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Jeanne Barseghian noue un accord avec Florian Kobryn pour le second tour

Jeanne Barseghian a conclu une alliance électorale avec Florian Kobryn, le candidat soutenu par La France insoumise. La formation de gauche radicale sera présente sur la liste de la maire sortante pour le second tour des élections municipales à Strasbourg.

Élections municipales 2026

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Jeanne Barseghian noue un accord avec Florian Kobryn pour le second tour
Florian Kobryn et Jeanne Barseghian ont officialisé leur accord lundi soir.

L’annonce n’est finalement tombée qu’en fin de journée lundi 16 mars, après une première tentative avortée en matinée. Un accord électoral a été trouvé entre Jeanne Barseghian (Les Écologistes) et Florian Kobryn, le candidat soutenu par La France insoumise. Devant le local de l’équipe écologiste, la maire sortante a annoncé l’issue des négociations à 18h :

« Nous sommes très heureux de pouvoir vous présenter la gauche unie pour Strasbourg, la gauche la vraie, qui va conduire une liste : “Strasbourg fière juste et vivante”. Parce que nous souhaitons que Strasbourg reste à gauche et nous mesurons le péril que notre ville puisse basculer aux forces réactionnaires et conservatrices. Nous sommes convaincus que le seul choix possible est celui de l’union. »

Un « bloc populaire »

À sa droite, Florian Kobryn, désormais deuxième sur la liste unifiée, s’est félicité de pouvoir « prolonger l’union qui était celle du Nouveau Front populaire (NFP) et celle de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) ». L’ancienne tête de la liste « Strasbourg fière et populaire » a inscrit cette alliance dans un contexte de tripartition de la vie politique à Strasbourg :

« D’un côté, un bloc de droite, radicalisé, avec les voix de l’extrême droite qui viendront en relai. Un bloc macroniste, qui est incarné par la candidature de Madame Trautmann. Et puis un bloc populaire, un bloc de la gauche de progrès. Nous incarnons cette voie et nous voulons la proposer à Strasbourg. »

Le premier adjoint à la maire de Strasbourg Syamak Agha Babaei a présenté dans les grandes lignes la nouvelle liste issue de l’alliance avec les Insoumis. En cas de victoire, les colistiers de la liste initiale de Jeanne Barseghian disposent de 26 places éligibles, pour 16 places éligibles du côté LFI. Pour le premier adjoint à la maire, le résultat des négociations « respecte le score des deux listes et la proportionnalité qui échoit à ces résultats ».

Départ de Place publique

Après les résultats du premier tour, qui ont placé la maire sortante plus de 5 000 voix derrière sa rivale Catherine Trautmann, soutenue par le Parti socialiste, Jeanne Barseghian n’avait pas beaucoup d’options pour rattraper son retard. Florian Kobryn a réussi à mobiliser le vote LFI pour ce scrutin local, avec plus de 10 000 bulletins glissés dans les urnes sur son nom. Il devenait soit un allié de poids, soit un futur opposant encombrant.

Bien que les alliances électorales ne provoquent que rarement une addition parfaite des votes, la combinaison des bulletins Barseghian et Kobryn (27 423 au total) permet à la nouvelle liste d’espérer sortir du scrutin de second tour en tête (Catherine Trautmann ayant recueilli 22 392 voix). Difficile de savoir si la fusion provoquera un engouement supplémentaire, ou au contraire des défections d’un côté et de l’autre dimanche 22 mars. Les élus Place publique initialement présents sur la liste de Jeanne Barseghian au premier tour ont fait savoir qu’ils quittaient l’alliance.

Catherine Trautmann en embuscade

Catherine Trautmann a bien compris cet enjeu. Elle a conspué cette union de la gauche dans la soirée en s’adressant aux potentiels électeurs de Jeanne Barseghian qui s’opposeraient à la fusion. « L’heure est grave pour Strasbourg. Jeanne Barseghian passe une alliance avec LFI et Jean-Luc Mélenchon dans la panique. Cet accord trahit l’engagement pro européen de Strasbourg, son histoire humaniste, a t-elle déclaré à la presse sur un ton dramatique. Je lance un appel aux écologistes et aux démocrates sincères. Notre démarche est ouverte et dépasse les partis. » Dans le même temps, Olivier Faure, secrétaire général du PS, affirmait qu’il comprenait parfaitement les listes socialistes qui s’allient à la France insoumise comme c’est le cas à Toulouse par exemple.

Catherine Trautmann n’a toujours rien annoncé cependant, ce 16 mars, concernant un accord potentiel avec Pierre Jakubowicz (Horizons), qui semble être le seul avec qui elle pourrait s’allier. Un report total des 4 407 voix du macroniste ne permettrait pas de passer au-dessus des 27 423 votes cumulés par les écologistes et les insoumis. Ce qui explique d’autant plus la nécessité, pour elle, de convaincre les déçus de Jeanne Barseghian.


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