La clinique Sainte-Odile va accueillir une cité étudiante suréquipée
Société 

La clinique Sainte-Odile va accueillir une cité étudiante suréquipée

actualisé le 28/03/2016 à 20h16

Les vieux murs de la clinique Sainte-Odile vont accueillir après rénovation une résidence étudiante. (Photo : Roland Burckel / Wikimédia Commons / cc)

Les vieux murs de la clinique Sainte-Odile vont accueillir après rénovation une résidence étudiante. (Photo : Roland Burckel / Wikimédia Commons / cc)

Vendue en 2013 à un groupe de promoteurs, la clinique catholique Sainte-Odile de Strasbourg va être reconvertie pour sa majeure partie en cité étudiante tout confort, avec WiFi et jacuzzi. Le site est le projet phare de l’antenne logement de la mutuelle étudiante MGEL à Strasbourg.

Ses promoteurs l’annoncent comme « la résidence étudiante du troisième millénaire ». Le groupe colmarien d’investissement La Fayette Patrimoine Promotion et la mutuelle étudiante du grand Est MGEL peaufinent leur projet de cité estudiantine dans l’actuelle clinique Sainte-Odile, à Strasbourg – Neudorf.

L’établissement  catholique doit déménager d’ici fin 2017 au Port-du-Rhin dans la future super-clinique privée Rhéna, fruit de la fusion entre les trois cliniques confessionnelles de Strasbourg (Diaconesses, Adassa et Sainte-Odile). Son site a été vendu à plusieurs promoteurs octobre 2013, pour financer le chantier de Rhéna.

La Fayette Patrimoine Promotion a remporté les bâtiments les plus anciens, datant du début du XXème siècle et qu’il va rénover. Scharf Immobilier et Vauban Immobilier ont quant à eux acquis les bâtiments les plus récents, qu’ils prévoient de démolir pour construire des immeubles d’habitation.

Vu d'ensemble du site de Sainte Odile après travaux, avec les logements neufs de Scharf Immobilier et Vauban Immobilier au premier plan. (Doc remis)

Vu d’ensemble du site de Sainte Odile après travaux, avec les logements neufs de Scharf Immobilier et Vauban Immobilier au premier plan. (Doc remis)

Les trois cliniques confessionnelles vendues pour financer Rhéna

La clinique protestante des Diaconesses, la clinique catholique Sainte-Odile et la clinique juive Adassa ont fusionné en 2011 pour créer la clinique Rhéna, en chantier au Port-du-Rhin. Pour financer les travaux, Rhéna a vendu entre 2013 et 2014 ses trois sites historiques. Elle n’a pas communiqué sur le montant des transactions. Celles-ci doivent abonder le quart des 101 millions que coûte le projet. C’est le seul apport propre de Rhéna qui doit par ailleurs bénéficier de subventions de l’Etat pour son projet.

La clinique des Diaconesses a été vendue en 2013 à l’Ircad, l’institut de recherches contre les cancers de l’appareil digestif, qui y prévoit un projet mixte de logements, d’hôtel hospitalier et d’hôtel de luxe. La clinique Adassa a été vendue en 2014 à un groupe d’entrepreneurs de la communauté juive qui s’est engagé à maintenir l’activité religieuse de la synagogue du site. Contactés par Rue89 Strasbourg, ils n’ont pas souhaité communiquer sur leur projet pour le reste du bâtiment.

MGEL logement s’implante à Strasbourg

La Fayette Patrimoine Promotion entend consacrer la plus grande partie des bâtiments historiques de la clinique à une résidence étudiante, soit 3 900 m2  sur les 6 500 dont il dispose. C’est la MGEL, la mutuelle générale des étudiants de Lorraine, qui va gérer le site. Dans ce patrimoine ancien, leur projet prévoit l’installation de 220 logements meublés et équipés, du studio au T5, et de nombreux services, de la buanderie à la salle de sport, à destination des étudiants.

La Fayette Patrimoine Promotion et la MGEL sont déjà partenaires sur la résidence étudiante Louise, près des Halles, toujours à Strasbourg. C’est jusqu’à présent la seule implantation de l’antenne logement de la MGEL à Strasbourg. La MGEL est l’organisme de sécurité sociale majoritaire auprès des étudiants du Grand Est. De Reims à Nancy, elle gère déjà 12 résidences étudiantes dans la grande région. Elle entend aujourd’hui développer sa présence à Strasbourg et travaille à trois projets d’habitat étudiant, dont la future résidence de Sainte-Odile.

Studios étudiants à partir de 350 euros

Si la MGEL gèrera seule cette résidence, elle en partagera la propriété avec d’autres investisseurs sélectionnés par La Fayette Patrimoine Promotion. Le montant des loyers ne sera donc pas le même pour tous les appartements. Sur les siens, la MGEL annonce un loyer à 400 euros pour un studio. La Fayette Patrimoine Promotion promet de son côté des premiers loyers à 350 euros.

Le groupe d’investissement patrimoniaux mène des programmes sur le territoire de l’Eurométropole et en Outre-Mer dans le but de faire du logement à prix modérés, comme l’explique son directeur Eddy Vingataramin :

« Nous vendons du beau patrimoine à des investisseurs locaux qui acceptent de pratiquer des loyers modérés pour garantir une certaine mixité sociale sur nos programmes. Nous créons de toutes petites copropriétés sur de grands espaces de logements. Concernant le logement étudiant, nous observons que beaucoup d’étudiants étrangers ont des difficultés à se loger car le niveau de vie dans leurs pays d’origine est inférieur à celui d’ici. Pour pallier ces situations, nous encourageons le logement participatif et la mutualisation des moyens. »

La chapelle de la clinique doit être transformée en espaces de travail et de rencontres. Les dimensions du site autorisent l’ambition de ses promoteurs, explique Patrice Drexler, directeur de MGEL Logement :

« On va aller beaucoup plus loin dans les espaces communs que ce qui existent habituellement dans nos résidences car la surface du bâtiment nous le permet. Près de 400 m2 devraient y être consacrés. »

La chapelle Sainte-Odile doit être transformée en salle de travail et de rencontre. (Photo : Roland Burckel / Wikimédia Commons / cc)

La chapelle Sainte-Odile doit être transformée en salle de travail et de rencontre. (Photo : Roland Burckel / Wikimédia Commons / cc)

La philosophie du mutualiste est d’offrir aux étudiants un espace de vie clé en main, à la différence des résidences privées classiques :

« Une fois qu’un jeune règle son loyer, il ne doit plus rien avoir à payer, pas même de supplément pour laver son linge ou accéder à internet par exemple. Tout doit être en libre-service. »

Bibliothèque virtuelle et jacuzzi

Et en termes de services, la MGEL pense large. S’appuyant sur une mutualisation des coûts, la MGEL veut proposer aux résidents un petit déjeuner quotidien dans la cafeteria, l’accès illimité à l’internet haut-débit, une salle de travail équipée en équipement multimédias et même un espace wellness avec sauna et jacuzzi. Elle étudie aussi la possibilité d’un abonnement collectif à une bibliothèque virtuelle.

Un engagement pour la réussite des étudiants que défend Patrice Drexler :

« Nous voulons créer toutes les conditions pour qu’ils réussissent leurs études. Le logement est le premier facteur de réussite pour les jeunes. Un temps de transport long, le temps passé à se déplacer en ville pour laver son linge, l’investissement dans un job pour financer son loyer sont autant de contraintes qui peuvent peser très lourd sur eux. »

Les promoteurs du projet insistent sur l’objectif d’encourager la vie en collectivité. Ils réfléchissent à la possibilité de mettre la cuisine de la cafeteria à disposition des étudiants les soirs pour encourager les repas conviviaux, plutôt que de laisser les étudiants accueillir leurs amis et voisins dans leurs petits studios.

« Accompagner les parcours de vie »

Une quarantaine d’appartements seront constitués de plusieurs pièces, du T2 au T5, pour permettre des colocations et des vies de couple. Un respect des choix de vie des étudiants primordial pour Eddy Vingataramin, directeur de la Fayette Patrimoine Promotion :

« Nous voulons accompagner les parcours de vie des jeunes, encourager la colocation, permettre le passage du studio au deux-pièces quand des étudiants s’installent en couple, et plus tard au T3 ou au T4 quand ils commencent à travailler. Les étudiants doivent pouvoir rester encore dans leur environnement après la fin de leurs études. »

Cabinet médical, logements sociaux et propriétés de standing

Dans le reste des bâtiments historiques de Sainte-Odile, Lafayette Patrimoine Promotion prévoit d’installer 2 100 m2 de logements sociaux, avec un bailleur social qu’il n’a pas encore choisi. Et 500 m2 doivent aussi être dédiés à un cabinet médical :

« C’est une demande des riverains, dont beaucoup sont attachés à la sécurité que leur procurait la proximité de l’hôpital. Nous recherchons désormais les médecins partenaires. »

Les parties récentes de la clinique doivent quant à elle être démolies. Les promoteurs immobiliers Scharf et Vauban prévoient d’y reconstruire une centaine de logements du deux au quatre pièces destinés à la vente. « Nous nous positionnons comme le meilleur standing du Neudorf », explique Jean-Sébastien Scharf.

L'AUTEUR
Claire Gandanger
Claire Gandanger
Journaliste indépendante Intérêts : société, économie de la culture, vie pratique

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