8e Festival du film fantastique : 10 jours pour perdre pied
Culture 

8e Festival du film fantastique : 10 jours pour perdre pied

actualisé le 04/11/2015 à 16h13

Deathgasm, un groupe de rock qui monte... et démonte (doc remis)

Deathgasm, un groupe de rock qui monte… et démonte (doc remis)

Du 18 au 27 septembre, c’est le retour du Festival du film fantastique européen à Strasbourg, avec sa zombie walk, sa projection en plein air, ses invités mystères, sa compétition officielle, ses soirées spéciales, son concours de jeux vidéos, ses conférences… Oui, le programme est chargé pendant ces 10 jours mais heureusement, Rue89 Strasbourg vous aide à faire le point.

Ils sont petits, ils sont mignons, ils chantent mais voilà, l’humanité n’est pas prête à les adopter car il ne faut jamais, jamais, jamais jamais jamais, leur donner à manger après minuit. Ce pitch de Chris Colombus évoque-t-il quelque chose pour vous ? Dans l’affirmative, alors félicitations, vous avez survécu aux années 80.

Et l’homme qui a réalisé Gremlins en 1984, Joe Dante, sera présent, à Strasbourg, devant vous, là, alors que vous regarderez le film pour la 25e fois en compagnie de milliers d’autres Strasbourgeois place du Château mardi 22 septembre.

Et c’est un peu ça la magie du Festival européen du film fantastique (FEFFS) : se retrouver entre amateurs de films inavouables et découvrir qu’on n’est pas seul. La Zombie Walk par exemple, rassemble à elle seule 4 000 personnes. Elle aura lieu samedi 19 septembre à partir de 14h, de la place Broglie à la place de la Bourse (Maréchal de Tassigny) et, nouveauté, elle sera filmée grâce à une caméra à 360° avec l’objectif de produire le film dans la journée !

Et si finalement vous vous retrouvez seul avec vos fausses dents de vampire, sachez que vos amis seront place Saint-Thomas, où sera installé « le village fantastique » qui bénéficiera donc cette année d’une bien meilleure visibilité que lorsqu’il était place des Meuniers.

Un festival autofinancé à 50%

Ce déménagement n’implique pas que le FEFFS ait soudainement reçu plus de moyens. Son budget reste à peu près identique à celui de l’an dernier, soit environ 300 000€, actions des quelques 50 bénévoles compris. Le FEFFS est majoritairement financé par la Ville de Strasbourg, qui octroie une subvention de 125 000€. Les autres collectivités contribuent à hauteur de 23 000€. Pour le reste, c’est les entrées et la débrouille comme l’explique Daniel Cohen, directeur du festival :

« Compte-tenu de notre envergure, notre budget de fonctionnement est très serré. Et ça ne serait pas tenable sans les innombrables coups de mains, à la régie comme à la programmation, et l’aide des bénévoles. Tout ça va bien un moment, mais il faudra entrer dans des logiques plus professionnelles. On bénéficie de contrats aidés pour nos deux salariés, mais ils arrivent à terme. L’an dernier, on a compté 10 000 entrées en salles et 10 000 participations aux événements. »

Joe Dante sera présent lors de la projection de Gremlins en plein air (doc remis)

Joe Dante sera présent lors de la projection de Gremlins en plein air (doc remis)

Joe Dante n’est pas mort

En tant qu’invité d’honneur, Joe Dante, sera présent lors de la projection en plein air et le réalisateur animera une Master Class le 20 septembre suivie de son dernier film sorti l’an dernier, Burying The Ex. Une rétrospective de ses films lui est également consacrée sur l’ensemble du festival, ce sera l’occasion de revoir Gremlins 2, tout aussi bon que le premier.

Comme lors des années précédentes, le FEFFS propose des films en avant-premières lors des séances de clôture et d’ouverture. Notons par exemple Knock Knock vendredi 18, un film où Keanu Reeves se retrouve coincé entre deux filles superbes. Dit comme ça, ça ressemble à un autre genre de film, alors il faut voir la bande annonce :

Et évidemment, plus de 30 longs métrages vraiment fantastiques, sélectionnés avec soin, sont projetés soit dans la compétition officielle, soit dans les rétrospectives et les séances spéciales, 23 films de rétrospective et 21 courts métrages. Dans ce programme très dense, 138 séances à Strasbourg pendant dix jours, voici ce qu’on relève.

Ni le ciel ni la terre, savoir qui est son pire ennemi

Et pour la compétition officielle, n’ayons pas peurs d’être chauvins et soutenons le film du Strasbourgeois Clément Cogitore, Ni le ciel ni la terre et qui se place en Afghanistan, peu avant le retrait de l’armée française. Des soldats disparaissent ce qui a le don d’agacer un tout petit peu le capitaine Bonnassieu (Jérémie Rénier), surtout que ces disparitions sont inexpliquées…

Cop Car : l’enfance à 100 à l’heure

Signalons aussi l’intriguant Cop Car de Jon Watts, où deux kids du midwest tombent sur un rêve de mômes : une voiture de police. Malheureusement, ils n’ont pas vérifié le coffre avant de partir pour leur virée initiatique… Ils auraient dû.

Deathgasm : métal, sexe, démons et hémoglobine

Et puis le Festival ne serait pas fantastique s’il n’accueillait pas des films capables de projeter sur l’écran des hectolitres d’hémoglobine synthétique. Cette année, citons le merveilleux Deathgasm dans cette catégorie, qui réussit l’exploit d’accoler ces mots-clés : hard métal, sexe et démons, le tout à Ploucland. La bande son est signée Skull Fist, Nunslaughter et Lair of the Minotaur. Attention la vidéo ci-dessus est NSFW.

Dans Catatonic, le joueur est cloué à un fauteuil roulant. Flippant (doc remis)

Dans Catatonic, le joueur est cloué à un fauteuil roulant. Flippant (doc remis)

Jeux vidéos à gogo au Shadok

Le FEFFS intègre depuis quatre ans une composante « jeux vidéos », avec un concours : l’Indie game contest, qui permet à une vingtaine d’équipes de confronter et faire découvrir leurs créations. C’est le Shadok qui accueille l’ensemble des manifestations liées aux jeux vidéos, dont plusieurs conférences et tables rondes comme celle sur le genre, objet d’une récente polémique dans cet univers un brin machiste, dimanche à 15h30. Les jeux pourront être testés sur des bornes d’arcade accessibles à tous.

Mais surtout, le Shadok accueille une expérience unique avec Catatonic : ce jeu tout en réalité virtuelle, avec casque intégral sur la tête, met le joueur dans un fauteuil roulant. À lui de survivre dans un hôpital psychiatrique où tous les intervenants ne lui veulent pas que du bien… Âmes sensibles et fragiles du coeur, s’abstenir (ça doit rester virtuel l’hospitalisation).

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L'AUTEUR
Pierre France
Pierre France
Fondateur et directeur de la publication de Rue89 Strasbourg.

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