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Des élus de la CUS demandent un référendum sur le GCO
Politique 

Des élus de la CUS demandent un référendum sur le GCO

par Marie Marty.
Publié le 5 octobre 2012.
Imprimé le 28 mai 2022 à 05:56
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Conseil municipal

Le conseil municipal du 8 décembre 2011 (PF)

Lors de ce premier conseil de CUS depuis la rentrée, les élus communautaires ont eu un débat vif sur l’opportunité de ressusciter ou non le projet de Grand contournement ouest de Strasbourg (GCO), objet d’une « interpellation des maires » en fin de conseil. Ces derniers ont demandé un référendum sur le sujet, qui n’aura probablement jamais lieu.

Ce vendredi matin, deux semaines après le conseil municipal fleuve du 24 septembre, le conseil de CUS a abordé le sujet chaud de cette rentrée : l’abandon définitif ou la renaissance espérée par certains du projet de Grand contournement ouest (GCO), cette autoroute de 27 kilomètres qui éviterait l’agglomération de Strasbourg en passant par le Korchersberg. Le monde économique, représenté par la CCI du Bas-Rhin, a lancé ses dernières forces dans la bataille pro-GCO, diffusant un rapport que de nombreux élus communautaires avaient en mains ce matin. Tandis que l’exécutif strasbourgeois a semblé vouloir prendre de la distance.

Accusant Jacques Bigot et Roland Ries de se cacher derrière l’abandon du projet par Vinci, une dizaine d’élus de petites communes a demandé un référendum pour ou contre le GCO. Mais l’adjoint aux finances, Alain Fontanel, a rappelé à l’assemblée que la collectivité ne pouvait interroger les habitants sur ce dossier, car il n’entre pas dans le champ des compétences communautaires. « C’est l’Etat qui a la maîtrise de ce type d’équipement », a-t-il lancé.

Les prises de paroles – à lire pour certaines in extenso ci-dessous – ont été musclées. Eric Amiet, maire de Wolfisheim, a même accusé l’exécutif de « lâcheté, de manque de courage politique ». L’absence du maire de Strasbourg Roland Ries, accusé de « fuir le débat », a été très critiquée.

Le conseil de CUS minute par minute

Après Jean Humann, maire d'Entzheim, pour qui "entre le GCO et rien, je choisis le GCO", c'est au tour de Paul Meyer de prendre la parole, très en verve et qui s'attire comme à son habitude la ire des groupes de Fabienne Keller et Robert Grossmann. P. Meyer :
"Nous ne pourrons plus vivre demain avec ces trajets qui tirent en longueur et cette consommation d'énergie... Ce sont des thématiques que les Strasbourgeois, première victimes des difficultés de circulation sur l'A35, touchent du doigt. C'est eux qui se tournent vers d'autres modes de déplacement... Sans avoir besoin d'alliance, sur nos valeurs et notre volonté de préserver le territoire, nous - en tant que socialistes - serons fermement opposés au GCO !"
Encore cinq interventions à venir. Jean-Luc Herzog, Fabienne Keller, Robert Grossamnn... Conclusion de Jacques Bigot avant 14 heures ?
Jacques Bigot rappelle qu'aucun vote de motion ne peut être organisé au débotté en conseil, "il faut un document, il faut que les élus en soient informés". Alain Fontanel relit le texte de l'accord PS-EELV afin de démontrer que l'abandon du GCO n'a rien de politique. Il rappelle encore qu'un référendum ne peut être organisé que dans le cadre des compétences de la collectivité, or "le GCO n'est pas dans les compétences de la CUS contrairement aux zones 30" (référendum en 2011, le non l'avait remporté).
Intervention de Jean-Emmanuel Robert sur le GCO
Eric Amiet demande un référendum sur le sujet : "Je respecte la position de M. Jund, qui assume ses positions, mais vous à la tribune, c'est beaucoup moins clair..." Jacques Bigot : "Comme si un référendum permettait de trouver 700 millions d'euros".
Eric Amiet, maire de Wolfisheim, lâche le mot qui flotte sur toutes les lèvres : "Votre façon de dire que c'est à cause de Vinci que le GCO ne se fait pas et qu'il ne s'agit pas d'une décision de vos amis de Paris est une forme de... lâcheté, un manque de courage politique". On baisse la tête à la tribune, dont le rang est franchement clairsemé. Jacques Bigot ne lâche pas son stylo et fait mine d'écrire...
Intervention de Georges Schuler, maire de Reischtett
Alain Jund (EELV), adjoint au maire de Strasbourg chargé de l'urbanisme, rappelle que le GCO est un projet de 1973, "le passé d'une illusion", du temps on l'on croyait que Strasbourg compterait un million d'habitants au tournant du 21ème siècle. "Pendant 40 ans, toute la réflexion a été focalisée sur le mistigri du GCO, qui avait réponse à tout, lance-t-il. Il y a un certain nombre de directions qu'il faut emprunter : diminuer le nombre de poids lourds qui passent dans notre agglomération, travailler sur le statut du diesel, la question du ferroutage qu'on a complètement occultée." Alain Jund, qui commence à s'énerver : "Il faut se poser la question du transport de fraises au Danemark en plein hiver ! Ce n'est pas sérieux, il faut penser à notre planète et pas seulement à trois jours !" Et au mieux de sa forme :
"Il faut un peu de lucidité, de courage pour sortir de cet objet mystique qu'a été le GCO. Il faut penser à l'intérêt général, changer de logiciel ! C'est pas parce qu'un tuyau est plein qu'il faut en mettre un autre en parallèle et puis un troisième !"
Position de Jacques Bigot dans le débat sur le GCO et son impact sur le PDU
Georges Schuler, maire de Reischtett, déplore de ne pas avoir été invité à signer l'interpellation des maires. Rire dans les rangs socialistes. Il reprend : "Personne n'est dupe du rôle qui est fait jouer à Vinci par l'Etat" et argue qu'il y avait des concessionnaires moins-disant vers lesquels l'Etat aurait pu se tourner.
Robert Herrmann acte la baisse de l'utilisation de la voiture "en solitaire", avec la hausse des prix du carburant, l'application du Grenelle, etc. Il évoque une discussion avec le préfet autour de l'application des taxes poids lourds en France et en Allemagne, "qu'il faut prendre en compte". Il plaide pour un débat "éclairé". Rien ne sert de "dépenser 700 millions d'euros" pour réaliser un équipement qui ne réglera pas tous les problèmes... "10 minutes !" s'esclaffe Fabienne Keller. Vincent Debes, maire d'Hœnheim enchaine.
Les bras se lèvent pour participer au débat : Mmes Buschmann, Richardot, Rohfristch, Keller ; Mrs Meyer, Agha-Babaï, Grossmann, Amiet, Schuller... J. Bigot redemande à tous "pas plus de 3 minutes chacun". "On a pas le droit de s'exprimer ?" s'indigne F. Keller. "On peut tenir jusqu'à minuit si vous voulez, je me ferai apporter un sandwich !" lance Bigot. "Pari tenu", s'amuse Robert Grossmann. Robert Herrmann, premier adjoint au maire de Strasbourg, prend la parole :
"Le GCO n'est en aucun cas l'alpha et l'omega de nos problèmes locaux. J'ai lu très attentivement le rapport de la CCI qui ne reprend pas malheureusement le territoire transfrontalier..."
Le ton monte, la taxe sur la bière s'invite dans le débat. Les thèmes de Paris contre l'Alsace, de l'Alsace victime de l'énarchie... reviennent sur la table. Les conseillers communautaires PS Pernelle Richardot et Nicole Dreyer, râlent : "On est obligés d'écouter tout ça ?" "Revenons à la politique M. le président !" Jacques Bigot note :
"La DUP court jusqu'en 2018, le GCO peut encore se faire, mais sa réalisation ne réglera pas les problèmes de notre agglomération. Le débat n'est pas aussi simple que ce que vous voulez le dire : les réserves sont de tous les bords politiques et sont venues notamment d'Yves Bur (Lingolsheim)..."
Le président de la CUS répète que ni lui ni Roland Ries n'ont fait obstruction à la procédure qui courrait jusqu'au printemps en déposant un recours contre la DUP.
Proposition de l'un des 10 maires : une motion votée en conseil de CUS favorable au GCO. Et les huit autres de vouloir chacun apporter sa pierre... "Pas plus de trois minutes chacun", plaide Jacques Bigot. C'est d'abord le maire de Lipsheim, René Schaal, "qui se déplace à vélo dans son village (...) amoureux de la petite reine et de la marche à pied" qui réclame "de la crédibilité dans l'action publique" et une "continuité de l'action publique". Il se fait le défenseur de la voiture, "dont nous ne peut pas se passer la mère de famille de Lipsheim surmenée qui doit amener ses enfants à l'école, aller à son travail dans une zone d'activité mal desservie, les rechercher pour les amener au stade, aller au supermarché..." Elle a bon dos la mère de famille, forcément pro-GCO. #macho
Point 80 - L'interpellation de 10 maires est présentée par Jean-Luc Herzog, maire de Niederhausbergen :
"L'abandon du GCO remet en cause l'équilibre qui était proposé dans le plan de déplacements urbains de la CUS, que de nombreuses communes avaient adopté au printemps dernier."
Jacques Bigot propose à des signataires d'intervenir. Les signataires : les maires de Blaesheim, Holtzheim, Oberhausbergen, Niederhausbergen, Oberschaeffolsheim, Plobsheim, Souffelweyersheim, Wolfisheim et Entzheim.
Point 48 - Acquisition d'un immeuble dans le cadre de l'extension du tram vers Illkirch. Fabienne Keller pose la question de l'extension vers la Robertsau. Réponse de Jacques Bigot : "Des études sont en cours". Il ajoute : "La concertation démarrera début 2013, dans le cadre d'une procédure lourde de DUP"... Robert Grossmann de prendre la parole :
"Je veux simplement observer que vous avez mis 5 ans pour vous intéresser à ce tram de la Robertsau que les habitants attendent avec impatience !"
Et de noter que le petit tronçon jusqu'à Robertsau-Bœcklin est déficitaire parce que le tram ne va pas jusqu'au centre du quartier. Roland Arbogast, conseiller municipal de Schiltigheim, lance goguenard : "Les trams sont vides, on a qu'à supprimer cette ligne !"
Philippe Bies éructe :
"Pourquoi n'avez-vous pas modifié ce PAZ vous-même madame Keller ? Vous n'avez rien fait sur la maison de l'Aran qui a continué à se dégrader ! Donc le coût est aujourd'hui trop élevé - 900 000€ - pour l'intégrer dans ce projet ! Vos leçons sont particulièrement mal venues Mme Keller ! Sur l'avis de l'ABF, il n'a pas donné d'avis officiel, mais bien évidemment que des contacts informels ont été pris avec l'ABF et qu'il a été informé des modifications qui allaient intervenir et du fait que le nouveau bâtiment gardera les formes de l'ancien..."
Point 19 - modification du PAZ de la ZAC Etoile : c'est Philippe Bies, ex-adjoint de quartier de Neudorf, qui rapporte.
"La modification porte sur la zone ZD4, la maison de l'Aran qui menace de s'effondrer. Nous avons mené des études qui montrent que les coûts de réhabilitation sont trop élevés pour un opérateur privé ou pour la collectivité..."
Fabienne Keller enchaîne : "Je m'inquiète de la sincérité des débats qui a eu lieu au conseil municipal". Et de lire la citation de l'ABF Serge Brentrup parue sur Rue89 Strasbourg hier jeudi.
Martine Calderoli-Lotz tacle Alain Fontanel après qu'il a semblé accuser la Région de ne pas suffisamment soutenir l'industrie alsacienne. "Adressez-vous à votre ministre du redressement productif si vous avez de si bonnes idées !" Il recadre : "La difficulté de notre territoire est particulière : beaucoup d'investisseurs étrangers sont venus attitrés par des conditions intéressantes, puis sont repartis dans des régions où le travail était moins cher et les conditions finalement plus attractives". L'adjoint regrette un manque de réactions au niveau régionale, mais tempère : "Il n'y a pas un président de collectivité seul, un ministre seul qui peut réussir..." Et assure : au niveau de la CUS, "nous maintenons des investissements élevés à ce niveau".
Interventions Marc Merger - Points 1 et 2
Alain Fontanel, adjoint au maire en charge des finances, présente très rapidement le point 1 qui a été retenu. Marc Merger, pour l'opposition, prend la parole :
"Ce règlement budgétaire n'apporte aucune innovation et évite les sujets qui fâchent... Vous n'intégrez aucun tableau micro- ou macro-économique. (...) Cette délibération est sans lien direct avec le pouvoir d'achat, le bien-être, la croissance et l'emploi, qui devraient être mis en parallèle avec le règlement budgétaire de la collectivité."
L'élu centriste critique "le paradigme financier" qui aurait dû changer avec la crise. Jacques Bigot prévient : "Ne rentrez pas tout de suite dans le débat d'orientation budgétaire qui est prévu pour le prochain conseil...".
Reprise de la parole par Catherine Trautmann sur les projets de reprise de Stracel :
"Nous travaillons sur le projet, son développement et le contexte pour valoriser notre territoire. Nous ne voulons pas apparaître défaitistes, mais offensifs. Nous anticipons des problèmes de cadastres et par ailleurs il n'y a pas de contradiction entre les réserves en bois et la fabrication de biocarburant."
Sur ce dernier point, les écolos vont-ils s'exprimer ? Loin d'être sûr...
Robert Grossmann puis Fabienne Keller "remercient Mme Trautmann pour cette présentation". L'ex-maire "salue l'effort fait". F. Keller : "Je voudrais m'inquiéter que le groupe n'ait plus de stratégie propre sur ce site" et n'envisage plus que la session. Elle "fait le lien" avec la question du GCO : l'accès "est problématique". Cette industrie "ne peut pas fonctionner" si elle n'est pas accessible. Elle établit "le lien tout à fait stratégique entre le GCO et le maintien de l'emploi dans notre agglomération". Sophie Rohfritsch évoque elle le problème de l'approvisionnement en bois du projet biomasse pour l'usine Stracel...
Catherine Trautmann démarre les débats par un point sur la situation économique de l'agglomération et notamment sur les projets de reprise de l'usine Stracel. La vice-présidente de la CUS et présidente du Port autonome se dit l'interlocutrice n°1 des salariés et de la direction d'UPM, propriétaire du site. La collectivité a envoyé un courrier au salariés pour faire le point sur la situation. Sur le dossier de General Motors, l'élue évoque "un partenariat" entre collectivités, ministère du redressement production et direction de GM. Elle se dit "vigilante" sur ces dossiers, comme sur celui de Sanofi (suppressions de nombreux postes à Montpellier et Toulouse, mais pour l'instant pas à Strasbourg).
Le Conseil démarre avec 15 minutes de retard. Le maire Roland Ries n'est pas présent aux côtés du président de la CUS Jacques Bigot. Il est au Sénat "désolé de ne pouvoir être présent pour le débat sur le GCO". Les dix maires des communes de la CUS auteurs d'une interpellation sur l'abandon du GCO, font passer un texte dans les rangs. Extrait :
"Nous ne pouvons accepter l'abandon de cette infrastructure d'un trait de plume sans qu'il y ait eu un véritable débat au sein de la CUS alors que cette décision a de lourdes conséquences sur les déplacements au sein de toutes les communes de la CUS."
Lecture des 80 points à l'ordre du jour. Cinq points sont retenus dont deux points financiers et la modification du plan d'aménagement de zone de la ZAC Etoile (Maison de l'Aran).
Début du conseil de CUS prévu à 8h30.

L’ordre du jour du conseil de CUS

Article actualisé le 05/10/2012 à 23h01
L'AUTEUR
Marie Marty
Marie Marty
Journaliste indépendante, co-fondatrice de Rue89 Strasbourg. Membre de l'association des Journalistes - écrivains pour la nature et l'écologie.

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