Politique 

Avec le vote du PLU, l’Eurométropole s’engage dans la densification pour 15 ans

actualisé le 11/01/2017 à 17h14

Flux vidéo fourni par la ville de Strasbourg

Le dernier conseil de l’Eurométropole de l’année 2016 va voter le plan local d’urbanisme (PLU), qui fixe les choix d’urbanisme pour les 28 communes de la collectivité. À suivre en direct dès 8h30.

C’est l’heure de vérité du Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) au Conseil de l’Eurométropole ce vendredi 16 décembre. Ce document de 3 000 pages indique la destination de chaque parcelle des 28 communes : logements, administration, économie, transports… C’est le résultat de deux ans et demi de travail de la coalition formée formée après les élections de 2014 par les Socialistes, des maire de droite et indépendants et les écologistes.

Ce vote survient alors que cette coalition est mise à rude épreuve à la suite de changements dans les équilibres entre les socialistes élus au conseil communautaires et les maires des communes alentours. L’orientation principale est de densifier les espaces vides avec de nouveaux bâtiments plus hauts, plus ramassés, aux surfaces parfois plus petites. Cette manière de construire la ville évite de trop s’étendre sur les terres naturelles et agricoles.

Objectif 45 000 logements dans 15 à 20 ans

L’objectif fixé est de 45 000 logements pour l’horizon 2030, « voire 2035 », tempère même Yves Bur, maire de Lingolsheim et vice-président de droite chargé du dossier. « Il y a parfois eu de l’incompréhension sur ce chiffre. Ce n’est pas tout de suite, d’un coup », abonde le président Robert Herrmann (PS). Ces objectifs se traduisent parfois par de nouveaux quartiers, comme les Deux-Rives vers le Rhin ou celui de la ZAC Baggersee dont nous vous parlions en début de semaine.

Est-ce trop pour Strasbourg ? C’est ce que pense la droite strasbourgeoise qui redoute une dégradation de la qualité de vie. Plusieurs associations ou collectifs hyper-locaux se sont aussi créés dans ce sens aux quatre coins de l’agglomération. Dans son avis, l’autorité environnementale souligne que le potentiel de l’agglomération est en fait supérieur à 68 000 logements, si l’on compte les habitations qui vont être reconstruites.

« On n’a pas perdu de vue l’image d’une métropole à visage humain, avec le respect d’un environnement fragile », estime Yves Bur. La grande nouveauté par rapport au passé est que l’objectif, également en termes de logements sociaux, est réparti sur l’ensemble des communes.

Objectif plus d’emplois aussi

Cette augmentation de la population doit être couplée de créations d’emplois espérées du côté du quartier d’affaires du Wacken, de la reconversion de la raffinerie de Reichstett, du parc d’innovation d’Illkirch-Graffenstaden et par le développement du campus des technologies médicales près de l’hôpital civil, tout en espérant que l’existant ne subisse pas de pertes.

Les tractations n’ont en tout cas pas réussi à convaincre le maire de Niederhausbergen Jean-Luc Herzog, de lever une réserve communale sur un terrain familial qui permettrait le développement de la brasserie artisanale La Mercière. Cette dernière s’apprête à quitter l’Eurométropole. Un « regret » selon Yves Bur, qui n’a cependant pas voulu intervenir dans « une affaire communale » bien qu’il y était autorisé, et même encouragé par les commissaires enquêteurs. Mardi, il laissait entendre que des propositions pouvaient encore être formulées d’ici le vote.

Les transports, sujet à améliorer

Le PLUi a été bouclé plus tôt que prévu, car avec l’entrée de cinq nouvelles communes dans l’agglomération le 1er janvier 2017 (Achenheim, Osthoffen, Breuschwickersheim, Hangenbieten, Kolbsheim et Osthoffen), il aurait fallu tout recommencer.

Dès 2017, des concertations reprendront pour les intégrer dans une première révision qui doit être terminée en 2019, afin de ne pas interférer avec les élections municipales de 2020. Les cinq communes, qui représentent environ 6 500 habitants, prendront leur part dans l’objectif de construction de logements, même si elle devrait être minime vue leur population.

Strasbourg et son agglomération compte construire sur les espaces creux pour gagner des dizaines de milliers d'habitants (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Strasbourg et son agglomération compte construire sur les espaces creux pour gagner des dizaines de milliers d’habitants (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

À écouter le tandem à la tête de l’Eurométropole, c’est davantage la question des transports que celle des logements qui a été difficile. Robert Herrmann et Yves Bur ont indiqué que la collectivité « peut mieux faire pour les transports de la deuxième couronne » à l’avenir. Peut-être aussi un message à destination des maires de ces communes à l’heure où la coalition doit être reconduite ou non par un vote début janvier.

Quatre compétences du Département transférées

Autre gros dossier de ce conseil de l’Eurométropole, celui des transferts des compétences en provenance du Département du Bas-Rhin. Un temps envisagé, il n’y aura pas de scénario « à la lyonnaise » où Département du Rhône et Métropole sont complètement séparés.

La loi fixait que les métropoles s’occupent forcément des routes sur leur territoire. Trois autres compétences devaient être négociées. Ces négociations n’ont pas fait particulièrement de remous, alors que les relations avec le Département se sont tendues pendant l’année, autour de son engagement à Strasbourg et du sort de l’agence économique régionale, l’Adira.

À partir de 2017, l’Eurométropole s’occupera donc de la prévention spécialisée, du Fonds d’aide aux jeunes et du Fonds de solidarité logement. Des sujets important, mais qui représentent de petits périmètres par rapport aux missions du Département.

Le Conseil départemental continuera de s’occuper entre autres des collèges, des minima sociaux (RSA, allocation handicapés, etc.), de protection de l’enfance, de santé, de sport, de culture, des projets au Port autonome ou NextMed sur le territoire des 33 communes. Dans un premier temps, seuls des agents (34,8 équivalents temps plein) passeront d’un employeur à l’autre. C’est au bout d’un an ou deux qu’il sera possible d’estimer l’impact de ces changements.

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L'AUTEUR
Jean-François Gérard
Jean-François Gérard
A rejoint la rédaction de Rue89 Strasbourg à l'été 2014. En charge notamment de la politique locale.
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