Culture 

Du lycée des Pontonniers à TF1, le fulgurant parcours de Simon Parmentier

actualisé le 09/12/2017 à 17h12

Simon Parmentier est un jeune strasbourgeois, fraîchement bachelier du lycée des Pontonniers. Animé par le théâtre depuis son enfance, il sera aux côtés de François Berléand et Isabelle Gélinas dans Les Chamois, une nouvelle série diffusée sur TF1. Entretien avec ce jeune homme en marche vers la notoriété, encore tout étonné par son aventure.

Simon Parmentier a 18 ans, il a décroché son bac à l’été au lycée des Pontonniers à Strasbourg et lundi 11 décembre à 21h, quelques millions de personnes vont le découvrir dans Les Chamois, une nouvelle série diffusée sur TF1.

Le tournage eu lieu aux Gets, en Haute-Savoie, en avril, avec François Berléand, Isabelle Gélinas ou encore Julie Depardieu. Pour Rue89 Strasbourg, le jeune comédien revient sur son parcours de météorite.

Simon Parmentier, ses premiers pas au petit écran. (doc remis)

Rue89 Strasbourg : comment, alors que vous étiez en pleine préparation de votre bac, vous êtes vous retrouvé à tourner dans une série de TF1 ?

Simon Parmentier : J’étais en terminale aux Pontonniers et un ami comédien, Hugo Roth, m’envoie une annonce de casting pour une série. Ils cherchent un garçon de plus de 16 ans, rondouillard et drôle pour le rôle de Thomas Leroy. J’ai envoyé ma candidature. Le lendemain, je reçois une réponse. L’équipe du film était intéressée. Vu que je n’étais pas à Paris, ils m’ont demandé d’envoyer une vidéo de moi en train de jouer un passage du script. Une scène entre Thomas, le rôle pour lequel je postulais, et Jessica Bernard, un autre personnage de la série.

Je me suis filmé à 23h chez moi, dans la pièce d’à côté la machine à laver tournait et faisait un raffut monstre ! Le plus drôle c’est que je n’avais pas de trépied pour la caméra, on a dû empiler des livres et poser la caméra dessus. Malgré ça, après avoir envoyé ma vidéo, la directrice de casting m’a appelé. Elle me demandait de venir à Paris pour rencontrer le réalisateur Philippe Lefebvre. J’étais en terminale, en pleine semaine, mais je me suis dit, « la carrière passe avant tout ! » Mes professeurs n’y ont vu aucun problème. Mais je n’en ai pas trop parlé autour de moi. Je n’avais pas envie de passer pour un vantard, rien n’était fait.

Simon Parmentier a été prévenu par Hugo Barth, c’est lui qui lui a envoyé l’annonce du casting. (doc remis)

Arrivé à Paris, comment s’est passé l’audition ?

J’ai pris mon train pour Paris, j’ai rencontré le réalisateur, j’ai passé mon audition et je pensais rentrer à Strasbourg. Mais Philippe Lefebvre m’a demandé de rester pour donner la réplique aux filles qui passaient le casting pour jouer Jessica Bernard. Je me suis dis, bon, c’est bon signe mais ça ne voulait pas dire que j’étais pris. Pourtant toutes les comédiennes me disaient que j’avais eu le rôle.

« Les 4 ou 5 jours les plus longs de toute ma vie »

Je ne voulais vraiment pas me faire de faux espoirs. S’en sont suivi les 4 ou 5 jours les plus longs de toute ma vie ! Le week-end passe, le lundi, toujours rien. Et le mardi le producteur de la série m’appelle et me dit : « je pense qu’on te l’a déjà dit, tu es pris pour le rôle de Thomas. On commence dans deux semaines. » J’étais fou de joie ! À ce moment, j’étais avec une amie et on a directement fêté ça. Je lui ai offert une bière ! Peu de temps après, la directrice de casting m’appelle, elle me dit « ah oui, un petit détail, ton père sera François Berléand et ta mère Isabelle Gelinas. »

Sur le coup, je n’ai pas trop réalisé. Je suis donc retourné à Paris pour faire une lecture du scénario avec toute l’équipe. C’est là que j’ai rencontré les acteurs. Moi j’étais tout petit devant eux, je n’avais jamais fait de télé avant ça ! C’était incroyable.

François Berléand et Simon Parmentier se sont liés d’amitié. (doc remis)

Justement, qu’est-ce que vous avez fait avant Les Chamois ?

J’ai fait tous les stages, tous les ateliers théâtre de ma scolarité, je lisais des pièces et j’ai toujours été un grand consommateur de théâtre. Un jour je me suis tourné vers l’opéra. Je suis devenu un petit chanteur de la maîtrise de l’opéra national du Rhin. J’ai participé à 11 opéras différents, en tant que cœur, une fois comme solo. Puis je me suis concentré sur le théâtre.

Quant j’étais dans au lycée Sturm à Strasbourg, avec un groupe d’élèves nous avons formé une petite troupe. Nous avons entre autre monté La Cantatrice chauve d’Eugène Ionesco, j’ai adoré. Puis j’ai intégré la section théâtre du lycée international des Pontonniers. Malgré mes résultats scolaires plutôt bancals, j’ai été pris, à ma grande surprise. C’était les plus belles années de ma scolarité. On était 23 élèves avec 5 h de théâtre par semaine, 3h de pratique et 2h de théorie. Durant une année, on avait 3 pièces au programme, Les Bacchantes, Figaro Divorce et L’illusion comique de Py, avec pour chacune un comédien du TNS pour nous encadrer. C’était une expérience de dingue ! En terminale, on les a joué dans la petite salle du TNS. Elle était pleine, c’était génial.

D’où vient votre passion pour le théâtre ?

C’est étrange de dire ça mais tout a commencé quand j’avais 5 ans. On a joué une pièce avec notre maîtresse, je jouais maître lapin. Un grand rôle ! C’est un souvenir qui m’a marqué, j’étais hyper heureux. Mes parents m’ont directement dit : « on sent que tu aimes ça. » La vérité c’est que j’adore faire le pitre, le zouave comme ils disent. Quand j’étais plus jeune, je disais toujours que mon rôle c’était de rendre les autres heureux. C’est toujours le cas.

Le tournage s’est déroulé dans la station des Gets en Haute-Savoie. C’était en avril, comment ça s’est passé, il y avait encore de la neige ?

C’est vrai que la neige a posé problème. Par endroits les pistes étaient totalement dégagées ! D’un côté, on avait des arbres sans feuilles et de l’autre un cerisier en fleurs. C’était bizarre… Je pense qu’en post production ils ont ajouté de la neige au montage. En tout, nous avons eu un mois de tournage. Moi, j’ai tourné 18 jours et j’y étais en tout 23 jours.

« J’avais l’impression d’être en colonie de vacances »

Le tournage s’est très bien passé. La station n’avait pas été privatisée mais les personnes qui passent dans le champ sont tous des figurants. Le gros avantage que nous avions, c’était pour prendre les remontées, on passait sur le côté, là où passent les écoles. Tourner sur les pistes ou dans le chalet, dans la montagne, c’était un régal ! On travaillait sur les pistes et on rentrait en skiant. J’avais l’impression d’être en vacances d’hiver avec ma famille.

L’autre chose vraiment géniale c’est qu’avec François Berléand, on est devenu amis ! Dans la série, il joue mon père et bien sûr, il est un peu devenu mon père spirituel. Il croit beaucoup en moi, il m’a vraiment fait confiance, si bien qu’il m’a conseillé à son agent Elisabeth Tanner. Je suis dans son agence aujourd’hui, sur le site Time art.

Simon Parmentier, bien entouré sur le site Time Art (capture d'écran)

Simon Parmentier, bien entouré sur le site Time Art (capture d’écran)

Entre deux scènes, toujours de temps pour un selfie avec Julie Depardieu et Simon Parmentier. (doc remis)

« Avoir François Berléand à côté, ça donne des ailes »

Comment avez-vous trouvé votre place dans l’équipe ?

J’étais un peu le petit jeune, la nouvelle génération. Les acteurs me donnaient souvent des conseils, des encouragements et des compliments. Quand c’était le cas, je ne savais plus trop où me mettre. Avec Stéphanie Crayencour, qui joue ma sœur dans la série (Emma Leroy), nous sommes devenus très amis. Et avoir François Berléand avec moi, ça donne des ailes et surtout ça donne envie de continuer.

Nous étions tous dans le même hôtel, nous avions des soirées tous ensemble. On a fait une soirée bowling par exemple. En fait, chaque équipe organise une fête, du coup pendant le mois de tournage, on a eu 4 à 5 fêtes. J’avais parfois l’impression d’être dans une grande colonie de vacances. Bien sûr il pouvait y avoir des petits moments de tensions. Certaines fois la fatigue et la chaleur prenaient le dessus. Parce que oui on avait chaud ! Nous faisions beaucoup de scènes d’intérieur dans le chalet où un feu de bois était allumé. Et dehors, nous étions en avril donc le soleil chauffait pas mal. Entre les vitres feutrées, les spots…

Making-of de la série Les Chamois (vidéo TF1 / Wat.tv)

Vous n’aviez jamais joué un rôle aussi important avant cela. Toutes ces caméras, ces spots, ça ne vous a pas perturbé ?

C’est vrai que c’est très différent de ce que j’ai pu expérimenter et voir auparavant. Les Chamois, c’est mon premier gros projet. J’ai été figurant pour Arte dans un film sur l’histoire de l’imprimerie, mais je n’apparaissais même pas une minute. J’ai fait des courts métrages, une web série sur YouTube avec Hugo Roth. C’est vrai que même en terme de jeu, Les Chamois, c’est très différent.

Les premières fois étaient difficiles, on me disait que j’avais un jeu très théâtral. Devant la caméra, il faut être naturel mais ce qui est super c’est qu’on peut aussi improviser un peu, sortir du texte. Je me suis vite détendu, j’ai appris avec la pratique. Puis est arrivé un moment où je n’avais plus à regarder mes marques au sol, je sentais les axes de la caméra, la lumière, je savais parler avec les micros. J’ai appris vite grâce à la présence des acteurs confirmés. Bien sûr, on ne peut pas toujours être super efficace, il y a eu des moments de fou rire. Mais il y avait une très bonne ambiance, je pense qu’on s’est tous bien amusés.

Parlez-nous un peu plus de cette série, Les Chamois ?

Alors, c’est l’histoire de deux familles. La famille Leroy, plutôt aisée, c’est la mienne. La famille Bernard est tout ce qui a de plus normale. Le père de famille Leroy, Etienne, joué par François Berléand est un grand propriétaire d’usine. La mère de la famille Bernard, Kristel, soit Julie Depardieu, travaille dans l’entreprise Leroy. Elle est déléguée syndicale et sa relation avec le chef d’entreprise est plutôt tendue. Une sorte de remake de Roméo et Juliette va pourtant se mettre en place entre la fille Leroy et le fils Bernard. C’est pendant ce séjour au ski, qu’ils vont s’avouer leurs sentiments et bien plus !

« J’avais peur que ce soit une série un peu gnangnan »

Au début, j’avais vraiment peur que ce soit une série un peu gnangnan. Mais quand j’ai vu les acteurs engagés dessus, je me suis dis que ça allait vraiment être drôle de travailler et d’apprendre à leurs côtés. Début juillet, on a eu une projection du pilote en avant première. Moi ça m’a beaucoup plu, je suis très fier de ce qu’on a fait. C’est une comédie familiale touchante et sympathique, parfaite avant les fêtes de Noël.

Qu’en est-il de votre rôle, va-t-il évoluer s’il y a une suite à la série ?

Dans cet épisode, j’ai un petit rôle. Dans les prochains épisodes, je pense que les rôles vont évoluer. François Berléand, Isabelle Gélinas, Stéphanie Crayencour et Edouard Court jouaient presque toute la journée. Moi, j’ai même eu droit à quelques jours de repos sur le mois de tournage. Ce que je peux dire, c’est que j’ai signé pour deux saisons alors, si ça marche on risque de me voir plusieurs fois !

En terme de rémunération comment ça se passe ?

C’est en fonction de la côte de popularité de l’acteur. Normalement c’est l’agent qui négocie la paie, puisqu’il prend 10% du salaire de l’acteur. Quand j’ai commencé, je n’avais pas d’agent. J’ai bien sûr eu le plus petit salaire de toute l’équipe, c’est normal. Pour moi, c’était déjà pas mal conséquent pour un mois ! Après, j’ai quand même voulu renégocier mon salaire : il ne devait pas changer tout au long de la série mais j’ai pu négocier une hausse de 10% à chaque épisode et cela dès le tournage du prochain.

Un petit selfie avec Waly Dia et Al Talid Ariss. (doc remis)

Quels sont vos prochains projets ?

Je suis à la Comédie de Reims, un centre dramatique national qui est relié à la scène nationale. J’ai passé l’audition pour rentrer dans l’école pendant les grandes vacances et dans ma promotion nous sommes 11. La formation est gratuite et dure deux ans. Ensuite, je vais voir si j’essaie ou non de passer des concours pour entrer dans des grandes écoles, comme celle du TNS, ou l’école d’art de Cannes (l’ERAC), ou encore si je tente ma chance au conservatoire de Paris.

Je serai très intéressé pour faire une école supérieure à Berlin, à l’école Ernst Busch. Les Allemands sont très avancés théâtralement et étant bilingue, ça pourrait être pas mal. Si ça se passe bien avec ce projet télé ou si j’arrive à faire les bonnes rencontres pour entrer dans le cinéma, je verrai si j’ai besoin ou tout simplement envie de suivre une école. L’avenir me le dira. Je n’ai pas d’autres castings de prévu pour le moment. J’attends de voir si Les Chamois marche, je me laisse porter.

L'AUTEUR
Cécile Mootz
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