Écolo et minimaliste, Fanny est la petite Youtubeuse qui monte à Strasbourg
Ecolo tous les jours
Réduire son empreinte carbone sans grelotter, concilier respect de la nature et vie urbaine... Dans ce blog, nous allons tester si l'écologie peut survivre au quotidien.
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Écolo et minimaliste, Fanny est la petite Youtubeuse qui monte à Strasbourg

actualisé le 19/01/2019 à 14h00

Yeux clairs, sourire franc, visage ouvert et propos éco-friendly, Fanny Huet, 28 ans, est la petite Youtubeuse minimaliste et écolo qui monte à Strasbourg. Ce qu’apprécient les 1 800 abonnés de sa chaîne Greener Life Better Life : ses vidéos sur l’écologie, le minimalisme, les voyages et entrepreneuriat. Parcours et astuces pour se faire une (petite) place au chaud sur la célèbre plateforme de contenus.

Installée depuis fin 2015 à Strasbourg, avec son compagnon et son chat Mao, Fanny vit dans un appartement lumineux, au cœur du quartier de Neudorf. Passée par un job en intérim dans les ressources humaines, elle est au chômage depuis 18 mois. « Une pause pro pour découvrir ce que je veux vraiment faire de ma vie », assure-t-elle, après des mois de recherches infructueuses. Progressivement, se dessine pour Fanny la création de sa propre entreprise dans le domaine de la cosmétique bio.

Dans l’intervalle : une chaîne Youtube à faire tourner, sur laquelle elle évoque son quotidien de jeune diplômée en recherche d’emploi, ses alternatives écologiques aux produits de consommation courante, sa quête minimaliste et le désencombrement de son espace de vie.

« La vidéo, une alternative au blog, plus naturelle pour moi »

Elle raconte :

« J’ai créé ma chaîne Youtube en septembre 2017. Avant ça, j’avais un blog, auquel on ne peut plus accéder pour le moment. J’y parlais un peu de tout, de zéro déchet, de compte-rendus de voyage, de recettes… J’avais d’abord créé un compte Instagram avec lequel je suivais des personnes dans cette mouvance du Zéro déchet (« le ZD ») et du minimalisme, et je me suis dit que moi aussi, j’avais des choses à dire sur ces sujets ».

« Cette prise de conscience minimaliste, je l’ai eu quand on a déménagé de Paris pour s’installer à Strasbourg. On vivait dans 18 mètres carrés, mais quand mes parents sont arrivés pour nous donner un coup de mains, alors qu’on avait déjà rempli des valises complètes de vêtements, on a encore passé une journée entière à faire des dizaines de cartons ! J’ai trouvé incroyable d’avoir autant d’objets dans si peu d’espace, je me suis dit qu’il y avait un truc qui clochait. Dans la même période, j’ai découvert le livre de Marie Kondo (dont des émissions sont depuis peu disponibles sur Netflix) et ça m’a fait tilt, j’ai commencé à faire du tri. »

Fanny Huet, Youtubeuse écolo et minimaliste (Photo MH / Rue89 Strasbourg)

 

Rapidement, Fanny prend conscience que le blog n’est pas le média idéal pour elle.

« Il y a des gens qui sont très doués pour écrire ; moi, les idées me venaient facilement, mais j’avais du mal à les mettre en ordre par écrit. La vidéo m’est apparue comme une bonne alternative, plus naturelle pour moi : tu parles comme te vient ta pensée et tu peux couper au montage. »

« Minimalisme, cosmétique naturelle et écologie au sens large »

« J’ai découvert Youtube quand j’ai arrêté de bosser à la mi-2017. Je me suis intéressée aux chaînes sur le minimalisme, la cosmétique naturelle, les achats de seconde main, le ZD et l’écologie au sens large. Quelques-unes de celles que je suis : Friendly beauty, Easy BlushEt pourquoi pas Coline, Marie du blog Shaker maker ou The Minimalists, mais aussi de la vulgarisation scientifique, avec DirtyBiology ou Primum non nocere, des chaînes d’histoire, des humoristes et quelques grands Youtubeurs français, comme Amixem ou Lola Dubini… »

Fanny crée sa chaîne dans le prolongement immédiat de son blog et lui donne le même nom, Greener life better life (littéralement, « vie plus verte, vie meilleure »). Dans sa première vidéo, elle conseille d’être curieux, d’apprendre à fouiller sur internet, à s’autonomiser dans ses choix, plutôt que de se fier aux influenceurs de Youtube et d’ailleurs, « sans se poser de question ». « Le fond de cette première vidéo me tient à cœur, même si la forme pourrait être revue et corrigée », s’amuse-t-elle.

Sur le plan technique, elle tâtonne à ses débuts.

« Je tournais avec un appareil photo sans écran retour, sans voir ce que ça donnait. Et puis, j’avais fait du montage une seule fois pendant mes études, je ne maîtrisais pas trop. J’ai appris au fur et à mesure, en regardant beaucoup de tutoriels sur Youtube. Il m’arrive de monter des vidéos tournées du premier coup, avec pas mal de montage, ou de tout effacer et tourner à nouveau, quand je me rends compte que la luminosité est nulle ou que j’ai une salle tête… »

Passer la barre des 1000 abonnés

Après 18 mois de publications, à un rythme assez soutenu, la chaîne de Fanny compte 1 800 abonnés. Comment a-t-elle passé la barre des 1 000 ?

« L’été dernier (2018), j’ai publié tous les jours une vidéo sur le thème du minimalisme, du désencombrement et du tri, avec à chaque fois un focus sur une catégorie d’objets, vêtements, fournitures scolaires, produits cosmétiques, denrées alimentaires… En tout, 31 vidéos ! C’était un gros boulot qui, grâce aux algorithmes de Youtube, m’a permis de gagner en audience assez vite. Le secret : plus tu postes et plus tu es présent sur un thème qui plaît (le minimalisme), plus tes vidéos – qui doivent être assez courtes – deviennent visibles ! »


Ce fonctionnement de Youtube, Fanny l’a compris au travers des retours d’expériences d’influenceurs très présents… sur Youtube.

« À partir de 1 000 abonnés, explique la jeune femme, Youtube procède automatiquement à un scan de ton compte et évalue si tu peux rentrer dans ce que l’entreprise appelle un « système de partenariat », en monétisant tes vidéos. Avec ce système, en 6 mois, j’ai gagné 100€. Même les gros Youtubeurs n’en vivent pas, ce sont les contrats passés avec des marques qui leur rapportent le plus. »

Si Fanny n’a pas de réel plan de développement pour sa chaîne, elle compte intégrer Youtube dans le marketing autour de sa création d’entreprise, un sujet qu’elle aborde de temps en temps dans ses vidéos.

« Monter sa boîte, ça peut faire peur aux gens, alors j’essaie de donner des pistes, d’inciter à réfléchir sur ce qu’on veut vraiment faire, sur le fait de se lancer ou pas. Je poste des liens, je parle des réunions Pôle Emploi auxquelles j’ai assisté, du mini-bilan de compétences que j’ai fait… »

Echanges, compétences techniques et créativité

Future carrière, réflexion sur les débouchés des Bac+5 en commerce, marketing ou communication (sur le modèle de la vidéo de Marina), mais également Black Friday, gardes-robes capsules ou routines beauté, les thèmes qu’aborde Fanny se veulent assez éclectiques, à l’image de ses préoccupations écolo-perso-pro : « Je me creuse pas mal la tête pour trouver des sujets qui ne soient pas des énièmes redites sur Youtube ». Sur le plan technique, « comme je n’ai ni lumière, ni micro, juste une appareil photo qui filme, l’enregistrement n’est pas très long ». Un peu de montage, un upload sur la plateforme web et c’est bouclé.

Outre la mise en forme de ses idées que nécessite la création de contenu, Fanny apprécie les commentaires de ses abonnés, « en moyenne une dizaine sous chaque vidéo », avec des questions auxquelles la jeune femme « essaie de répondre » systématiquement.

« Ces échanges me motivent à continuer, c’est cool de pouvoir instaurer un dialogue : parfois, dans mes vidéos, je demande des conseils et certains me répondent, nos discussions sont assez constructives… »

Pas de plan de com’ pour faire grossir sa communauté, mais une expérience et une régularité qui paient sur Youtube. Et dans la vraie vie !

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L'AUTEUR
mariehoffsess
Journaliste et naturopathe, je suis co-fondatrice de Rue89 Strasbourg.

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