Cinq immanquables au Festival du film fantastique de Strasbourg
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Cinq immanquables au Festival du film fantastique de Strasbourg

Le Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg (FEFFS) débute vendredi 16 septembre avec la projection du film Swiss Army Man. S’ensuivront plus de 130 projections de longs et courts-métrages, de classiques, d’inédits et même de films en réalité virtuelle. Faire son choix dans cet amas de titres peut paraître complexe aux plus avertis. L’élan qui vous mènera dans une salle ou une autre relève du choix personnel. Mais l’envie me prend de pointer du doigt l’une ou l’autre pépite.

D’ordinaire, j’aborde mes chroniques pour le blog Rives et Toiles sur Rue89 Strasbourg en essayant de mêler ma passion et le journalisme. Mais aujourd’hui, en tant que programmateur bénévole associé du Festival européen du film fantastique de Strasbourg (FEFFS), je déroge à cette règle. En vous proposant l’une ou l’autre séance, j’agis avec le souci de défendre une oeuvre, un événement qui risquerait de passer inaperçu.

Et comme je ne voudrais pas faire pencher la balance vers l’un ou l’autre titre en compétition (pour le prix du public notamment), je m’attacherai là uniquement aux séances spéciales et aux films en rétrospective.

David Hemmings, forcément méconnaissable

David Hemmings, forcément méconnaissable

Les frissons de l’angoisse

Le festival a l’honneur de recevoir il maestro Dario Argento et de lui rendre hommage, par le biais d’une rétrospective de son oeuvre et d’une masterclass à l’issue de laquelle sera projeté Profondo Rosso (titre original). Ce sommet du giallo (sous-genre du thriller, proprement maniéré, très graphique et ancré dans l’Italie des années 60-70) suit l’enquête d’un pianiste résolu à élucider la mort violente d’une parapsychologue.

Argento y atteint des sommets de perversité cinématographique. Le spectateur se perd dans un dédale d’oeuvres d’art, de cuir et de sang, jusqu’à la terrifiante résolution de l’enquête.

Le film sera présenté dans une copie d’exception, restaurée par la cinémathèque de Rome. La projection, unique, se déroulant dans la foulée de l’entretien public mené par Jean-François Rauger, directeur de la programmation de la cinémathèque française, les places devraient rapidement disparaitre.

Bande annonce de Lo and Behold (vidéo YouTube)

Lo and Behold, reveries of the connected world

Puisqu’on parle de grands cinéastes, Werner Herzog, le génie aventureux du 7ème art à la voix caverneuse, revient sur grand écran avec une évocation des origines d’Internet. Et des prémices de la toile, il glisse vers son destin et vers des scénarios aussi apocalyptiques qu’intrigants.

Herzog réfute l’idée même de documentaire. Pour lui, il n’y a que des films (features films dans le texte). Tout se confond, fiction ou pseudo-réalité. Lo and Behold, c’est une multitude d’histoires, un kaléidoscope de témoignages, un long-métrage utopiste, philosophique et excitant.

Allez danse, machistador (Copyright United Artists)

Allez danse, machistador (Copyright United Artists)

La chasse – Cruising

Il y a deux ans, le FEFFS terrifiait Strasbourg avec une copie 35 mm de la version originale de l’Exorciste. Un autre film de William Friedkin aura cette fois les honneurs de la rétrospective M for Murder.

Dans Cruising, un Al Pacino à bouclettes traque un tueur en série dans les clubs gay SM du New York des années 80. Et il vire, comme qui dirait, « heavy leather ». Film scandale en son temps, très peu montré sur grand écran, il vient rappeler que Friedkin a toujours été un cinéaste en marge, un auteur avide de repousser les limites du 7ème art.

Bowie à la fraiche (Copyright Tamasa Distribution)

Bowie à la fraiche (Copyright Tamasa Distribution)

L’homme qui venait d’ailleurs

Il semblait indispensable de rendre hommage à David Bowie. L’année 2016 aura été fatale à plusieurs icônes et sans vouloir hiérarchiser les pertes, celle de Bowie demeure insondable. Alors la question s’est posée de montrer Les prédateurs de Tony Scott, ou encore Labyrinth, incursion de l’idole dans un cinéma plus mainstream.

Bande annonce de Man who fell to Earth (vidéo Lionsgate / YouTube)

Mais finalement, The man who fell to Earth (titre original) s’est imposé comme un titre plus riche, plus mélancolique. Bowie ne se contente pas d’y être Bowie. Il y dévoile un grand talent de comédien, au service d’un cinéaste outrageusement mésestimé, le brillant Nicholas Roeg.

Ambiance tamisée ... (Copyrighy Blumhouse)

Ambiance tamisée … (Copyrighy Blumhouse)

We are the flesh

Dans les couloirs de la Berlinale, l’écho de We are the flesh ne cessait d’enfler. Ce film choc, signé d’un jeune cinéaste mexicain, avait le soutien des nouveaux maîtres Alfonso Cuaron et Alejandro Inarritu. Tenemos la carne (titre original) est une oeuvre profondément transgressive, pornographique, violente, disons- le : dégueulasse. Mais la provocation n’est pas stérile. Et comme chez Pasolini, elle vient servir un fond politique.

Du fait de son caractère exceptionnel et choquant, le film sera proposé en séance de minuit.

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