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Temps d’attente des pompiers aux urgences : « globalement ça s’améliore »

Au printemps dernier, les Hôpitaux universitaires de Strasbourg se sont réorganisés pour mettre fin aux longues files d’attentes d’ambulances devant les urgences. Un document consulté par Rue89 Strasbourg témoigne d’améliorations.

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Temps d’attente des pompiers aux urgences : « globalement ça s’améliore »
Les files d’attentes d’ambulance devant les services d’urgences des HUS étaient devenue le symbole de la crise des urgences à Strasbourg.

Devenues un symptôme de la crise de l’hôpital public, les files d’attentes d’ambulances devant les urgences des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) ont quasiment disparu depuis le printemps 2025. « On a eu quelques files pendant la grippe, mais c’était très contextuel, explique Cédric Hatzenberger, secrétaire général Force Ouvrière des pompiers du Bas-Rhin. L’afflux de patients était tel que personne n’y pouvait rien. » Depuis 2022, le syndicaliste et ses collègues du Service d’incendie et de secours du Bas-Rhin (SIS 67) alertent sur le temps d’attente des pompiers aux urgences :

« En moyenne, on passait plus d’une heure à attendre que notre victime soit prise en charge, avec des record jusqu’à sept heures. Sur 14 ambulances à Strasbourg, si vous en avez la moitié qui attendent aux urgences, ça pose des problèmes pour toute l’organisation des soins. »

Un recadrage du ministère

La situation était devenue si critique que, lors d’une visite aux HUS en février 2025, la ministre de la Santé d’alors, Catherine Vautrin, avait annoncé la création d’une « mission flash » sur le temps d’attente des pompiers aux urgences. Un mois plus tard paraissait un rapport préconisant une réorganisation de ces services, l’embauche de personnel infirmier et une meilleure répartition des urgences entre établissements publics et privés. « On constate que Sainte-Anne et Rhena jouent beaucoup plus leur rôle qu’avant », observe Cédric Hatzenberger.

Une manifestation des pompiers du Bas-Rhin devant la base logistique du Samu à Hautepierre le 23 janvier 2025.Photo : Pierrot Destrez / Rue89 Strasbourg

Au titre des améliorations observées par les pompiers, la mise en place d’un sas où les patients sont pris en charge par du personnel hospitalier en attendant de rentrer aux urgences. Agissant comme une zone tampon, il permet aux ambulances de déposer leur victime et de repartir plus rapidement.

Cédric Hatzenberger se déclare « plutôt satisfait » :

« Globalement ça s’améliore, les statistiques étaient tellement mauvaises qu’il a fallu que les autorités se saisissent du problème. Il était temps. »

Des données qui confirment l’amélioration

Rue89 Strasbourg a été destinataire d’un document interne du service d’incendie et de secours (SIS) du Bas-Rhin qui détaille les temps d’attentes des ambulances dans les services d’urgences du département entre mai 2025 et la mi-février 2026. Pour les urgences des HUS, le temps d’attente moyen constaté par les pompiers oscille autour de 50 minutes sur la période. C’est encore loin des 15 minutes de la moyenne nationale mais c’est « une nette amélioration par rapport à la situation précédente », assure Cédric Hatzenberger.

À la fin du printemps 2025, les attentes de plus de trois heures sont encore nombreuses mais leur fréquence se réduit à partir de l’été. Celles dépassant quatre heures disparaissent à partir du mois de juin. En moyenne, 15% des ambulances du SIS attendent plus d’une heure au Nouvel hôpital civil et 21% aux urgences du centre hospitalier de Hautepierre. Pour Cédric Hatzenberger, c’est ce point qui constitue la principale amélioration : « avant la réorganisation, c’était quasiment toutes les ambulances qui avaient des délais d’attente de plus d’une heure. »

En avril 2025, l’Unité sanitaire mobile est retirée du parking du Nouvel hôpital civil, signe de la réorganisation en cours. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg

« Il faut faire attention à ce que cette amélioration ne soit pas temporaire », prévient Cédric Hatzenberger. Si les mesures mises en place par les HUS ont porté leurs fruits, le syndicaliste estime qu’elles ont peut-être atteint leur limite. Ainsi, dans les données du SIS, la tendance à la baisse du temps d’attente moyen s’est arrêtée depuis l’été 2025. « Pour vraiment libérer les urgences, il faut des lits en aval. Tant qu’il n’y aura pas plus de lits à l’hôpital, les urgences resteront pleines », assène Cédric Hatzenberger, d’accord en cela avec les diagnostics sur l’amélioration des urgences hospitalières depuis des dizaines d’années.


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