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Démonstrations de révoltes au festival de la scène émergente, Démostratif, du 31 mai au 4 juin
Culture 

Démonstrations de révoltes au festival de la scène émergente, Démostratif, du 31 mai au 4 juin

par Alizée Chebboub-Courtin.
Publié le 21 mai 2022.
Imprimé le 01 décembre 2022 à 05:30
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Questionnant le genre, les relations de domination ou encore les conditions de travail, la cinquième édition du festival Démostratif, organisé en collaboration avec l’Université de Strasbourg, s’installe sur le campus du 31 mai au 4 juin. Pendant cinq jours, de jeunes artistes exprimeront leurs « Inévitables révoltes ».

Pour sa cinquième édition, le festival Démostratif, mettant en lumière les arts scéniques émergents, prend de l’ampleur. Pas moins de 37 spectacles rythmeront les cinq jours de l’édition 2022, du mardi 31 mai au samedi 4 juin, intitulée Inévitables Révoltes. En plus de l’habituel village situé sur le campus, l’événement s’ouvre au reste de la ville avec des représentations à la BNU, à la Pokop et même à l’Eglise Saint-Guillaume.

L’autrice associée est Anette Gillard, dramaturge puis enseignante à l’Université de Strasbourg. Elle a aidé Sacha Vilmar, le directeur artistique du festival, à sélectionner le thème de 2022, comme il l’explique :

« Le thème Inévitables Révolte s’est imposé à nous. Il peut être compris de multiples manière, mais il traduit une même énergie, une même opposition à un système économique et social considéré comme injuste. Et il convient parfaitement au contexte d’élections que nous traversons actuellement. »

Également comédien et metteur en scène, Sacha Vilmar est le directeur artistique du festival,. (Photo Teona Goreci / doc remis)

« Mettre en rêve des luttes »

De la création étudiantes aux jeunes troupes, le festival a réuni des artistes strasbourgeois, parisiens, bretons, mais aussi espagnols, canadiens et burkinabés. Toutes et tous se sont reconnus dans une nécessité de se révolter et d’utiliser l’art et la fiction comme outil. Chacun à sa manière, ils dénoncent une partie du système pour en proposer un autre. « Mettre en rêve des luttes », voilà le point central de cette édition pour son directeur artistique. 

Lutte de classes, de genres, de systèmes… Les artistes emporteront les spectateurs dans des histoires au sens multiples. S’emparant du sujet de la domination et du travail, la compagnie Quai n°7 interrogera le rapport des individus aux métiers du tertiaire à travers le travail de cinq techniciennes de théâtre, dans la pièce Services, mardi 31 à 21h à la Pokop. Dans la même ligne, le spectacle La Grève des jus  reviendra sur la grève de laitières d’une entreprise pyrénéenne qui ne veulent plus être corvéables à merci. 

Tous les événements du festival seront accessibles gratuitement. (Photo Teona Goreci)

De son côté, Moussa Samaké, originaire du Burkina Faso, proposera samedi 4 juin à 16h au village sur le campus un solo de danse puissant et politique et nourri par son passé d’enfant des rues, il s’insurgera contre une société qui peut bannir et abandonner à leur sort des êtres humains vulnérables. La compagnie Je, Tu, Elle questionnera la notion de consentement dans son spectacle accessible dès 8 ans mercredi 1er juin à 18h la BNU et la compagnie de La gueule ouverte libérera la parole d’un professeur s’adressant à une salle vide pour assumer ce qu’il ne dira jamais à ses élèves, mercredi 1er juin à 19h30 à la Pokop. 

Une programmation queer et inclusive

La programmation 2022 contient de nombreux spectacles queer qui proposent de déconstruire – ou de reconstruire- la question du genre et du regard que la société pose sur lui. Ainsi jeudi 2 juin à 21h30, l’église Saint-Guillaume accueille un événement pour le moins inattendu, puisque la soirée s’articulera autour d’un cabaret Drag-Queen : Les 12 Travelos d’Hercule, chants et sketchs pour évoquer, non sans humour, le ras-le-bol d’une société hétéro-patriciale. 

Ce festival est aussi l’occasion pour les jeunes artistes de se rencontrer, d’échanger de s’entraider dans leur processus de professionnalisation. (Photo Arsene Marquis / doc remis)

Jenny Charreton questionnera sa transition de genre au travers d’une performance multimédia intitulée Dans mon Dessin. La Compagnie de théâtre Médusée proposera de Sortir de la nuit avec sa dernière pièce. Elle raconte l’histoire d’une communauté queer et de ses membres, rescapés de thérapies de conversions. 

D’autres surprises seront au rendez-vous au village, comme la déambulation Il.elle.iel qui vise à déconstruire la sociabilisation différenciée des petits garçons et petites filles. Des projections, du cirque, des concerts et des DJset rythmeront également le festival. Un bar, des foodtrucks, une librairie éphémère, et un chapiteau Magic Mirror accueilleront les participants au village.

L’édition 2021 avait pu être maintenue, avec une obligation de porter un masque chirurgical. Cette année, les participants pourront à nouveau respirer librement. (Photo Teona Goreci)
L'AUTEUR
Alizée Chebboub-Courtin
Alizée Chebboub-Courtin
Journaliste sortie de l'Ecole de Journalisme de Grenoble. Fouineuse hyperactive. Social, écologie et féminisme.

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