent toutes seules, le pots à crayons qui va ouvrir une porte, l’ordinateur qui s’allume … sont fabriqués sur commande, à Paris. Quant aux meubles, comme les effrayants lits de l’asile, sont chinés ou achetés sur Le Bon Coin.

Olivia et Tiphanie ont toutes les deux quitté leur univers professionnel d'origine pour créer A Maze In. (doc remis)

Olivia Vidic et Tiphanie Ablitzer ont toutes les deux quitté leur univers professionnel d’origine pour créer A Maze In. (doc remis)

Un bar à thème chimique, inspiré de The Breaking Bad

En outre, A Maze In comportera un bar inspiré du camping-car de la série télévisée Breaking Bad, où un professeur de chimie se transforme en fabricant de méthamphétamines. Chimique, coloré et explosif, l’originalité du lieu ne se trouvera pas seulement dans la décoration, mais aussi dans les boissons.

Leurs idées ne s’arrêtent pas là, elles aimeraient créer des « escapes éphémères », avec des décors qui demandent moins de budgets et qui pourraient varier chaque semaine. Olivia et Tiphanie envisagent aussi de proposer des événements à la Ville de Strasbourg, pour organiser par exemple une évasion de la cathédrale.

Un projet à 150 000 euros

Le projet a nécessité un investissement de 150 000€. Olivia et Tiphanie ont apporté 40 000€. Elles ont reçu 15 000€ en prêt de Strasbourg Initiative et gagné 1 500 euros au concours Yago destiné aux jeunes entrepreneurs. Elles ont emprunté le reste à la banque. En outre, les deux entrepreneuses ont lancé une campagne de financement participatif (crowdfunding). Les gains récoltés serviront à proposer un plus large choix d’ambiance et de décors.  A Maze In est à la recherche d’un « game master ».

L'AUTEUR
Coralie Favre
Coralie Favre
Diplômée d'école de journalisme depuis juin. Effectue un stage de fin d'études avec Rue89 Strasbourg. Passionnée par les thèmes de société, environnement et culture.
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