Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Catherine Trautmann fusionne avec le macroniste Pierre Jakubowicz

Pierre Jakubowicz, le candidat Horizons qui n’a pas atteint le second tour, annonce ce mardi 17 mars avoir trouvé un accord avec la socialiste Catherine Trautmann, en tête du premier tour des élections municipales à Strasbourg.

Élections municipales 2026

Cet article est en accès libre. Pour soutenir Rue89 Strasbourg, abonnez-vous.

Catherine Trautmann fusionne avec le macroniste Pierre Jakubowicz
Catherine Trautmann a reçu le soutien de Pierre Jakubowicz pour tracter dans la foulée.

Place de la République, sous les magnolias en fleur, mardi 17 mars. Pierre Jakubowicz (Horizons), crédité de 5,1 % au premier tour des municipales, annonce la fusion de sa liste avec celle de Catherine Trautmann (Parti socialiste). La veille encore, l’ancienne ministre éludait la perspective d’une alliance avec le candidat, tout en appelant au rassemblement derrière elle. Une nuit de plus aura été nécessaire pour trouver un accord avec cette liste qui comprenait Fabienne Keller (Renaissance) au premier tour, sa grande ennemie lors de l’élection de 2001 à Strasbourg.

Pour Pierre Jakubowicz, élu d’opposition ces six dernières années, cet arrangement ouvre la voie à un maintien au conseil municipal. Pour Catherine Trautmann, il représente un apport estimé à environ 4 000 voix supplémentaires. Numériquement, cela ne suffit pas à dépasser la combinaison des voix de Jeanne Barseghian et Florian Kobryn au premier tour. Mais cette nouvelle fusion pourrait aussi bénéficier des votes des électeurs et électrices écologistes qui seraient déçus de l’alliance avec La France insoumise.

« Je sais la compétence de Catherine Trautmann, je sais sa solidité, déclare Pierre Jakubowicz. Durant le mandat écoulé nous avons été amenés à travailler ensemble pour former un arc républicain », explique t-il. Avec Jean-Philippe Vetter (Les Républicains), Catherine Trautmann et Pierre Jakubowicz se sont notamment vivement opposés au projet de tram nord de la municipalité écologiste.

Le PS local bien éloigné des discours nationaux

On aurait pu s’attendre à ce que la liste de Pierre Jakubowicz fusionne avec celle de Jean-Philippe Vetter pour un programme plus à droite mais ce dernier a refusé une telle alliance après le premier tour, en rappelant l’échec de son union avec le macroniste Alain Fontanel au second tour de l’élection municipale en 2020 : « Ça n’avait pas été compris par les électeurs. » « Jean-Philippe Vetter a fermé la porte à une convergence républicaine. De notre côté, nous ne jouons pas avec le feu », déclare Pierre Jakubowicz.

Mais ce pari est risqué pour Catherine Trautmann, qui a dû sacrifier six personnes au total sur sa liste pour les remplacer par des macronistes. Ces derniers sont plombés par le bilan du mandat présidentiel. Catherine Trautmann justifie l’opération en affirmant qu’il s’agit de faire barrage à La France insoumise. Dans le même temps, Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, a justement validé les fusions de certaines listes socialistes avec LFI à Toulouse, Nantes ou Clermont-Ferrand par exemple.

Une proximité évidente

Mais localement, Catherine Trautmann et Pierre Jakubowicz actent leur proximité. Ce dernier assure même que l’accord n’a pas nécessité d’importantes négociations sur les mesures à mettre en œuvre en cas de victoire :

« Nous avons de nombreuses convergences programmatiques et de vision, sur la propreté, la sécurité ou l’attractivité économique. Nous avons donc décidé de tourner la page du clanisme. Jeanne Barseghian a décidé de tourner le dos aux valeurs du vivre ensemble pour sauver son poste. Ma démarche vise à faire en sorte que les Écologistes et les Insoumis ne soient pas au pouvoir dimanche soir. Mon combat principal est de lutter contre les extrêmes. »

Quelques dizaines de minutes après l’annonce de cette fusion, Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a publié un communiqué marquant sa désolidarisation avec cette décision : « L’histoire du socialisme, c’est de faire gagner la gauche partout où c’est possible. […] Cet accord à Strasbourg place ceux qui l’ont conclu en dehors du Parti socialiste. » Et Pierre Jakubowicz a perdu le soutien de Horizons, qui s’est rangé derrière Jean-Philippe Vetter.

La liste fusionnée

Au final, six candidats de Strasbourg on y croit rejoignent la liste Pour Strasbourg : Pierre Jakubowicz (6e), Rebecca Breitman (17e), Étienne Loos (26e), Mehdi El Idrissi (48e), Sandra Dietsch (37e) et Alexis Taube-le-Guern (56e).


Élections municipales 2026#Élections municipales 2026

Activez les notifications pour être alerté des nouveaux articles publiés en lien avec ce sujet.

Voir tous les articles
Offre spéciale municipales : -20% sur votre abonnement annuel, jusqu'au 22 mars
Partager
Plus d'options