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Accusée d’injure publique par Anne-Pernelle Richardot, Rima Hassan relaxée par le tribunal

Le tribunal correctionnel de Strasbourg a relaxé l’eurodéputée Rima Hassan du délit d’injure publique. Elle était poursuivie par Anne-Pernelle Richardot, conseillère municipale socialiste de Strasbourg, après des échanges virulents sur le réseau social X.

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Rima Hassan au Parlement européen de Strasbourg en octobre 2024.

Mercredi 4 mars, le tribunal correctionnel de Strasbourg a considéré qu’en traitant Anne-Pernelle Richardot, conseillère municipale socialiste de Strasbourg, « d’islamophobe assumée » sur le réseau social X en novembre 2024, Rima Hassan avait bien proféré une injure publique. Mais, a ajouté le président du tribunal Michaël Da-Lozzo, « ces propos ont été tenus dans un contexte du débat public et politique entre deux élues, un débat où les termes outrageants sont régulièrement employés » et que par conséquent « les propos poursuivis n’ont pas dépassé les limites de la liberté d’expression ». Le magistrat conclut que ces propos « ne peuvent donc recevoir la qualification d’injure publique » et a prononcé la relaxe de Rima Hassan.

L’affaire remonte au 26 novembre 2024. Ce jour-là, l’eurodéputée de La France insoumise découvre dans le journal Le Monde qu’Anne-Pernelle Richardot se félicite qu’une conférence sur la Palestine avec l’eurodéputée ait été interdite par le président de l’Université de Strasbourg. Cette élue socialiste (désormais colistière de Catherine Trautmann aux élections municipales) assimile alors la conférence en question à du « soutien aux groupuscules islamistes ». Sur X, Rima Hassan tague alors Anne-Pernelle Richardot, la traite « d’islamophobe assumée » et conclut avec cet avertissement : « personne n’oubliera ».

Me Vincent Brengarth, qui avait plaidé la relaxe pour Rima Hassan lors de l’audience du 10 décembre 2025, se félicite dans un message écrit envoyé à la rédaction:

« C’est une formidable victoire de la liberté d’expression dans un contexte de tentatives répétées de criminaliser la parole de Rima Hassan. Cette décision est parfaitement conforme au droit et la juridiction a entendu nos arguments. »

Plus amère, Anne-Pernelle Richardot a également réagi par écrit :

« Je prends acte de cette décision de justice. Mais une relaxe judiciaire n’est pas un brevet d’honneur. Traiter publiquement une élue d’islamophobe, c’est lui mettre une cible dans le dos, et on a vu jusqu’où cela peut mener. C’est une injure politique au sens le plus cru du terme qui dépasse le cadre d’un débat démocratique digne. »

La conseillère municipale socialiste précise « réfléchir avec [ses] avocats aux suites à donner » et qu’elle ne renoncera « jamais à [se] battre contre les méthodes infâmes » de Rima Hassan qui consistent « à insulter, menacer ses adversaires politiques ».


#Justice

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