En mars, le festival des Giboulées tombe sur toute l’Eurométropole
Culture 

En mars, le festival des Giboulées tombe sur toute l’Eurométropole

actualisé le 08/03/2020 à 12h56

Du 13 au 21 mars, le TJP, centre dramatique national de Strasbourg présente sa biennale, les Giboulées. Dans plusieurs salles de l’Eurométropole, 86 représentations sont programmées en huit jours, du théâtre aux arts plastiques en passant par la danse et la marionnette.

Les giboulées sont des averses brèves et drues qui annoncent le printemps. Avec 26 spectacles pour 86 représentations données en huit jours, le festival des Giboulées porte bien son nom. Présenté tous les deux ans par le TJP , l’événement propose une profusion de spectacles et d’expériences artistiques. Ils explorent les trois grandes thématiques chères à ce théâtre : le corps, l’objet et l’image. Les représentations auront lieu dans plusieurs salles de l’Eurométropole.

Des objets imprévisibles

Le TJP est connu pour être l’un des seuls centres dramatiques nationaux en France à se consacrer à la marionnette. Dans les spectacles des Giboulées, la marionnette sera donc naturellement présente, et cela sous différentes formes. Avec Kazu et les hommes volants les pantins seront mis au service d’une expérience poétique sensorielle et porteront, avec le marionnettiste, une histoire fantastique. Mais les objets à figures humaines ou animales ne sont pas les seuls à prendre vie dans ces spectacles.

Dans « Kazu », Juan Perez Escala interagit avec ses créations et leur insuffle une vide propre. (Photo de Julie Fauglas)

Il n’est pas facile de placer des limites claires à la marionnette. Le pantin est identifiable facilement, mais où s’arrête-t-il ? Dans À poils ce sont des fibres qui servent de matière première au jeu. Lorsque les artistes de Ora (Orée) accumulent sur le plateau des tissus, des bâtons, des débris vagues, des peluches, est-ce encore de la marionnette ? Qu’importe. Le grand avantage des spectacles des Giboulées est de ne se pas poser la question du registre ou du cloisonnement des pratiques. Tout ce qui est utilisable est utilisé, pourvu que cela serve le spectacle.

Les solides motards du spectacle « À poils » s’adoucissent à mesure que leur pilosité s’accroit. (Photo de la Compagnie S’appelle Reviens)

Ce que je recherche c’est une belle image

Avec un théâtre qui se détache du texte, même s’il peut s’en inspirer (comme C’est un secret qui est une adaptation libre de L’Oiseau bleu de Maeterlinck) aucun risque de tomber sur un spectacle qui se suffit à lui-même en se contentant de servir le texte. Ce qui prime dans toutes ces œuvres c’est l’expérience du spectateur. En travaillant sur la problématique corps-objet-image, les artistes mettent au cœur de leurs préoccupations ce qui se passe sur le plateau en relation avec ce qui se passe dans la salle. Les incidents techniques eux-mêmes ne sont plus des erreurs mais des évolutions imprévisibles du décor vivant.

Le conte du spectacle « C’est un secret » joue sur les ombres pour évoquer plutôt que de tout montrer en pleine lumière. (Photo du Théâtre de Nuit)

Des spectacles qui assument le risque de leur nature vivante, donc de leur imprévisibilité, cela rassure et rassemble. L’absence d’une technicité trop clinique au profit d’un artisanat organique rend l’expérience chaleureuse. Dans 間 (Ma, Aïda…) deux artistes tentent de donner 36 spectacles en l’espace d’une heure. La course est intense, comme pour épuiser le théâtre et le pousser dans ses limites. C’est aussi en mettant ainsi en avant les mécaniques des spectacles qu’il est possible de les dédramatiser, de les rendre plus humains. Les Giboulées, dans le hasard du plateau, invitent au rassemblement des gens.

Pour Camille Boitel et Sève Bernard le temps leur est compté. Pour réussir leur défi il leur faut utiliser toutes sortes de dispositifs scéniques. (Photo de la compagnie L’Immédiat)

Explorer et sortir de sa zone de confort

Plusieurs dispositifs sont mis en place pour faire vivre cette semaine avec intensité. Les Précipités d’Expériences notamment proposent de passer dans les coulisses de la recherche artistique. La première séance testera les possibilités de l’obscurité et du carton. La seconde mettre à l’épreuve des bouteilles de verre, des nuages, et des masques. Il sera possible de voir les artistes au travail, dans le doute comme dans la découverte des bonnes idées. L’École du risque, elle, questionnera le rapport au risque et à sa prise volontaire. Le spectacle sera créé en 48 heures après une exploration urbaine de Strasbourg par un groupe d’amatrices et d’amateurs. Rien ne sera sûr, rien ne sera contrôlé, et c’est ce risque qui fait tout le sel.

Les performeurs font du spectacle « Ora (Orée » un amoncellement d’objets hétéroclites. (Photo de Pascale Cholette)

Le festival sera aussi sur les ondes, grâce aux efforts conjoints de Radios Pratique(s), la radio éphémère du TJP, et Radio en construction (90.7 FM). Des missions seront données en public pour discuter des spectacles et des thématiques du festival. La programmation propose des spectacles accessibles pour tous les âges, à partir de 3 ans. Un festival où se rendre en famille donc.

L'AUTEUR
Tristan Kopp
Rédacteur transmédia. Je milite pour un théâtre accessible et une culture au service du social.

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