Environnement 

Dans les bus de la CTS, l’imprévu coûte 30 centimes de plus

Depuis mercredi 1er février, acheter un ticket à bord d’un bus coûte 2€, contre 1,70€ à un guichet. Le « ticket de secours » doit permettre d’améliorer la ponctualité des bus et de pousser vers les tickets dématérialisés. Mais pour certains passagers, il sera difficile de ne pas se faire surprendre.

Depuis mercredi 1er février, il est toujours possible d’acheter un ticket à bord d’un bus de la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS). Mais il en coûte désormais 2 euros et non plus 1,70 euro. Cette hausse du prix du ticket acheté à bord existe dans d’autres villes comme Lyon, Paris ou Marseille (1,80€ contre 1,50€).

Alain Fontanel (PS), premier adjoint au maire et président de la CTS, assume l’aspect « dissuasif » de cette mesure :

« L’enjeu, c’est de changer les comportements pour gagner du temps à bord des bus. Qui n’a jamais été bloqué dans sa voiture derrière un bus qui met du temps à redémarrer ? Une perte de vitesse d’un bus, c’est aussi un coût. Un kilomètre par heure de moins pour un tram, c’est un million d’euro par an. »

Le tarif a été choisi à 2 euros tous ronds pour réduire l’éventualité d’un rendu de monnaie. Chaque seconde compte à la CTS !

Toujours pas moyen de voyer à plusieurs avec une carte Badgéo

Pour accompagner le changement, la CTS dégaine une nouvelle carte : la Badgéo multi. Contrairement à la Badgéo solo, qui est nominative, la Badgéo multi peut être chargée avec des tickets dématérialisés et prêtée. Mais la CTS précise que pour voyager à plusieurs sur le même trajet, il faudra quand même plusieurs cartes Badgéo ! Pas de panique, si vous avez 3 tickets imprimés, vous pouvez quand même voyager à trois dans le même bus.

Cette nouvelle carte Badgéo coûte 2 euros (gratuite jusqu’au 15 mars). On peut la trouver à l’agence de la CTS, rue du Vieux-Marché-Aux-Vins (arrêt Alt Winmärik), mais pas la commander sur Internet.

Les tickets chargés sur une carte Badgéo (ou sur un téléphone Android avec l’application U’Go) coûtent 10 centimes moins cher qu’imprimés (1€60 contre 1€70). Là encore, l’objectif est d’inciter les usagers à dématérialiser leurs titres de transport. Alain Fontanel rajoute même : « les tickets papiers nécessitent la coupe de 50 arbres par an. »

L’imprévu et l’usager de passage

Néanmoins, il arrive de devoir prendre le bus à cause d’un imprévu (panne de voiture, accident de vélo, changement de programme)… Sans parler des touristes ou des personnes extérieures à Strasbourg, pas forcément au fait de la réglementation et des subtilités tarifaires. Dans toutes ces situations, prendre les transports en commun coûte donc 15% plus cher. « Non, car on peut toujours prendre un carnet de tickets à 1,70 euros » justifie la CTS.

La nouvelle tronche des tickets achetés dans les bus, plus chers (document remis par la CTS)

Augmenter les recettes de la CTS ?

Le conseiller municipal d’opposition Jean-Emmanuel Robert (LR) n’est pas convaincu par ces arguments. Dans un communiqué, il estime que « pour justifier ces hausses (la septième en huit ans), la mauvaise foi est toujours d’usage » :

« D’abord, le nom du ticket est habilement changé. On l’intitule à présent tarif de “responsabilité” comme si emprunter les transports en commun n’était déjà pas un acte responsable. […] S’agissant de la ponctualité des lignes de bus, elles sont bien plus pénalisées par les nombreux bouchons ou des travaux que par les passagers qui achètent un ticket. »

Il poursuit :

« Je préférerais qu’Alain Fontanel pour la CTS et Robert Herrmann pour l’Eurométropole, fassent preuve d’honnêteté en reconnaissant tout simplement que les augmentations des tarifs de la CTS – et donc ses recettes – visent à réduire la subvention de fonctionnement versée par l’Eurométropole pour lui permettre ainsi de dégager des marges de manœuvre dans son budget principal. »

Faux, rétorque Alain Fontanel, qui assure qu’aucune recette supplémentaire n’a été prévue dans le budget 2017 de la CTS. Néanmoins, dans les documents du débat d’orientations budgétaires du vendredi 27 janvier à l’Eurométropole, la « contribution transports » en 2019 est projetée plus faible (21,30 millions d’euros, contre 23,61 et 23,70 en 2017 et 2018).

Quelques distributeurs de billets vont être ajoutés sur la ligne 15, quand elle va devenir une « ligne structurante » en mars. Certains arrêts ont déjà été réaménagés comme ici place du Maréchal de Lattre de Tassigny (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Des communes sans point de vente

Pour François Giordani, président de l’association des usagers des transports, l’ASTUS, le problème est que cette nouveauté n’est pas assez accompagnée :

« Sur le principe nous sommes d’accord. Cela permet d’être plus rapide et d’inciter à l’abonnement. Mais le site de la CTS nous indique que cinq communes de l’Eurométropole n’ont aucun point de vente, malgré la convention passée avec les distributeurs du Crédit Mutuel. Sur les bouts des lignes, si on est loin du tram, c’est aussi plus compliqué pour les usagers. Et tout le monde ne maîtrise pas les achats sur internet. Il y a une rupture d’égalité entre les Strasbourgeois. »

Pour Alain Fontanel, la situation des communes « a été réglée », ce qui voudrait dire que le site de la CTS n’est pas à jour. Il ajoute qu’une réflexion sur la possibilité d’acheter les tickets dans certaines mairies est toujours en cours. Précisons que sur le long de la future « ligne structurante » L1, qui doit remplacer la ligne 15 au printemps avec des aménagements pour gagner un peu de temps et en ponctualité, quelques distributeurs de billets seront installés sur les quais.

L'AUTEUR
Jean-François Gérard
Jean-François Gérard
A rejoint la rédaction de Rue89 Strasbourg à l'été 2014. En charge notamment de la politique locale.
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