Enquêtes et informations locales
Enquêtes et informations locales
Au conseil municipal, Deux-Rives, égalité de genre et menaces sur la taxe foncière
Politique 

Au conseil municipal, Deux-Rives, égalité de genre et menaces sur la taxe foncière

par Jean-François Gérard.
Publié le 31 janvier 2022.
Imprimé le 15 août 2022 à 03:53
2 959 visites. 2 commentaires.

Flux vidéo fourni par l'Eurométropole de Strasbourg

Les écologistes s’attaquent à leur deuxième budget et ne prévoient plus de hausses d’impôts pour 2022, voire jusqu’à la fin du mandat. Lors de la séance du lundi 31 janvier, il sera aussi question de l’avenir du secteur des Deux-Rives et d’égalité femme-homme. À suivre en direct et avec nos commentaires à partir de 12h30.

Les écologistes ont terminé leurs principaux arbitrages financiers jusqu’en 2026. Ils ont voté des hausses d’effectifs (180 emplois nets en plus à la Ville, dont 75 pour arriver à une Atsem par classe d’école maternelle) et des investissements supplémentaires, à raison de 135 millions d’euros par an. Chaque année, les budgets successifs vont désormais mettre en œuvre ces choix. Les marges se situeront donc au niveau des autres dépenses de fonctionnement (45% des 378 millions d’euros) ou du niveau d’endettement.

Après l’augmentation de 5% de la taxe foncière en 2021, justifiée par la réponse à la crise sanitaire et économique, la majorité ne table plus sur des augmentations de ce taux d’impôt local « pour les prochaines années ». Appelé à préciser cet objectif, le premier adjoint en charge des Finances, Syamak Agha Babaei, reste prudent :

« Si les éléments extérieurs ne bougent pas, nous pourrions tenir le mandat sans hausses d’impôts. »

« On craint un retour de bâton »

Pour la municipalité, cette incertitude est conditionnée aux choix budgétaires du futur gouvernement, après les élections de 2022. « On craint un peu que si la crise sanitaire devait se calmer, ce qui serait une bonne chose, il y ait un retour de bâton vers les collectivités locales », met en garde la maire Jeanne Barseghian (EELV).

La majorité se rappelle par exemple du « Pacte de Cahors » de 2018 qui empêchait les collectivités locales d’augmenter leurs dépenses de plus de 1,2%, mais finalement jamais appliqué. Autre défi à laquelle la municipalité va être confrontée : la hausse des prix de l’énergie.

Précisons qu’une stabilité des taux d’impôts communaux ne provoque pas automatiquement une taxe foncière identique à l’année précédente. L’Assemblée nationale peut revaloriser les bases d’imposition, elle l’a fait de 3,4% pour 2022 alors qu’elle n’était « que » de 0,2% en 2021. Le gouvernement justifie cette augmentation par l’inflation. En outre, l’Eurométropole peut augmenter sa part de la taxe foncière.

Quelles critiques pour les Deux-Rives « réorientées »?

L’autre gros point de l’ordre du jour est l’aménagement du secteur des Deux-Rives (point 2, voir notre article dédié). Dans le mandat précédent ou actuel, les écologistes ont souvent été accusés de « bétonner » la ville. Alors qu’ils ont choisi de diminuer l’objectif de logements neufs, quelles seront les critiques des oppositions ?

Comme souvent, le débat pourrait tourner sur la manière dont la municipalité présente les choses : moins de logements par rapport à ce qui était programmé (3 700 contre 4 400), mais qui n’était pas définitivement acté. Il aurait donc été possible de construire encore moins. Le maintien de tours le long du Rhin ou le fait de construire en grande partie sur la presqu’île Citadelle, malgré la présence d’un parc sur la partie nord et ouest, pourraient occasionner des débats.

Droit des femmes : nouveau plan d’action

Autre sujet majeur au programme de lundi : la Ville va adopter son troisième plan d’action « Droits des femmes et égalité de genre » pour 2022-2024 (points 5 et 6). Un sujet sur lequel les écologistes sont attendus par leur électorat. Pour les opposants et opposantes, difficile d’être contre le principe, tout comme il serait délicat de ne pas se positionner sur ce thème sensible, qui dépasse les clivages. Le budget annuel de la mission des droits des femmes a été triplé de 115 000 à 415 000 euros, ce qui permet des participations au budget de fonctionnement d’associations féministes pour environ 200 000 euros. Cela inclut des structures historiques comme le CIDFF, le Planning familial, le Nid, SOS Femmes solidarité, ou d’autres plus récentes comme Plurielles, Ru’elles ou Osez le féminisme 67.

Le plan d’actions d’une centaine de pages liste beaucoup de principes généraux (« l’égalité professionnelle dans l’administration » ; « irriguer la Ville d’une culture d’égalité » ; « prise en compte de l’égalité dans les politiques ») et la majorité pourrait donc être questionnée sur les manières d’atteindre ces objectifs consensuels, et ne pas tomber dans une forme « d’entre-soi ». L’adjointe en charge des droits des Femmes, Christelle Wieder, semble anticiper ces constats et promet une « plaquette synthétique » des actions concrètes pour la journée du 8 mars. Elle cite par exemple un projet « d’artistes féministes à l’Esplanade » ou des « ateliers d’auto-défense au Port-du-Rhin ».

En charge et vice-présidente de la commission des Finances, Christelle Wieder devrait intervenir à plusieurs reprises lors de la séance. (photo Abdesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg)

Un autre projet de la municipalité est de présenter un budget « sensible au genre », comme à Rennes ou Lyon, dans le but de corriger des inégalités. Ce ne sera pas pour 2022, mais un travail expérimental a débuté à l’automne avec les services des Sports et ceux de la participation citoyenne. Le but est « d’identifier les lignes budgétaires sensibles au genre ». Les premiers éléments ressortis de ces analyses seront indiqués lors du budget final qui sera adopté le 21 mars.

Deux quartiers au programme des interpellations

La fin de séance, à l’ordre du jour assez léger avec 32 points, fera place aux interpellations de l’opposition. Comme à chaque séance ou presque, il sera question de la Robertsau. Plus rare, l’avenir de la place d’Islande, où rien ne bouge depuis 2017 et la destruction du tribunal provisoire, sera aussi questionné.

À suivre en direct avec nos commentaires à partir de 12h30 !

Aller plus loin

Article actualisé le 20/03/2022 à 21h27 : Le direct s'est arrêté de manière impromptue. La fin de la séance, sans commentaire, est mis en ligne.
L'AUTEUR
Jean-François Gérard
Jean-François Gérard
A rejoint la rédaction de Rue89 Strasbourg à l'été 2014. En charge notamment de la politique locale.

En BREF

Retour de la Grande braderie ce samedi : transports gratuits et sécurité renforcée

par Lucie Lefebvre. 1 576 visites. 7 commentaires.

L’association Deaf Rock veut continuer d’accueillir des services civiques

par Pierre France. 817 visites. Aucun commentaire pour l'instant.

Pollution du Rhin après l’incendie d’un centre de tri de déchets industriels

par Nicolas Cossic. 3 430 visites. 2 commentaires.
×