Croiser les regards juridiques, philosophiques et artistiques pour interroger le sens et les pratiques de l’enfermement. C’est l’objectif des deux cycles de conférences organisés les vendredis 27 février et 6 mars, par Quentin Urban, maître de conférences habilité à diriger les recherches en droit, à l’École régionale d’avocats du Grand Est (ÉRAGE).
Un premier cycle sera consacré à l’univers carcéral en démocratie, puis le vendredi 6 mars interrogera l’enfermement en régime autoritaire. Conférences, dialogues, témoignages, expositions, projections et formes lyriques rythmeront ces deux journées. Les échanges porteront notamment sur l’incarcération des mineur·es et des femmes, la place des troubles psychiques en prison ou encore des sens de la peine. « Notre but n’est pas de dénoncer, mais d’émouvoir pour réfléchir », souligne Quentin Urban.
Réintroduire la pensée de Foucault
Michel Foucault a été « le déclencheur d’une profonde et vigoureuse réflexion collective sur l’emprisonnement des déviants », rappelle Quentin Urbain. « La force et la pertinence de (ses) écrits semblent avoir été effacées par le temps politique. » Il explique :
« Depuis que Michel Foucault a écrit ces livres sur l’emprisonnement, il y a eu deux périodes distinctes : d’abord une politique progressiste avec Robert Badinter dans les années 1980, puis une dégradation politique au début des années 2000 jusqu’à aujourd’hui. Même sous François Hollande, il n’y a eu aucune tentative pour essayer d’améliorer ce système-là. La seule logique a été de multiplier la construction de prisons. »
Dans le sillage de Surveiller et punir, ces rencontres visent à réinterroger la notion d’emprisonnement et questionner les politiques carcérales. « Les prisons sont un reflet de la société, insiste Quentin Urban. Si celle-ci est dégradée, le système carcéral l’est encore plus. »


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