« Émergence », bientôt une invasion de zombies à Strasbourg
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« Émergence », bientôt une invasion de zombies à Strasbourg

actualisé le 12/02/2014 à 15h58

La mini-série Émergence proposera 7 épisodes de 26 minutes

La mini-série Émergence proposera 7 épisodes de 26 minutes (Document remis)

Un pilote de la mini-série Émergence sera tourné d’ici septembre à Strasbourg. Le sujet des 7 épisodes prévus : des zombies envahissant « une France en décomposition ». Rencontre avec ceux qui sont à la base du projet, Frédéric Burgun, producteur, et Grégory Rodriguez, réalisateur.

Invasion de zombies à Strasbourg. La série dont le pilote est prévu pour septembre mettra en scène une invasion de zombies dans la capitale de l’Alsace. Les spectateurs seront amenés à suivre les personnages dans ce que Grégory Rodriguez et Frédéric Burgun, qui travaillent tous deux pour Bix Film, décrivent comme une « série de fuite ou l’on suit des personnages perdus dans une France en décomposition ».

Une invasion et, en filigrane, une critique de la société à la manière de Georges A. Romero, que les promoteurs d’Emergence revendiquent comme influence majeure. La série se veut fantastique, mais pas que. Le réalisateur parle pour l’équipe de 4 personnes qui écrit le scénario :

« Les zombies pourraient représenter l’autre avec un grand « A ». De leur côté, les survivants devront apprendre à vivre ensemble malgré leurs différences et leurs préjugés. L’épidémie dans la série survient comme la crise que l’on vit actuellement et qui redistribue les cartes. A une époque où les problèmes sociaux ressurgissent, les gens doivent rester unis malgré leurs divergences pour ne pas laisser s’installer les extrêmes. C’est exactement la même chose dans la série. »

Le réalisateur et le producteur de la série, lors du tournage d'une vidéo de présentation de l'équipe artistique (Document remis)

Le réalisateur et le producteur de la série, lors du tournage d’une vidéo de présentation de l’équipe artistique (Document remis)

10 000 vues en 24h pour le prologue

À la base de ce projet, Grégory Rodriguez et Frédéric Burgun, amis depuis 10 ans et tous deux Strasbourgeois. Le premier avait proposé il y a plusieurs années cette idée et un court-métrage avait été réalisé. Il avait fallu à l’époque réécrire le script, car de l’aveu du producteur Frédéric Burgun, « ça manquait de zombies ». Une des passions que partagent les deux amis.

Après ce court-métrage, l’envie d’en faire une mini-série a émergé, tant le sujet leur semblait avoir du potentiel. Et c’est comme ça que l’histoire a démarré, avec notamment la diffusion du prologue en 2012, qui a, grâce à un partenariat avec Dailymotion, a atteint la dizaine de milliers de vues en 24 heures. Frédéric Burgun raconte les prémices de l’aventure :

« Je m’étais à l’époque rendu aux Cross Video Days à Paris et j’y avais fait la rencontre d’Alba Gautier qui est la responsable des contenus ciné et télé pour Dailymotion. Je lui avais soumis le projet, ça lui avait plu, et on a été placé en Une sur le site. Un beau coup de pouce. Dailymotion, c’est français, et pour une série qui veut parler des problèmes sociaux de notre pays, c’est plutôt logique. »

Réalisée sous le format 7×26 (7 épisodes de 26 minutes), une seule saison d’Emergence est prévue. La démarche est qualitative, « le but n’est pas de tirer en longueur », note Grégory Rodriguez.

Grégory Rodriguez (à gauche) et Frédéric Burgun (à droite) (Phot T.M / Rue89 Strasbourg)

Grégory Rodriguez (à gauche) et Frédéric Burgun (à droite) réalisateur et producteur de la série (Photo T.M / Rue89 Strasbourg)

180 000€ de budget et une chaîne de télé espérée

Une volonté de travailler avec des équipes françaises et même plus particulièrement alsaciennes – 90% de l’équipe de tournage sera de la région – mais également un besoin de financement. Pour le pilote, le budget est de 180 000€. Une grosse somme, mais Frédéric Burgun explique :

« Si on souhaite réunir cet argent, c’est parce que notre but est aussi de pouvoir payer tout le monde. C’est le meilleur moyen d’avoir une équipe solide… Et puis la somme n’est pas si énorme que ça. En France, pour un pilote, ça tourne généralement autour des 900 000€. »

Pour ce faire, l’équipe a tout d’abord fait appel au don communautaire. Après une longue prospection, c’est le site Ulule qui a été choisi, explique le producteur. En une dizaine de jours, 3 500€ ont été réunis sur les 12 000€ désirés et le don est encore possible jusqu’au 31 mars. Par ailleurs, l’équipe a également déposé un dossier de financement à la Région Alsace, à hauteur de 40 000€. Le Département d’audiovisuel et du cinéma a également été sollicité.

Si le budget le permet, l’équipe, qui est aussi composée de François Chaminade, un universitaire qui vient apporter sa touche dans la narration, et de Pierre Loechleiter, directeur artistique, compte bien démarcher auprès de certaines chaînes de télévision pour proposer la série. Sur ce sujet cependant, le producteur ne donne aucun nom :

« Je ne préfère rien dire la-dessus, j’aurais l’impression de mettre la charrue avant les bœufs. Chaque chose en son temps. D’abord on va tourner et monter le pilote. Là, et seulement là, on ira faire du porte à porte auprès des chaînes de télévision. »

Une communauté appelée à grandir

Pour le moment, la page Facebook de la série rassemble 1 500 fans. Mais cette communauté devrait prendre de l’ampleur.  C’est l’entreprise Data Projekt, basée à Schiltigheim, qui a pour mission de développer la stratégie digitale de la série. Une application vient d’ailleurs d’être lancée et propose de remplacer les « J’aime » du réseau social de Mark Zuckerberg par des « Je mords », pour coller à l’esprit de la série. Une carte du monde montrera la diffusion de l’épidémie et des statistiques seront accessibles aux internautes. Un coup de projecteur non négligeable pour la toute jeune série qui veut contaminer l’Alsace avant de s’attaquer à l’Hexagone.

L'AUTEUR
Thomas Mangin
Thomas Mangin
Etudiant en troisième année de journalisme à l'université de Lorraine, je suis stagiaire à la rédaction de Rue89 Strasbourg pour une durée de six semaines.

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