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Comment restaurer soi-même plutôt que jeter les objets à Strasbourg
Vie pratique 

Comment restaurer soi-même plutôt que jeter les objets à Strasbourg

par Mathilde Piaud.
Publié le 3 novembre 2017.
Imprimé le 28 novembre 2021 à 12:38
7 724 visites. 1 commentaire.

À Strasbourg, des ateliers proposent d’apprendre à réparer ou restaurer ses affaires plutôt que de les jeter. Voici quelques adresses pour le meilleur recyclage qui soit, celui qui prolonge la durée de vie des objets.

Acheter une nouvelle cafetière coûte environ 50€. Pourtant pour quelques euros, le prix d’une pièce détachée, il est possible de réparer un appareil défectueux et ainsi de limiter les déchets. Et si à Strasbourg des professionnels peuvent restaurer les objets, il peut être encore plus économique d’apprendre à le faire soi-même. Pour ça, différentes associations proposent des stages et des ateliers.

Différents ateliers sont proposés à Strasbourg pour réparer soi-même son vélo ou encore remettre à neuf sa garde-robe. (Photo Rue89 Strasbourg)


Donner un second souffle à ses meubles

La décoration c’est avant tout une affaire de goût… et de mode. À Strasbourg, plusieurs associations proposent des ateliers de restauration de petit mobilier ou d’objets décoratifs. La Rue Créative organise des stages de 3 heures pour un montant de 40€ au cours desquels chacun peut venir relooker un objet. Anne Brosse, gérante de l’association, explique :

“Les gens viennent ici pour apprendre une technique, comme le patinage ou la peinture au pochoir. Ils arrivent avec un vieux cadre ou un tiroir et ils peuvent ensuite la reproduire chez eux sur des meubles plus imposants.”

L’association Creative Vintage propose elle aussi des ateliers pour recycler ses affaires. En attendant de se munir d’un local, elle s’associe à d’autres structures telles que la MiniMakerFaire. Au cours des ateliers, dont le prix varie entre 5 et 50€, il est par exemple possible de transformer de vieux tiroirs en tabourets. Et si chacun peut apporter de chez lui un objet à restaurer, l’association peut aussi en fournir.

Coté vêtements, l’association Tadam éco-couture accompagne dans le recyclage et la personnalisation de vêtements et du linge de maison. Delphine Gass, chargée de projet de l’association, témoigne :

“Je trouve qu’il y a une évolution des personnes qui viennent aux cours, on voit maintenant venir des gens issus d’une classe sociale plus élevée. Avant, quand on parlait de recyclage, les gens étaient plus réfractaires. Pourtant tout peut être transformé. On peut customiser un tee-shirt en y ajoutant des perles ou de la dentelle, mais aussi le convertir en sac. Tout est possible même de faire une jupe avec un parapluie !”

Apprendre des techniques pour réparer soi-même ses affaires, c’est l’objectif de la “maker fair” à Strasbourg (photo Raphaël Creton)


Ordinateurs et plaques de cuisson ont plusieurs vies

Pour l’électroménager, l’association Repair Café organise des ateliers gratuits, une fois par mois à Strasbourg ou dans les communes voisines. Les sept bénévoles accompagnent les stagiaires pour trouver la panne et réparer les appareils qui leur sont amenés. Ivan Bajcsa, l’un des fondateurs, précise :

“Notre but n’est pas de faire de la concurrence aux professionnels mais de sensibiliser les gens au fait de ne pas jeter un appareil obsolète, parce qu’il ne fonctionne pas bien et qu’il n’est plus sous garantie. Il s’agit souvent de petites pannes, d’un composant défectueux qui peut être changé. Récemment, quelqu’un est par exemple venu avec une machine à coudre qui fumait, il n’y avait qu’à remplacer un condensateur.”

Repair Café s’associe également, pendant ses ateliers, à d’autres associations telles que Desclick pour initier à la réparation de matériel informatique.

Pour réparer les vélos, Vélo Station dispose d’un atelier d’auto-réparation à Neudorf. Le principe est que les adhérents (27€ par an en plein tarif) puissent venir avec leur vélo, utiliser le matériel de l’association et profiter des conseils d’une équipe de spécialistes bénévoles. L’association Bretz’selle propose elle aussi un atelier partagé, au centre-ville.

Pour ceux qui n’ont pas la main bricoleuse

Ceux pour qui le bricolage n’est pas le point fort, pas question pour autant de produire de nouveaux déchets. D’autres sauront faire ressortir des objets obsolètes tout leur potentiel. Il est ainsi possible de faire des dons auprès d’associations qui récupèrent, revalorisent et vendent à bas coût toutes sortes d’objets. Parmi elles, de nombreux chantiers d’insertion qui proposent ainsi un emploi à des personnes rencontrant des difficultés sociales et professionnelles.

C’est le cas de Carijou qui vend des jouets donnés et remis en état, de même que Vetis qui transforme et vend des vêtements et du linge de maison. Pour le matériel informatique, il est par exemple possible de le donner au chantier d’insertion professionnelle du collectif Humanis et pour l’électroménager défectueux, vous pouvez entre autre vous tourner vers l’association Envie Strasbourg.

L'AUTEUR
Mathilde Piaud
Mathilde Piaud
Journaliste qui garde un œil sur la société et la politique, avec un penchant pour la photographie.

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