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Au-delà de la musique, Musica cherche à enchanter tous les sens
Culture 

Au-delà de la musique, Musica cherche à enchanter tous les sens

par Alizée Chebboub-Courtin.
Publié le 10 septembre 2022.
Imprimé le 04 octobre 2022 à 04:01
627 visites. 2 commentaires.

Du 15 septembre au 31 septembre, Musica plonge son public dans l’introspection. La 40e édition du festival de musique contemporaine s’adresse à tous les sens, grâce à des propositions visuelles, sensorielles et parfois même participatives. 

« Soudain, l’œil prend le dessus sur l’oreille », peut-on lire dans l’édito de présentation de la 40e édition du festival Musica qui se tient à Strasbourg du 15 au 29 septembre. Et pour cause, monter un festival de musique avec des performances en direct, c’est dépasser la simple écoute. Du casque qui conduit le son via les os du crâne, à la mise en scène théâtrale, en passant par le spectacle participatif et la technique de relaxation par des sons connue sous le nom d’ASMRMusica 2022 a prévu de s’adresser à tous nos sens. 

Écouter autrement pour faire vibrer le corps 

Il y a autant de choses à écouter que de manière de le faire. Genevieve Murphy a choisi sa propre histoire, celle de l’anniversaire de ses neuf ans. L’artiste sera entendue grâce à un casque d’écoute. Avec son seul en scène intitulé I don’t want to be an individual all on my own (Je ne veux pas être un individu isolé), l’artiste invite le public à l’empathie et s’empare du thème de Musica pour mettre en scène un récit de soi mêlé à de l’ASMR (de l’exploration des sensations), de la poésie sonore et de la musique électro-pop. 

Philippe Gordiani s’est laissé tenter par une forme atypique d’écoute, avec un casque à conduction osseuse. Il s’en sert dans son spectacle H.A.V, présenté dans le cadre d’Ososphère, pour dédoubler le son qui sera également transmis par des haut-parleurs. Le compositeur joue ainsi avec les perceptions, en mélangeant musique électro, extraits de texte de littérature de science-fiction et phénomènes d’hallucination auditive et verbales (H.A.V.). Une proposition audacieuse pour redéfinir la notion même d’écoute et de musique. 

Les casques d’écoute ou de réalité virtuelle s’invitent au milieu des notes. (Photo H.A.V. / doc remis)

En prendre plein la vue

Cette édition de Musica ne manque pas d’œuvres à l’identité visuelle très forte. Cela commence avec Only the sound remains, présenté au Maillon vendredi 16 septembre à 20h30, puis dimanche 18 à 15h. Cet opéra -une première française- est une création de Kaija Saariaho, La compositrice finlandaise y mêle le théâtre nô japonais et la scène contemporaine, les costumes traditionnels à la vidéo et les voix du contre-ténor polonais Michal Slawecki et du baryton américain Bryan Murray à la danse du célèbre japonais Kaiji Moriyama. Kaija Saariaho est l’invitée d’honneur de cette édition du festival. La soirée du samedi 17 septembre lui sera par ailleurs dédiée, avec une projection de son précédent opéra, Innocence, suivi d’un concert

L’opéra est constitué de deux pièces. Dans la première, un soldat mort au combat réapparaît dans un temps et y retrouve son luth. Il en joue pour la dernière fois en se rappelant les plaisirs terrestres. (Photo Koji lida – Only the sound remains / doc remis)

La musique côtoiera également le théâtre dans le très attendu Noir sur blanc, d’Heiner Goebbels, joué les 23 et 24 septembre au Maillon. À partir de la parabole d’Edgar Allan Poe, Ombre, le compositeur-metteur en scène allemand fait vivre sa musique grâce aux 18 musiciens présents sur scène.

Mais la musique n’a pas forcément besoin d’une trame pour raconter une histoire. Mardi 20 septembre à 20h30, Simon Steen-Andersen et l’ensemble Musikfabrik proposent une immersion sonore et visuelle à l’intérieur d’un tuba. Grâce à une caméra endoscopique retransmettant en direct, ils plongeront le public dans un voyage digne d’un film de science-fiction où objets, son et lumière se répondent. 

Pour explorer l’instrument, Simon Steen-Andersen gllisse une caméra endoscopique dans un tuba dans Trafic. (Photo remise)

Des concerts secrets pour perdre le sens… de l’orientation

Les Concerts pour soi ont été pensés pour les curieux, celles et ceux qui aiment être surpris, se laisser tenter par la potentialité : celle d’une déception ou d’une révélation. Du 16 au 29 septembre, des concerts secrets auront lieu tout au long de la journée dans des lieux insolites de Strasbourg, parfois même inaccessibles en temps normal. Des musiciens – à l’identité également gardée secrète – proposeront des extraits du répertoire contemporain auprès d’un public très restreint. Pour participer, il suffit de réserver un créneau puis d’attendre. 48 heures avant le concert, le lieu et le programme seront dévoilés par SMS ou par mail. De quoi déstabiliser tous ses sens.

Les artistes et les lieux ne seront dévoilés que 48 heures avant le concert, par SMS ou par mail (Photo Julien Pétin / doc remis)

Pour se retrouver, quoi de mieux que de participer à l’expérience Oniropolis de Sebastian Dicenaire ? Après le succès des déambulations dans la zone industrielle du Port du Rhin (Port Data) en 2021, les Ensembles 2.2 proposent une nouvelle expérience immersive, musicale et géolocalisée à Schiltigheim. Après avoir lancé le spectacle sur son smartphone, le spectateur est invité à suivre un récit d’anticipation dans lequel il doit réparer une étrange application qui permet d’enregistrer, de géolocaliser, de partager ses rêves et de glaner ceux des autres. Ce parcours libre sera ouvert au public à partir du samedi 17 septembre. 

Le Mini Musica : plonger dans l’art dès trois ans

Les enfants ont tout autant besoin que les adultes -voire plus- de rêver et de stimuler leurs sens. Heureusement, Musica a prévu tout un cycle pour eux : la 3e édition du Mini Musica, constituée de sept spectacles. 

Dès 3, 6 ou 10 ans, des spectacles sont proposés aux enfants de tout âge. (Photo Mathieu Chamagne – Volumes / doc remis)

Les enfants y apprendront, par exemple, à voir des couleurs devenir musique et du rythme devenir danse avec Do-ré-mi-ka-do de Stilte, les 17 et 18 septembre (dès trois ans). Ils y expérimenteront un casque de réalité virtuel pour « écouter avec les yeux et voir avec les oreilles » dans Volumes de Mathieu Chamagne (dès dix ans). Les mômes pourront aussi prendre part à des ateliers et à de mini-récitals de 30 minutes proposés chaque week-end. 

Article actualisé le 10/09/2022 à 19h48
L'AUTEUR
Alizée Chebboub-Courtin
Alizée Chebboub-Courtin
Journaliste sortie de l'Ecole de Journalisme de Grenoble. Fouineuse hyperactive. Social, écologie et féminisme.

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