Souffelweyersheim s’essaie au basket pro avec panache
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Souffelweyersheim s’essaie au basket pro avec panache

actualisé le 13/03/2014 à 14h28

Daviin Davis - MV - Document remis

Daviin Davis (Photo MV – Document remis)

L’Alsace est une terre forte du basket en France. La CUS est bien représentée avec non seulement la SIG, mais aussi le BC Souffelweyersheim, qui, depuis le début de cette saison connaît les joies du basket professionnel. Rencontre avec Éric Auvray-Porcherot, coprésident du BCS.

BlogPasser du statut de club amateur, même de bon niveau, à celui de professionnel n’est jamais une chose aisée. C’est le challenge du basket club Souffelweyersheim (BCS) cette année. Rencontre avec Éric Auvray-Porcherot, coprésident du BCS, en charge de cette transformation. Cette interview a été réalisée le 1er mars, quelques minutes avant leur rencontre face à Bourg-en-Bresse, une défaite à domicile 60-81 du BCS.

Quelle est la différence de niveau entre les différents championnats auxquels le club a participé jusqu’à présent ?

Éric Auvray-Porcherot : « Il y a une grosse différence entre chaque championnat. Pour rester dans le coup, nous avons préféré garder un noyau dur de 2-3 joueurs et construire autour, au lieu de complètement transformer l’équipe à chaque début de saison. La réussite se construit dans la durée et la stabilité de l’effectif. »

Pourquoi jouez vous dans une salle à Strasbourg ?

EAP : « Il faut savoir qu’à partir du moment où on joue au niveau professionnel, nous avons certains engagements vis-à-vis de la ligue nationale de basket. Entre autres, la capacité d’accueil des spectateurs et celle de nos adversaires font partie du cahier des charges. C’est pour cela que nous avons effectué un arrangement avec la Ville de Strasbourg, qui est propriétaire du gymnase de la Rotonde.

Salle de la Rotonde - MV - Document remis

Salle de la Rotonde (MV / Document remis)

D’une capacité de 1 300 places, c’est un endroit adapté pour un club évoluant en ProB. De plus, la Ville est contente de voir un gros club jouer dans cette salle, qui est un beau complexe sportif. Le plus dur reste le planning partagé que nous avons avec les autres clubs qui jouent dans cette salle, nous ne pouvons pas nous y entraîner tous les jours. C’est pour cela que nous naviguons d’un jour à l’autre entre cette salle et les autres gymnases que nous avons à Souffelweyersheim pour nos entraînements. »

« Le Rhénus est trop grand »

Pourquoi ne jouez vous pas au Rhénus ?

EAP : « Justement, lors de notre montée en ProB, la Ville de Strasbourg nous avait proposé d’y jouer. Il y aurait eu moins de contraintes au niveau logistique, nous l’aurions seulement partagé avec la SIG. Mais nous aurions joué tous les soirs dans une salle quasi-vide, les spectateurs se déplaçant moins nombreux pour les petites équipes. En fait, nous sommes pour l’instant légèrement en dessous de nos attentes en termes de fréquentation. Au moins, à la Rotonde, la salle est bien remplie les soirs de matchs, et nous faisons même salle comble contre les grosses écuries. »

Justement, quelles sont vos relations avec la SIG ?

EAP : « Nous avons un partenariat rapproché avec elle, entre dirigeants, nous nous connaissons très bien . Par le passé, de nombreux anciens joueurs de la SIG sont venus par la suite chez nous, et vice-versa, quand nous avons un espoir prometteur dans notre giron. C’est également intéressant pour les joueurs de pouvoir rester dans la région une fois formé au plus haut niveau. C’est pour cela que nous entretenons de très bonnes relations avec la SIG. »

Pour un club qui est monté rapidement au niveau professionnel, quelles sont les difficultés rencontrées ?

EAP : « Il a fallu se structurer. Chose rare dans le monde sportif professionnel d’aujourd’hui, nous sommes encore une association, alors que la plupart des clubs pros, tous sports confondus, sont des SASP, qui sont dirigés comme de véritables entreprises. Plus rare encore, nous sommes deux coprésidents à la tête du club, avec Éric Mittelhaeuser, plutôt en charge du sportif, et moi-même, pour l’administratif. Nous sommes tous les deux chefs d’entreprises, à côté de la vie du club.

Nous venons d’un niveau bénévole, et nous sommes passés à 16 salariés à plein temps. Nous avons organisé nos bénévoles en différentes commissions, avec des responsables qui rendent compte au comité directeur une fois par mois. Par exemple, nous avons la commission des jeunes, la commission technique, la commission financière, la commission des fêtes… qui sont comme des associations au coeur de l’association, pour gérer et organiser les différents aspects de la vie du club. En tout, nous avons une quarantaine de bénévoles qui tournent pour nous permettre d’exister en tant que club d’envergure “professionnelle”.

Hormis la bataille du budget, la bataille du sportif est toute aussi importante. Avec notre coach, Stéphane Éberlin, nous avons dû recruter des nouveaux joueurs, nous avons deux américains, Davis Daviin et Reed Drake, alors que les autres clubs tournent à trois-quatre américains. Tout ça alors que nous disposons du plus petit budget du championnat et que nous nous situons au-dessous du budget moyen par rapport aux autres clubs sur la saison 2013-2014. »

Souffel a besoin de 4 victoires pour les play-offs

Comment est organisé le championnat de ProB ?

EAP : « Le championnat de ProB est divisé en trois poules géographiques de six équipes. Il s’agit d”une nouvelle formule, actuellement testée. Si elle rencontre le succès escompté, elle sera mise en place à la saison prochaine pour le championnat de ProA également. On y joue 4 fois contre les équipes de la même poule, ensuite, on joue 2 fois contre les autres équipes. Cela fait une grosse saison, où l’on dispose que de peu de temps pour se préparer entre chaque rencontre. On joue plus de 44 matchs dans la saison, sans compter les matchs de coupes et des autres tournois.

Les 8 meilleurs sont qualifiés pour les play-offs, qui se jouent entre chaque adversaire au meilleur des 2 matchs. A l’heure actuelle, Souffelweyersheim est seulement à 4 victoires des play-offs, sur les 13 prochains matchs à jouer, on peut encore créer la surprise !

Les clubs ne sont pas trop satisfaits de cette formule, car elle entraîne des différences de niveaux qui peuvent favoriser ou porter préjudice aux équipes selon leur niveau. Le championnat perd ainsi en homogénéité. Mais les clubs disposent d’un syndicat pour faire valoir leur droits vis-à-vis de la LNB. On peut donc faire entendre notre voix. »

Quelles sont vos ambitions pour la suite du championnat ?

EAP : « En début de saison, tout le monde nous voyait rapidement retomber au niveau amateur. Or, on arrive à jouer les troubles-fêtes, nous sommes à deux victoires du maintien, et il reste encore une douzaine de rencontres à disputer. La première mission reste à assurer le maintien, ensuite, on cherchera à se stabiliser en ProB. Pour la région et pour le sport, c’est plus intéressant d’avoir un club par niveau que de voir ses équipes s’affronter en ProA, ce qui risquerait de tuer l’un des clubs. L’Alsace est quand même bien représentée dans les différents échelons nationaux, avec Kaysersberg et Mulhouse. Ceci permet d’offrir l’opportunité à nos jeunes de rester dans la région lorsqu’ils veulent continuer à évoluer à un bon niveau. »

Stéphane Eberlin, coach du BCS - MV - Document remis

Stéphane Eberlin, coach du BCS (Photo MV – Document remis)

Une amende de 100 000€ pour « équilibrer »

Pourquoi n’avez-vous pas de centre de formation ?

EAP : « Avoir un centre de formation représente un coût d’environ 100 000€ à l’année. Pour un budget serré comme le nôtre, nous ne pouvions pas nous offrir une telle chose.
Le BCS est un club avec plus de 320 licenciés et 19 équipes masculines et féminines. Les meilleurs d’entre eux ont une chance d’être surclassés dans l’équipe professionnelle. Par contre, si un jour on monte en ProA, nous aurons l’obligation d’en faire construire un. Certains clubs de ProB disposent, de par leur histoire, d’un centre de formation. Du coup, pour équilibrer le jeu, la ligue nationale nous à donné une amende de 100 000€. Nous avons recruté quatre joueurs de moins de 23 ans pour ne pas payer l’amende et compenser le déficit de centre de formation. »

Jusqu’à présent, quel est votre meilleur souvenir en ProB ?

EAP : « En fait, il y en a deux. Le premier est notre premier match de la saison, notre premier à ce niveau, à domicile, contre Rouen. Tout le monde nous voyait faire de la figuration, et on s’en sort avec une victoire. Le second est notre victoire après trois prolongations contre Chalons-Reims il y a une quinzaine de jours. Ça ne s’était jamais vu dans l’histoire du basket hexagonal ! »

Aller plus loin

Le site du BCS : www.basket-souffel.fr

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L'AUTEUR
Eric Tissier
Strasbourgeois d'adoption, européen de cœur, aime un peu...beaucoup...le basket, et tout ce qui se passe autour, mais pas que !

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