Brèves 

Contre « une aventure populiste », Roland Ries laisse entendre que le vote Macron est souhaitable

Le maire de Strasbourg avait jusqu’ici dit qu’il voterait pour Benoît Hamon. Un dernier communiqué laisse entendre, sans le dire, que Roland Ries préfère Emmanuel Macron au candidat du parti socialiste.

À trois jour du premier tour de l’élection présidentielle, le maire de Strasbourg Roland Ries (PS) semble finalement pencher pour Emmanuel Macron ou du moins le laisse entendre fortement.

Dans un communiqué, le maire appelle ses « concitoyens à prendre leurs responsabilités » :

« À trois jours du scrutin, il faut privilégier l’essentiel et assurer tout ce qui pourra préserver nos valeurs : l’Europe, la paix, la sécurité, la solidarité, la capacité à réformer et à faire avancer le pays vers une nouvelle croissance mieux partagée. »

Si l’on suit les sondages…

Qui porte le mieux ces valeurs ? Son texte ne donne aucun nom. Mais Roland Ries se dit défavorable à un second tour avec « deux propositions populistes, anti-européennes, anti-Otan, et particulièrement dangereuses pour notre économie » ou « entre une candidate d’extrême droite et un candidat de droite bousculé par les affaires ». Autrement dit, pas de duel entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, ni entre François Fillon et Marine Le Pen.

Le terme « privilégier l’essentiel » suppose que le candidat de son parti, loin du quatuor de tête dans les sondages, n’est pas à même de les défendre au second tour. Par élimination, il ne resterait plus que… Emmanuel Macron.

Roland Ries dit calquer sa position sur le Premier ministre Bernard Cazeneuve, qui attaque nommément les programmes de Marine Le Pen, François Fillon et Jean-Luc Mélenchon dans sa propre déclaration. Sans mentionner sa préférence entre les deux ministres qu’il a côtoyé au gouvernement.

Loyal avec le résultat de la primaire jusque-là

Roland Ries avait été aperçu à un des premiers meeting d’Emmanuel Macron en juillet, mais depuis avait pris ses distances avec l’ancien Ministre de l’Économie, une fois qu’il a quitté le gouvernement et renoncé à participer à la primaire du PS et ses alliés.

Après la primaire, où il avait soutenu Manuel Valls, l’édile avait tout de suite dit qu’il soutenait Benoît Hamon et réaffirmé ce vote par la suite, sans pour autant faire campagne activement.

Roland Ries va finalement voter pour Emmanuel Macron (Photo Pascal Bastien)

Comme son premier adjoint, Alain Fontanel

Sa décision intervient deux jours après celle de son premier adjoint, Alain Fontanel, qui a clairement dit voter pour le candidat d' »En Marche », avec des arguments similaires. Les réactions dans une partie de sa municipalité, qui fait campagne pour Benoît Hamon, risquent d’être courroucées, bien que chacun peut interpréter ce texte là comme il l’entend.

Le choix d’Alain Fontanel a par exemple été qualifié de « personnel et opportuniste » par un autre adjoint au maire, Mathieu Cahn. Tout en sous-entendus, toujours.

Le communiqué complet de Roland Ries

La France est aujourd’hui dans une situation inconnue depuis le début de la 5ème République.

Nous sommes à la veille d’une élection présidentielle pour laquelle toutes les hypothèses sont possibles, y compris celle d’un choix qui se limiterait au second tour à deux propositions populistes, anti-européennes, anti-Otan, et particulièrement dangereuses pour notre économie.

Ou encore, celle d’un choix entre une candidate d’extrême droite et un candidat de droite bousculé par les affaires, qui ne jouirait d’aucune crédibilité et surtout d’aucune autorité pour mener à bien les réformes nécessaires.

En réunion à Madrid pendant deux jours avec des dirigeants politiques venus de nombreux pays du monde, je mesure combien la France est observée avec un mélange de crainte et d’espoir.

De crainte ; parce que si demain la France lui tournait le dos,  l’Europe ne survivrait pas. Toutes nos références disparaitraient,  et nous entrerions dans un monde d’incertitude et de menaces. Car c’est bien la construction de l’Europe qui nous a permis de vivre la plus longue période de paix de notre histoire.

D’espoir ; parce que la démocratie française peut aussi entrer dans une ère nouvelle, celle d’un renouvellement et d’un fort rajeunissement des responsables politiques nationaux, qui illustrent sa vivacité et son dynamisme.

A trois jours du scrutin, il faut privilégier l’essentiel et assurer tout ce qui pourra préserver nos valeurs : l’Europe, la paix, la sécurité, la solidarité, la capacité à réformer et à faire avancer le pays vers une nouvelle croissance mieux partagée.

Comme le Premier Ministre Bernard Cazeneuve, j’appelle mes concitoyens à prendre leurs responsabilités, en participant massivement au 1er tour de l’élection présidentielle du 23 avril, afin d’éviter à notre pays le risque d’une aventure populiste qui mettrait en péril notre sécurité, notre modèle démocratique, et la construction de l’Europe de demain.

L'AUTEUR
Jean-François Gérard
Jean-François Gérard
A rejoint la rédaction de Rue89 Strasbourg à l'été 2014. En charge notamment de la politique locale.
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