Politique 

À l’Eurométropole, Robert Herrmann réélu, petits couacs dans sa majorité

Le socialiste Robert Herrmann a été réélu président de l’Eurométropole de Strasbourg jeudi matin. Renouvelée à l’occasion de l’agrandissement de la collectivité, la coalition mise en place avec une partie des maires de droite à l’issue des élections municipales de 2014 a tenu bon. Mais quelques dissidences se sont fait entendre.

Jeudi matin, dans l’hémicycle archi-comble du centre administratif de l’Eurométropole, tout se déroulait à merveille pour Robert Herrmann, président de l’agglomération et candidat à sa succession, suite à l’intégration de cinq nouvelles communes dans l’intercommunalité. Après un soutien appuyé de la part des nouveaux maires, il a d’abord été réélu avec 69 voix sur 100, face à Éric Senet. Le tout nouveau conseiller communautaire qui se présentait en candidat « de la droite, majoritaire dans l’assemblée » n’a obtenu que 24 voix, car une large majorité des maires de droite sont restés fidèles à la coalition mise en place en mars 2014.

La couleur de la nouvelle assemblée

Graphique Geoffrey Brossard.

Tout se déroulait donc à merveille et Robert Herrmann ayant décidé de reconduire à l’identique son équipe, les vice-présidents ont été réélus, seuls candidats à leur succession… jusqu’à la 10e vice-présidence. Là, il y eu comme un couac : alors qu’il était prévu que Mathieu Cahn (PS) soit le seul candidat, le maire de La Wantzenau, Patrick Depyl et pourtant membre de la coalition, s’est présenté contre lui. Devant la fronde, Robert Herrmann a suspendu la séance quelques instants.

Patrick Depyl, maire (DVD) de La Wantzenau, a brisé le consensus de la coalition (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

Patrick Depyl, maire (DVD) de La Wantzenau, a brisé le consensus de la coalition (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

Attendez, attendez…

Au retour des élus dans l’hémicycle, Patrick Depyl a expliqué son geste :

« Il est dommage que l’occasion n’ait pas été saisie de rééquilibrer la gouvernance en faveur des communes périphériques. Si je prends les transports par exemple, tous les élus aux commandes sont strasbourgeois et je ne les ai jamais vus à la La Wantzenau. »

Patrick Depyl a obtenu 33 voix, pas suffisant pour déstabiliser la majorité mais quand même, la brèche dans l’unité affichée a été perceptible. Elle dispose normalement de 78 voix sur 100. Robert Herrmann a répondu que le consensus obtenu jusqu’à présent n’était « pas parfait » mais qu’il était néanmoins « gage de progrès » et qu’il entendait le conserver. Il a également averti que toute expression dissidente en provenance de la majorité serait « inacceptable ».

Un avertissement qui n’a pas découragé Pia Imbs, maire d’Holtzheim. Elle aussi issue du groupe des maires membre de la coalition, elle s’est présentée contre Nicolas Matt pour la 20e vice-présidence, afin de réclamer, elle aussi, un rééquilibrage en faveur des communes périphériques. Elle n’a obtenu que 25 voix mais pour leur premier conseil d’Eurométropole, les cinq nouveaux élus, maires d’Achenheim, Breuchwickersheim, Hangenbieten, Kolbsheim et Osthoffen, désormais villes périphériques, ont aussi reçu le message…

Vers un nouveau groupe ?

Ces positions dissidentes vaudront sûrement à Patrick Depyl et Pia Imbs d’être écartés du groupe des maires de la coalition, mené par Pierre Perrin, maire (DVD) de Souffelweyersheim. Patrick Depyl avait déjà rendu sa délégation à l’économie numérique. Ils pourraient vouloir constituer un nouveau groupe, entre la droite d’opposition, mené par Georges Schuler et celle alliée aux Socialistes. Il faut cependant au moins cinq élus pour constituer un groupe.

Ils pourront peut-être chercher du côté des deux élus UDI (François Loos et Pascale Jurdant-Pfeiffer), un peu seuls dans l’assemblée. Le groupe des élus écologistes aussi pourrait connaître quelques soubresauts. Édith Peirotes, Éric Schultz et Abdelkarim Ramdane ont menacé de le quitter si la présidence du groupe n’était pas partagée avec l’un d’entre eux.

Les coalitions d’agglomération sont délicates à maintenir : à la communauté d’agglomération de Mulhouse sud Alsace, les maires des communes périphériques ont sorti de l’exécutif les élus de Mulhouse… ce qui promet des débats compliqués pour les aménagements à venir. Pour son élargissement, l’Eurométropole de Strasbourg aura au moins échappé à ça. Conscient du danger, Robert Herrmann a annoncé qu’il allait constituer un comité stratégique et intégrer tous les élus dans la commission permanente.

L'AUTEUR
Pierre France
Pierre France
Fondateur et directeur de la publication de Rue89 Strasbourg.
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