Candidats aux législatives : qui sont-ils, combien gagnent-ils ?
Politique 

Candidats aux législatives : qui sont-ils, combien gagnent-ils ?

actualisé le 26/09/2014 à 19h29

Quel est le train de vie des 46 candidats aux élections législatives à Strasbourg et alentours, quel âge et quel niveau d’étude ont-ils, vivent-ils dans le quartier où ils se présentent, ont-ils des enfants… Autant de questions indiscrètes que Rue89 Strasbourg leur a posées. Et auxquelles ils ont (presque) tous répondu. Retrouvez toutes ces informations dans notre application.

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Parler d’argent, c’est franchement mal élevé. Surtout dans le petit monde politico-médiatique. On se souvient du clash récent entre Nicolas Dupont-Aignan, candidat à la Présidentielle, le présentateur du Grand Journal de Canal+ Michel Denisot et l’éditorialiste Jean-Michel Apathie (voir la vidéo). La transparence, on en parle beaucoup, mais on la voit beaucoup moins, si ce n’est au plus haut sommet de l’Etat. Alors, quand nous avons décidé de demander aux candidats combien ils gagnaient, entre autres questions indiscrètes, ils n’ont pas tous applaudi des deux mains. « Il n’est pas d’usage de faire campagne en mettant en avant ses revenus », a jugé Frédéric Le Jehan, administrateur territorial et candidat du Centre pour la France (Modem, etc.) dans la 4ème circonscription. « Je ne vois pas ce que cela apporte au débat politique, a relevé quant à lui le médecin Jean-Marcel Brulé du même parti (1ère circonscription). Pour défendre des idées, nous sommes tous égaux, quels que soient nos revenus. » Ou pas.

Dans certaines formations politiques, les réponses ont été diverses. Au PS par exemple, Nadine Soccio (4ème circonscription) nous a confié qu’elle gagnait 1000€ par mois (pension de retraite et exploitation d’une chambre d’hôtes), alors qu’Armand Jung, député sortant de la 1ère circonscription (Strasbourg centre et ouest), n’a pas jugé nécessaire de nous répondre par autre chose que par l’envoi du lien vers sa page Wikipédia ! A l’UMP, Les candidats des trois premières circonscriptions se sont dévoilés sans difficulté, tandis que Sophie Rohfritsch pour la 4ème n’a pas donné suite à nos sollicitations. On peut néanmoins estimer ses indemnités de maire de Lampertheim, de vice-présidente du conseil régional et de conseillère communautaire à environ 6000€ par mois [EDIT lundi 9 heures : le cabinet d’Yves Bur nous indique que Sophie Rohfritsch touche 2343€ au titre de sa vice-présidence de la Région, 938€ à la CUS, 1359€ comme maire de Lampertheim, soit 4640€ par mois]. Au Nouveau parti anticapitaliste (NPA), la consigne a été de ne pas répondre à ces questions. La hantise du fichage peut-être…

Les plus gros revenus : les politiciens de métier

Alors bien sûr, la divulgation des indemnités d’élu de ceux et celles qui occupent des sièges dans des collectivités ou à l’Assemblée nationale a fait l’objet de moins de réticences. Rappelons que les femmes et hommes politiques peuvent cumuler un salaire professionnel, ou une retraite, et des indemnités d’élus.

Ceux-là sont peu nombreux, puisque les candidats sont soit des politiciens « de métier » (sans profession et donc sans revenus professionnels, comme Philippe Bies ou Jean-Philippe Maurer), soit des représentants de petits partis, rarement élus au niveau local. Il existe quelques exceptions, et notamment les deux principaux candidats de la deuxième circonscription, le sortant UMP André Schneider qui est indemnisé à hauteur de 5700€* par mois en tant que député et reçoit en plus 2450€ de retraite en tant qu’ancien principal de collège. Son opposante Andrée Buchmann (EELV-PS), de la même manière, maintient une activité de consultante en environnement à hauteur de 1000€ par mois et cumule ses indemnités de conseillère régionale (1600€) et de conseillère communautaire (2000€).

Les duettistes de la 2ème circonscription, l’UMP Jean-Philippe Maurer et le socialiste Philippe Bies sont également des cumulards, mais de mandats. Et des indemnités qui vont avec. Le premier est député sortant (5139,64€/mois*), mais également conseiller général (2224,43€). Le second est conseiller municipal et communautaire à Strasbourg, adjoint au maire et vice-président de la CUS en charge du logement, conseiller général (3825€/mois en tout) et à la tête de Habitation moderne (2475€/mois). Il n’est pas rémunéré pour la présidence de CUS Habitat. Des montants « écrêtés », c’est à dire rabotés, pour représenter l’équivalent d’1,5 fois le montant de l’indemnité parlementaire.

Philippe Bies précise par ailleurs : « Si je suis élu député, je devrai abandonner mon siège de conseiller général et mes fonctions exécutives à la CUS. » Non cumul des mandats prôné par François Hollande oblige. En tant que député* et simple conseiller municipal et communautaire, il percevra tout de même un montant d’indemnités à peu près équivalent à aujourd’hui, soit entre 6000 et 7000€ par mois.

Gros contingent de fonctionnaires et d’étudiants

A l’opposé, nombreux sont les candidats qui ne gagnent pas des sommes folles. Les jeunes bien sûr, toujours étudiants : Antoine Splet (Front de gauche), Mathilde Karceles (Centre pour la France), Sophie Coudray (NPA) ou Arthur Hanon (Mouvement des objecteurs de croissance, Parti pour la décroissance). Mais aussi les professeurs ou les travailleurs sociaux, tels Maurice Hoffmann et Dimitri Breiner (Pari pirate), Pierrette Morinaud (Lutte ouvrière), Julien Ratcliffe (Front de gauche) ou Aurélien Dumez (NPA). Dans la partie haute de la tranche « 1000€ à 3000€ », on retrouve les fonctionnaires et employés en fin de carrière, comme la sage-femme Marie-Claire Lechêne (Lutte ouvrière), le professeur Luc Huber (EELV) ou le comptable Jean-Philippe Martin (Alliance écologiste indépendante). Le plus gros salaire est celui du médecin Jean-Marcel Brûlé (Centre pour la France).

Si certains ont coincé sur la question du salaire, d’autres ont été réticents à indiquer leur « situation familiale ». « Sans intérêt », lâche Antoine Splet (FdG), « discriminant », juge Sandra Regol (EELV), « relève de ma vie privée », écrit Andrée Buchmann (EELV), « sans rapport avec la capacité ou non à être un bon élu », note encore Mathieu Cahn, directeur de campagne de Philippe Bies. A voir.

A noter par ailleurs qu’à part Marie-Christine Aubert (1ère circonscription), les candidats FN « ont choisi de ne pas donner suite » à nos demandes. Les informations qui les concernent sont donc issues principalement du site officiel du parti d’extrême droite.

Un quart des candidats vit hors de sa circonscription

Un dernier point a attiré notre attention dans la récupération de ces données : le lieu d’habitation. Si la proportion de locataires et de propriétaires de sa résidence principale est à peu près équivalente, il est intéressant de constater qu’un quart des candidats ne vit pas dans la circonscription où il se présente. Une candidate, la jeune Mathilde Karceles qui, à 19 ans, vit encore chez ses parents, n’habite pas dans l’une des quatre premières circonscriptions du Bas-Rhin. Philippe Bies, conseiller général du canton de Neudorf, adjoint de ce quartier, habite quant à lui à la Montagne Verte, dans la 1ère circonscription. Pas très loin de chez son collègue Armand Jung.

* D’après le site de l’Assemblée nationale, le montant exact des indemnités de député est de 5189,27 € net/mois. André Schneider touche un peu plus en tant que secrétaire du bureau de l’Assemblée. S’y ajoutent 6412 € brut d’indemnités représentatives pour frais de mandat (logement à Paris, loyer de la permanence dans la circonscription…) et 9138 € de crédit affecté à la rémunération de collaborateurs. Et le gros plus dont on parle rarement : un régime de retraite ultra-avantageux.

L'AUTEUR
Marie Marty
Marie Marty
Journaliste indépendante, co-fondatrice de Rue89 Strasbourg. Membre de l'association des Journalistes - écrivains pour la nature et l'écologie.

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