Société 

Noël de crise, faites vos cadeaux chez Emmaüs

actualisé le 22/12/2015 à 15h52

Emmaüs Mundolsheim, à quelques kilomètres au nord de Strasbourg (Photos MM / Rue89 Strasbourg)

Emmaüs Mundolsheim, à quelques kilomètres au nord de Strasbourg (Photos MM / Rue89 Strasbourg)

Crises économique et écologique obligent, il est temps de raboter sur le budget de Noël. Chez Emmaüs, on peut trouver des châteaux Playmobil encore défendables et des Barbies vintage qui n’ont rien à envier aux jeunettes tirées des rayons. Pour les adultes, on trouve même des objets anciens mais chargés d’âme. Rue89 Strasbourg est allé chiner.

Au rayon jouets, sur la mezzanine de l’entrepôt d’Emmaüs Mundolsheim, au nord de l’agglomération de Strasbourg, il reste encore quelques jolies pièces. Un château en bois à 10€, des chevaux Barbie à quelques euros (cheveux emmêlés certes), des poupées pour filles et garçons nues ou habillées à 2,50€, des lots reconstitués et augmentés de Playmobil à 8 ou 10€, des puzzle pour bébé – complets – à 1,50€…

Juste à côté, des livres pour enfants sont rangés serrés sur des étagères bondées : 0,50€ le poche, 1€ la bande dessinée qui fait fureur en 2015, 2€ le livre de contes cartonné, jusqu’à 10€ les beaux livres pour adultes. On y trouve des éditions récentes ou plus anciennes. Attention nostalgie : bibliothèques verte et rose, petits cartonnés rouge et or, il y en a pour toutes les générations. Avec en prime, sur la deuxième de couverture, des « Ce livre appartient à Patricia » ou « À Béatrice de la part de mamie »…

Les boutiques solidaires

1 200 tonnes collectées par an

Tout est d’occasion bien sûr, et rares sont les objets encore dans leur conditionnement d’origine. Récupérés chez des particuliers tout au long de l’année ou déposés là par des familles, ces jeux de société en pagaille et jouets pour tous les âges sont achetés ici par des brocanteurs et antiquaires d’abord, par des parents ou grands-parents sans trop de moyens ensuite, ou par des personnes « qui ont le souci du développement durable et assument l’achat militant », assure le directeur de la structure Thierry Kuhn :

« Il y en a pour tout le monde. C’est un peu l’endroit où on peut acheter ce que l’on ne pourrait pas trouver ailleurs. Le grand plaisir c’est de faire découvrir à ses enfants ou petits-enfants les jouets de notre enfance. Il y a aussi les petits prix, et, pour ceux qui ont un peu plus de moyens, il y a des jouets de collection. On arrive à peu près à 1 200 tonnes de jouets récoltés par an. Nous connaissons une augmentation depuis quelques temps, même si la qualité commence à baisser. »

Barbie et Petits poneys, les premières victimes du tri des chambres d'enfants (Photo MM)

Barbie et Petits poneys, les premières victimes du tri des chambres d’enfants (Photo MM/ Rue89 Strasbourg)

À quelques heures de Noël, le stock de jouets d’Emmaüs Mundo a bien fondu. Pendant tout le mois de décembre des ventes spéciales ont été organisées. Mecano, Lego ou châteaux Playmobil ont été raflés. Et ça continue puisqu’une vente spéciale « vêtements de fêtes, bijoux et ustensiles de pâtisserie » a commencé au début du mois et se poursuit encore. De même pour celle « idées cadeaux » qui souffle quelques imaginations aux plus indécis jusqu’à la fin du mois. D’après Thierry Kuhn, il ne reste plus que quelques pièces.

Il n’empêche, les sachets reconditionnés par les bénévoles et les salariés du chantier d’insertion sont encore alléchants pour les plus jeunes. Pour 1 ou 2€, des dizaines de dinosaures, petits personnages, monstres en tout genres, sont rassemblés. Un peu comme une pochette (super)surprise.

Babioles pour adultes, vaisselle et paillettes pour la fête

Pour les adultes, il faut un peu plus ouvrir l’œil. Là, un joli plat en faïence, ici un ensemble de verres à pied vintage… Dans le petit coin mercerie, il est aussi possible de trouver de bonnes affaires pour ceux et celles qui en auront l’usage : de la laine, des boutons anciens, des coupons de tissus. Pour les « modeuses », possible de trouver un porte-feuille ou un sac eighties, une paire de chaussures rétro, une veste en fourrure immettable, une vieille valisette en cuir. L’idée étant bien sûr de ne pas partir avec des idées trop précises ni le dégoût des objets qui ont eu une première vie ailleurs.

Le rayon livres pour enfants, très fourni (Photo MM)

Le rayon livres pour enfants, très fourni (Photo MM/ Rue89 Strasbourg)

Les objets que l’on trouve en salle de vente ont été orientés là lors d’un premier tri. À part les petits jeux rassemblés, les pelotes de laine mises en sachets, rien n’est lavé, ni réparé. Tout ce qui est endommagé (cassé, déchiré) part dans d’autres circuits, toujours dans l’économie sociale et solidaire.

Les pères Noël verts du Secours Populaire

En parallèle, dans le registre des fêtes et de la solidarité, le Secours Populaire a terminé sa campagne annuelle des pères Noël verts. À Strasbourg, l’association a collecté des jouets tout au long de l’année afin de permettre aux enfants et aux personnes en difficulté, de profiter, tant bien que mal, des fêtes de fin d’année. Des bénévoles restaurent les objets endommagés.
Plus d’une quinzaine de collectes ont été réalisées auprès d’entreprises permettant ainsi de réunir 15 palettes de jouets, d’1,5m³ chacune. Liliane Hudert, secrétaire générale du Secours Populaire de Strasbourg explique : « Les jouets que l’on a recueillis en 2015 ne seront distribués qu’en 2016. Ceux qui sont neufs iront à des associations partenaires, donnés ou vendus. Ceux en bon état seront mis en vente lors de notre bourse annuelle, en novembre. Cette année par exemple, nous avons vendus 600 jouets ».
La campagne, achevée ce 22 décembre, a permis pas moins de sept sorties pour 450 personnes : en bateau, au cirque, au cinéma, au Royal Palace de Kirrwiller… Une fête de Noël a également été organisée, lors de laquelle 500 bons d’achat ont été distribués. Liliane Hudert poursuit : « Nous préférons donner les bons d’achat aux parents afin qu’ils puissent eux-mêmes s’organiser pour le Noël de leurs enfants. Cela leur permet de conserver leur rôle. »

Thierry Kuhn explique :

« Au fil des années, le réseau Emmaüs a créé des structures spécialisées, comme Envie pour l’électroménager, qui a pris son indépendance et créé son propre réseau, ou le Relais pour le textile. Aujourd’hui, tout l’électronique que nous recevons, à part de temps en temps des petites télés ou autres qu’on teste sur place, part chez Envie où il est soit retapé, soit désossé avant recyclage de certaines pièces.

Concernant le textile et le mobilier, on a de plus en plus de quantité, mais la qualité, elle, baisse. En plus du Relais, on a créé des plateformes textiles, dont une à Forbach en Lorraine, vers laquelle on envoie 70 à 75% de ce qu’on reçoit qui est tâché ou déchiré, etc. Là-bas, un nouveau tri est fait et les textiles sont soit envoyés en Afrique, soit aiguillés vers une filière d’effilochage pour devenir des chiffons, ou alors ils sont réutilisés sous forme d’isolant thermique chez Metisse dans le Nord-Pas-de-Calais. »

L’économie sociale et solidaire sur tous les terrains

Par ailleurs, pour ceux qui n’ont pas de voiture, un point de vente a été créé à Cronenbourg, la boutique Méli Mélo. Pour acheter ses cadeaux récup’, il y a aussi toute une offre sur internet, avec des sites comme Le Bon coin ou Ebay (ventes entre particuliers). Une habitude qui s’est installée désormais dans les foyers et que redoute Emmaüs Mundo. Thierry Kuhn explique :

« Il y a de plus en plus de revente sur internet. Pour essayer d’y palier, nous avons mis en place une nouvelle initiative, en allant directement vers les gens. Nous participons à des brocantes de village, une dizaine en 2015. Ainsi, on récupère ce qui n’a pas été vendu, à la fin de la journée de marché. Les gens peuvent ainsi, par solidarité, se débarrasser gratuitement de leurs affaires en les donnant à Emmaüs. »

L’organisation nationale réfléchit également à une plateforme de vente en ligne d’objets, qui devrait être opérationnelle au deuxième semestre 2016. Une manière de toucher un maximum d’acheteurs potentiels pour la bonne cause. L’association Emmaüs Mundo n’a pas encore décidé si elle participerait au projet. Mais pour Thierry Kuhn, c’est le signe que « l’économie sociale et solidaire est proche de trouver sa place sur internet ».

Marie Marty

Audrey Fisné

Mis à jour mardi 22 décembre 2015

Y Aller

Emmaüs Mundolsheim, ZA des Maréchaux, 4 rue du Général-Rapp à Mundolsheim. Contact : 03 88 18 15 61 ou mundolsheim@emmaus-alsace.com Horaires d’ouverture : mardi, mercredi et vendredi de 13h30 à 17h30, samedi de 10h à midi et de 13h30 à 17h30, ventes spéciales le dernier dimanche de chaque mois de 14h à 17h30.

Emmaüs Montagne Verte, 5 chemin de la Holtzmatt à Strasbourg. Contact : 03 88 30 48 05 ou strasbourg@emmaus-alsace.com Horaires : lundi et jeudi de 14h à 17h30, mercredi de 9h à midi et de 14h à 17h30, samedi de 9h à midi et de 14h à 17h.

Boutique Méli Mélo (Emmaüs Mundo), 4 place de Haldenbourg à Strasbourg-Cronenbourg. Contact : 03 88 12 41 58 ou meli-melo.emmaus@hotmail.fr Horaires : mercredi et vendredi de 9h à 18h, samedi de 9h à 17h.

Boutique Carijou, 45 rue du Faubourg-National à Strasbourg (quartier gare). Contact : 03 88 32 83 69. Horaires : lundi de 14h à 18h30 et du mardi au samedi de 10h à 18h30. Carijou est une autre structure d’insertion qui récupère et revend des jouets d’occasion. Selon son responsable, le mois décembre est « le plus faste de l’année » et de très nombreux jouets sont en vente en ce moment.

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