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Art sonore : Dominique Petitgand à L’Aubette 1928
Culture 

Art sonore : Dominique Petitgand à L’Aubette 1928

par Lola Juan.
Publié le 10 août 2012.
Imprimé le 08 août 2022 à 03:06
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Dominique Petitgand, Extrait - Transcription

Dominique Petitgand, Extrait - Transcription


À Strasbourg, il existe un lieu hybride, ni musée, ni centre d’art, ni galerie, c’est un espace patrimonial géré par les musées de Strasbourg : l’Aubette 1928. Cet espace a été décoré par Hans Jean Arp, Sophie Taeuber-Arp et Theo Van Doesburg dans les années 1920 et a été restauré entre 1985 et 2006. Là, s’y déroule une « expo » sonore, à découvrir jusqu’au 25 août.

Des mots résonnent quand on entre dans l’Aubette, Dominique Petitgand y expose Un tout, dont je fais partie. Pour atteindre l’Aubette, il faut passer au travers d’univers sonores bien distincts : la place Kleber et les bruits des passants puis le couloir pour entrer au centre commercial avec sa musique digne d’un dancefloor et enfin, une fois la porte de l’Aubette refermée, les mots dits d’un enfant qui nous raconte des histoires. Mais, peut-être qu’il nous confie plutôt son histoire, difficile de savoir… La même voix de cet enfant s’entend de deux haut-parleurs : l’un est en bas de l’escalier, le second se trouve sur palier intermédiaire. L’histoire se poursuit d’un haut-parleur à l’autre, ces deux mêmes voix se répondent étrangement. Il s’agit de l’œuvre ; Un tout, dont je fais partie qui fait partie de la collection du musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg.

Vue de l'exposition Dominique Petitgand à l'Aubette 1928. Photos : Musées de Strasbourg/Mathieu Bertola

Vue de l'exposition Dominique Petitgand à l'Aubette 1928. (Photos : Musées de Strasbourg / Mathieu Bertola)

Le son circule entre les espaces et nous invite à aller à l’étape suivante. En haut de l’escalier, toutes les portes sont fermées, il faut trouver celle qui s’ouvre : celle qui mènera à l’espace suivant, au son d’après, à la suite de l’histoire ou à la prochaine peut-être aussi. Peut-être se suivent-elles, qui sait ? Dominique Petitgand a imaginé un dispositif qui nous fait passer d’un espace à l’autre dans l’ordre qu’il souhaite et pas un autre. Un peu comme un danseur qui guide sa partenaire, nous devons suivre ces voix qu’il a enregistrées, accepter de se laisser entraîner par elles.

Vue de l'exposition Dominique Petitgand à l'Aubette 1928. Photos : Musées de Strasbourg/Mathieu Bertola

Vue de l'exposition Dominique Petitgand à l'Aubette 1928. Photos : Musées de Strasbourg/Mathieu Bertola

Ces récits ne sont pas écrits en amont, il y une certaine spontanéité dans ces enregistrements que l’artiste recompose ensuite. Il s’y trouve aussi beaucoup de silences. Entre deux phrases, deux idées, l’artiste insère des silences qui scénographient l’histoire, lui ajoutent du drame et du suspense. L’espace devient inquiétant, quand on écoute les diverses œuvres sonores de Dominique Petitgand, c’est quelque chose d’étrange et quelque peu angoissant qui transparaît. Cette exposition s’inscrit dans le parcours artistique de Dominique Petitgand qui est né en 1965 en Lorraine. Il vit et travaille à Paris et crée des pièces sonores depuis 1992 en réalisant des disques, des installations et des concerts, il présente régulièrement son travail en France et à l’étranger.

Cette exposition invite à découvrir cet espace de l’Aubette différemment. Des bruits, des voix et de la musique résonnent entre ces murs qui étaient dédiés à la fête.

Y aller

Dominique Petitgand Un tout, dont je fais partie, exposition jusqu’au 25 août 2012, du mercredi au samedi de 14h à 18h. Aubette 1928,  place Kléber à Strasbourg. Entrée libre.

Article actualisé le 12/08/2020 à 18h44
L'AUTEUR
Lola Juan
Lola Juan
Journaliste web et critique d'art avec un focus sur l'art contemporain ou l'art (content) (pour) (rien) !

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