Vétérans, innovants, les multiples visages de Contre-temps, du 7 juin au 17 juin
Culture 

Vétérans, innovants, les multiples visages de Contre-temps, du 7 juin au 17 juin

actualisé le 08/06/2018 à 20h01

Plus de 50 artistes, des performances, des découvertes, des joyaux et des incontournables et ce, un peu partout à Strasbourg du jeudi 7 au dimanche 17 juin. C’est un peu la signature de Contre-Temps, festival d’electro-groove, un genre dont le festival se détache peu à peu. Et cette année, pour sa quinzième édition, Contre-Temps se paie le luxe d’inviter Hailu Mergia, un jazzman éthiopien de 71 ans au retour spectaculaire. Ce seront aussi les dernières éditions du Splitmix au cinéma Star et de la soirée finale au Maillon.

Des après-midis sonorisés, des soirées de fête, des péniches transformées en boites de nuit et une douzaine de lieux investis à Strasbourg, Contre-Temps sera partout et tout le temps du jeudi 7 juin au dimanche 17 juin. Pour sa quinzième édition, Contre-Temps invite des pointures de la musique électro, comme Sonja Moonear, Barac, Jimpster ou Kyle Hall mais propose aussi des découvertes comme Kamaal Williams et le jazzman d’origine éthiopienne Hailu Mergia. Plus de 50 artistes vont se succéder sur les 26 scènes proposées par Contre-Temps.

Stéphane Robinot présente la 15e édition du festival Contre-Temps (vidéo Szenik)

Splitmix, attention c’est la dernière édition !

Parmi les soirées les plus attendues du festival, le Splitmix, qui retourne le cinéma Star et mêle allègrement projections et musique (et pas mal d’autres choses aussi) est prévue mardi 12 juin à partir de 19h, avec pour thème le Carnaval de Rio. C’est la dixième édition et attention roulements de tambours… la dernière.

Splitmix 2017 American Dream. (Las Vegas Parano)

Stefan Robinot, directeur du festival Contre-temps, détaille :

« Nous avons décidé que ce serait la dernière édition du Splitmix, car nous commençons à manquer d’idées de thèmes qui fassent le lien entre musique et image. Nous avons déjà fait dix éditions, nous ne voulons pas que cette soirée s’essouffle. De plus, la logistique pour le Splimix est énorme, nous devons transformer le cinéma en un temps record afin d’accueillir la soirée. Toutes les bonnes choses ont une fin. Le Splitmix sera remplacé par autre chose, peut-être un cinéma en plein air, nous verrons. »

Autre soirée qui tire sa révérence cette année, la soirée finale au Maillon. Et c’est fois en raison de… la destruction du bâtiment. Bon, c’est une bonne excuse… On verra si le Nouveau Maillon, en construction et qui doit ouvrir en 2019 sera en mesure d’accueillir également cette soirée qui est à chaque fois mémorable. Pour cette fois, trois espaces sont aménagés, dont deux dancefloors : le techno floor et le house & hybrid floor avec à chaque fois plusieurs DJ. Citons notamment pour le techno floor Sonja Moonear, pianiste suisse de formation classique, devenue DJ résidente de grands clubs avec des performances entre techno minimale, deep house et break.

Sonja Moonear au Weather Festival en 2014 (vidéo YouTube)

Parmi les découvertes, le retour d’un grand jazzman éthiopien

Vendredi 8 juin, Hailu Mergia est à la Laiterie. Qui ? Hailu Mergia a une histoire incroyable. Figure de proue de l’éthio-jazz, il faisait swinguer les clubs d’Addis-Abeba dans les années 70… avant de devoir fuir son pays. Il s’est installé aux Etats-Unis où il a continué à se produire à Washington, mais dans l’anonymat le plus complet. Il s’est reconverti comme chauffeur de taxi, jouant du clavier lors de ses heures de pause, sur sa banquette arrière.

Mais en 2013, un de ses passagers, membre du label « Awesome Tapes from Africa » le reconnaît et lui propose de reprendre la musique… à 71 ans. Et 4 ans plus tard, le voilà à Strasbourg grâce à Contre-Temps, une histoire qui va donner à cette soirée un côté magique et unique.

En 2015, un concert avec Haily Mergia à la Boiler Room de Londres (vidéo YouTube)

À noter toujours lors de cette soirée, Il partagera la scène avec Kamaal Williams, originaire du Nigéria et qui marie jazz, broken beat, deep house et UK jungle.

Plusieurs rendez-vous gratuits

Le festival Contre-Temps n’a pas renoncé à sa tradition des soirées gratuites, et c’est tant mieux. La première est la soirée d’ouverture, jeudi 7 juin à 23h, au Fat Black Pussycat avec Eddy Ramich, un DJ de Croatie, vétéran de la scène house & eclectic. Pour ceux qui ont de la mémoire ET qui sont capables de se souvenir de leurs soirées Contre-Temps, Eddy Ramich était l’invité de la première édition du festival.

La deuxième événement gratuit, Mixorama, a lieu samedi 9 juin avec une carte blanche donnée à 15 collectifs électroniques de la scène strasbourgeoise. La journée se décline en deux temps, un après-midi à partir de 14h et jusqu’à 22h sur le parvis du TNS, suivi d’une soirée clubbing à La Laiterie à partir de 23h et jusqu’à 5h.

Mixorama édition 2017 sur le parvis du TNS. (Photo Djeb / doc remis)

Et bien entendu, le festival se termine comme à chaque fois avec les mythiques Pelouses Sonores, au jardin des Deux-Rives au Port-du-Rhin dimanche 24 juin de 14h à 22h. Le festival précise que cet événement est « susceptible d’être décalé selon les conditions météo », un avertissement qui n’est pas à prendre à la légère puisqu’il semble peser une sorte de malédiction pluvieuse sur ces pelouses… ou alors le Temps n’aime pas l’électro-groove, on ne sait pas.

Ellen Rutt a signé le visuel Contre-Temps 2018 (doc remis)

Ellen Rutt a signé le visuel Contre-Temps 2018 (doc remis)

Mais le festival ne se laisse pas impressionner par les éléments puisqu’il ouvre cette année, un second espace, appelé le Square, dont on ne sait rien de la programmation sauf qu’elle est « exclusivement électronique. » Le festival se laisse impressionner par les riverains en revanche, puisqu’à 22h, tout le monde est invité à aller se coucher, ce qui est un peu tôt pour certains amateurs de musique électro…

Parmi les artistes invités aux Pelouses Sonores, citons Setenta, un « rêve de latin soul band dans les fumées lourdes et torréfiées d’un cigare habanero », dit le festival, un « combo de sept rude boys affranchis avec trois albums chez Hot Casa, un label fondé par des diggers de hi-fi tropicale. » Bref, du groove des îles.

Setenta, un son latino mais forgé à Paris (vidéo YouTube)

Citons également parmi les signatures de ces pelouses les incontournables Fat Badgers, bien connus des lecteurs de Rue89 Strasbourg. Ces amateurs de groove et de disco old school sont capables de faire se réveiller les morts et donc, tous ceux qui se retrouveraient allongés sur une pelouse en face de leurs guitares et de leurs synthés. Imparable.

L'AUTEUR
Emma Schneider, Pierre France
On s'est mis à deux pour décortiquer cette prog assez dingo, il faut bien le dire.

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