Jeudi 30 octobre, vers 22h15, la députée écologiste Sandrine Rousseau prend la parole dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. La journée est consacrée à la niche parlementaire du Rassemblement national (RN), qui a la main sur l’ordre du jour. Au cours de sa seule prise de parole, qui dure cinq minutes, l’élue est interrompue au moins à seize reprises par des cris venant des bancs de l’extrême droite.
Parmi les député·es RN particulièrement remuant·es, un homme sort du lot. Installé au quatrième rang, en bas de l’hémicycle, Laurent Jacobelli s’agite, claque des mains, rit aux éclats en prenant l’oratrice à partie. Il l’interrompt à onze reprises à lui tout seul. « Venez, on va se faire un barbecue à la place », lance-t-il dès l’arrivée de Sandrine Rousseau à la tribune, avant de véhiculer, plusieurs fois et de plusieurs manières, le préjugé sexiste de la folie.
« Un docteur ! Y a-t-il un docteur dans la salle ? », « Manger des graines, ça rend dingue ! », « Laissez-la, elle a le syndrome de Gilles de La Tourette ! », « Sandrine, prends un cachet ! Sandrine, tu vas craquer ! », « Un cachet et au lit ! », « Pin-pon ! Pin-pon ! Pin-pon ! », « Elle est complètement dingue ! », crie successivement celui qui est à la fois vice-président du groupe RN à l’Assemblée, porte-parole du parti et conseiller régional du Grand Est.

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