Brèves 

Des bancs publics, refuges pour insectes en ville, ont besoin de clics pour se financer

Le collectif Défi-écologique a mis au point un banc public, dont l’objectif est d’héberger des colonies d’insectes. Pourquoi ? Parce que les insectes sont utiles, surtout avec l’extension des espaces verts et la réduction des produits phytosanitaires. Mais pour développer ces hôtels à insectes, ses deux créateurs ont besoin de l’aide des citadins entomophiles.

À première vue, le secret de « banc refuge » est difficile à trouver. Le banc, lui, est visible : une assise en bois surmonte un socle en acier. Pour trouver le « refuge », il faut regarder sous cette assise. Un espace y est prévu pour accueillir… plusieurs espèces d’insectes. Le prototype a germé de l’esprit de deux membres du collectif « Défi-écologique », Julien Hoffmann et Philippe Riehling.

Le banc refuge doit héberger des insectes qui n'interagissent pas avec l'homme. (doc remis)

Le banc refuge doit héberger des insectes qui n’interagissent pas avec l’homme. (doc remis)

« Défi-écologique » est né en 2014, et regroupe des entrepreneurs-salariés. Julien Hoffmann, qui se décrit comme « naturaliste », en est le fondateur. Il décrit la volonté du collectif :

« Défi-écologique est un rassemblement dont l’objectif est de répondre aux problématiques du développement durable et de l’écologie en mariant beaucoup de compétences différentes : designers, scientifiques, développeurs web… »

Le projet « banc refuge » est né de l’association de Julien Hoffmann avec Philippe Riehling, « éco-designer ». Il vise à accompagner un retour de la végétation en ville, dans le cadre de la loi Éphyto, laquelle a limité l’usage des pesticides.

Les matériaux utilisés proviendront tous de circuits courts (Doc remis)

Des « phares » pour les insectes

Pour peupler cette nouvelle végétation, la ville a besoin de plus d’insectes, comme l’explique Julien Hoffmann :

« Il ne faut pas voir les insectes comme s’il ne s’agissait que des mouches ou des moustiques… Il y a plein d’espèces qu’on ne soupçonne même pas et dont la présence est essentielle à l’écosystème urbain. Ne serait-ce, par exemple, que pour servir de nourriture aux moineaux, qui disparaissent parce qu’ils mangent très mal. C’est pourquoi nos bancs sont conçus, avec des fentes percées au millimètres près, pour accueillir une quinzaine d’espèces qui ont peu d’interactions avec les humains : chrysopes, coccinelles, punaises prédatrices… »

Le collectif a recueilli une importante base de données sur les matériaux utilisés. Le choix de la couleur de l’acier, notamment, n’a pas été fait au hasard : il agit comme un « phare » pour plusieurs espèces d’insectes. Les motifs dessinés dans le socle doivent aussi trier les insectes accueillis. L’initiative s’accompagne également d’un volet pédagogique, que détaille Julien Hoffmann :

« Chaque assise sera accompagnée d’un panneau pédagogique en bois. Il y figurera un code à scanner avec un téléphone (QR Code), qui renverra à un site web. On y donnera plus de détails sur les insectes présents, leurs rôles et leurs effets sur l’environnement. »

Projet écolo cherche financements

Si le prototype est prêt, les deux créateurs recherchent encore des financements pour lancer la production de leur projet. « Banc refuge » a été soumis à un concours, organisé par les assurances Aviva. Julien Hoffmann explique :

« C’est un concours au vote, 1 400 projets sont en lice, pour une cagnotte totale d’un million d’euros. Le principe est simple : plus on a de votes, plus on gagne d’argent et on a vraiment besoin de fonds pour lancer la commercialisation et la production de nos bancs refuges. »

Le fondateur de Défi-écologique avoue cependant que « la transformation en votes est difficile », malgré le bon accueil reçu par le projet sur les réseaux sociaux. L’enjeu est pourtant central pour le collectif. Il s’agit, déjà, de convaincre la Ville de Strasbourg : Julien Hoffmann explique être « encore en discussions » avec la direction du développement économique. Défi-écologique est également en tractations avec des industriels locaux, afin d’assurer une production en circuits courts.

Si la campagne de financement est réussie, le projet pourrait rapidement s’étendre : la ville d’Apt serait elle aussi intéressée par « Banc refuge ». Si les insectes pouvaient voter…

Aller plus loin

Sur Défi Écologique : la présentation de « banc refuge »

Sur la Fabrique Aviva : voter pour le « banc refuge »

Sur Facebook : la page de Défi Ecologique

L'AUTEUR
Louis Pillot

Stagiaire à la rédaction de Rue89 Strasbourg. Éditeur pour le projet CrossCheck.

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