Entre l’urne et la mosquée, des élections turques à Strasbourg sous tension
Politique 

Entre l’urne et la mosquée, des élections turques à Strasbourg sous tension

actualisé le 20/06/2018 à 17h19

Ce mardi 19 juin, le premier tour des élections anticipées turques se termine pour les Turcs de la diaspora. À Strasbourg, elles se sont déroulées à Hautepierre… dans les locaux de l’organisation islamique Ditib. De chaque bord politique, les électeurs voient dans ce double scrutin une échéance cruciale : dernière chance pour les uns de sauver la démocratie laïque et ultime étape pour les autres pour mettre en place d’un régime nationaliste et conservateur. Reportage.

Samedi 9 juin, quartier de Hautepierre à Strasbourg, les voitures défilent dans la rue Thomas Mann. Par petits groupes, les électeurs turcs rejoignent la queue devant le bâtiment de l’association islamique Ditib. Passé le premier vigile, ils traversent une tente et font face à l’entrée du bureau de vote. Un drapeau turc flotte devant la fenêtre du premier étage. Les soutiens du HDP, pro-kurde, grincent des dents face à ce « symbole du nationalisme turc. »

Samedi 9 juin, peu avant 21h, le bureau de vote de la rue Thomas Mann est sur le point de fermer. (Document remis)

Élections à hauts risques pour Erdogan

Du 7 au 19 juin, la diaspora turque d’Europe est appelée à voter pour le premier tour des élections législatives et présidentielles anticipées en Turquie. Là-bas, le premier tour du scrutin se tiendra le 24 juin. Si l’actuel président, Recep Tayyip Erdogan se veut favori, la recomposition du paysage politique turc pourrait le mettre en difficulté.

Les laïcs du parti kémaliste CHP portent le candidat d’origine sunnite Muharrem Ince dont les meetings font salles combles à travers tout le pays. Le HDP pourrait quant à lui passer la barre des 10% de voix aux législatives, exigé pour siéger au parlement. Son candidat, Selahattin Demirtaş, continue de passionner les foules… depuis la prison où il est incarcéré sans procès depuis deux ans.

Par un jeu d’alliance inédit, le CHP, associé au parti de droite islamique Saadet et au nouveau parti Iyi, issu d’une scission des nationalistes du MHP, pourrait imposer un second tour à Erdogan, ce qui serait déjà perçu comme une victoire. Le parti kémaliste affiche son optimisme, comptant sur un report des voix du HDP sur son alliance d’opposition. Dans ce contexte, le score du HDP pourrait être déterminant pour l’issue des élections.

Des électeurs de tout l’Est de la France

Les citoyens passent au détecteur de métaux, puis tout se passe très rapidement. Il y a du monde et la salle est petite pour accueillir plus d’une dizaine d’isoloirs et sept tables où les électeurs glissent le bulletin dans l’urne. La moindre personne statique se voit sommée :

« Vous avez voté ? Si oui, il faut sortir. »

Face à chaque urne, deux fonctionnaires « neutres » et trois observateurs de l’AKP, du CHP et du MHP (les principaux partis au parlement turc) scrutent le déroulé du vote (Document Remis)

Fayik Yagizay assiste aux élections en tant qu’observateur pour le parti pro-kurde HDP. Il n’a aucune critique à l’égard du lieu de vote. Car l’actuel consulat, avenue des Vosges, est trop petit pour accueillir les électeurs du Grand Est et d’au-delà. Depuis 2014, la diaspora turque peut voter aux élections nationales turques. Avec 82 000 inscrits, Strasbourg est le deuxième plus gros point de vote de l’Hexagone pour ces élections. Le long du trottoir, les voitures portent des plaques d’immatriculations du Haut-Rhin, d’Allemagne ou de Moselle. Ce représentant du HDP au conseil de l’Europe exprime sa confiance envers le consul de Turquie à Strasbourg :

« Le consul est très objectif et il ne veut pas de manipulation. Je suis sûr qu’il ne veut aucune fraude pendant ce scrutin. »

Vote dans les locaux d’une association islamique

Lundi 11 juin en fin de matinée, un tract pro-Erdogan est accroché à côté de la porte d’entrée du lycée privé et confessionnel Yunus Emre. À quelques pas, le nouveau consul de Turquie à Strasbourg veille, tout sourire, dans le bâtiment de Ditib, transformé en local du consulat. Il s’excuse : « Je ne vous offre pas de café, la machine est en panne. » Le distributeur de boissons semble en état de marche. Mais personne n’ose l’utiliser pendant le Ramadan.

Le diplomate, en poste à Strasbourg depuis à peine six mois, a en charge une circonscription qui s’étend sur tout le Grand-Est, ainsi que la Franche-Comté et une partie de la Bourgogne. Il dément tout mélange entre politique et religion, même si les urnes sont installées dans les locaux de l’administration confessionnelle de l’État turc :

« L’association Ditib envisage de démolir ce bâtiment. Ce n’est pas un bâtiment religieux. Tous les partis et les électeurs viennent sans problème. Nous avons pris des mesures de sécurité. On applique toutes les règles électorales : pas de symbole de partis politiques, pas de symbole de Ditib. En semaine, cinq bureaux de vote sont ouverts, sept le week-end. Sur chaque bureau de vote, cinq personnes siègent : deux fonctionnaires et des représentants des trois partis qui ont recueilli le plus de vote lors des législatives de 2015 : l’AKP, le CHP et le MHP. Les partis Saadet et HDP sont là en tant qu’observateurs. »

En semaine, cinq bureaux de vote sont mis à disposition des électeurs turcs à Strasbourg. Pour faire face à l’affluence du week-end, le consulat ajoute deux urnes supplémentaires. (DM)

« On vous reproche de ne pas être de vrais Turcs »

À la sortie du lieu de vote, Samal guette depuis plusieurs heures. Ce militant kurde pro-HDP de 66 ans vient de Saint-Avold en Moselle. Il a prévu de passer la semaine à surveiller le local de l’association Ditib, la mosquée et le lycée Yunus Emre. Pour lui, les locaux réquisitionnés pour l’élection ne sont pas appropriés :

« Cela dérange plein de monde que ça se passe ici évidemment. Ditib met une pression sur la population. Pendant le Ramadan, ici c’est mal vu si on boit ou si on fume. On vous reproche de ne pas être de vrais Turcs. Des gens ne sont pas à l’aise avec cette pression. Ce n’est pas un plaisir de venir voter. »

Samal soupçonne les tenants locaux de l’AKP de distribuer « des petits cadeaux » aux électeurs venus grâce aux mini-bus payés par le parti présidentiel, comme l’an dernier lors du référendum :

« Qui sait ce qu’il se passe à l’intérieur de la mosquée voisine de Ditib ? »

Samal souhaite rester anonyme :

« Je n’ai pas pu aller en Turquie de 1982 à 2011 et j’aime mon pays. Ici, j’ai juste le droit de surveiller les islamistes, qui eux sont assis derrière les tables et payés. »

Invitation de Şaban Kiper… sous conditions

Pendant notre échange avec Samal, Şaban Kiper, porte-parole du Ditib à Strasbourg et ex-conseiller municipal de Roland Ries (PS) est passé en voiture. Il nous téléphone quelques dizaines de minutes plus tard alors que nous avons déjà quitté les lieux :

« Alors comme ça vous venez à Ditib et vous ne nous rendez pas visite ? Vous auriez dû vous présenter, on vous aurait offert un thé. »

De retour mercredi 13 juin, en fin de journée, nous espérions honorer sa proposition et saisir l’ambiance de rupture de jeûne à la mosquée voisine du Ditib. Un grand dîner y est organisé ce soir. Mais Şaban Kiper a changé de ton : hors de question d’y poser des questions politiques, Ditib n’a rien à voir avec les élections. Si l’on veut assister à une soirée de rupture de jeûne, nous sommes les bienvenus à la mosquée de Bischwiller, à 30 minutes de là. Nous restons donc à proximité du lieu de vote strasbourgeois.

« À la mosquée, il faut séparer le politique du religieux »

Sur le trottoir d’en face, un jeune attend à l’entrée de la mosquée. À 22 ans, il se présente timidement comme « le vice-président des jeunes de la mosquée de Ditib », un groupe sans existence légale. Elle permet à des jeunes de faire une sortie karting ou de visiter la mosquée de Kehl. Aslan refuse de donner le nom de son candidat de cœur mais exprime son amour pour le pays :

« Moi, je suis Turc et fier de l’être. Il n’y a qu’un vote possible pour la Turquie. On est ici pour la Turquie. »

L’ami d’Aslan arrive. Il est aussi très impliqué dans les activités de la mosquée. Interrogé sur la place des élections au sein de l’établissement religieux, le jeune répond sans hésitation :

« À la mosquée, il est indispensable de séparer le politique et le religieux. Il y a différentes sensibilités politiques ici. Il faut rassembler tout le monde. »

« La mosquée est un lieu de propagande pro-Erdogan »

Mais quelques mètres plus loin, la famille de Sara n’est pas du même avis. « La mosquée est un lieu de propagande pro-Erdogan », affirme sans ciller la jeune militante pro-kurde. Après avoir traduit la conversation à son père, l’homme acquiesce tout en continuant de fumer sa cigarette. Cette membre du mouvement de la jeunesse Kurde va même plus loin dans ses accusations :

« En sortant d’ici, j’ai entendu des jeunes dire qu’ils allaient vendre la photo de leur bulletin de vote pour 100 euros. Les électeurs de l’AKP sont payés s’ils donnent une preuve de leur vote… »

Un journaliste kurde présent sur place n’est pas du même avis :

« Ils ne vont pas magouiller ici mais l’année dernière, lors du référendum qui se tenait ici aussi, on a vu passer des cartons de cadeaux pour les votants. »

Quant au HDP, malgré ses faibles moyens, il affrétera des bus depuis Saint-Avold dimanche prochain, une pratique de tous les partis. Des covoiturages sont aussi organisés. Pendant cette discussion, un homme rejoint sa voiture les bras chargés d’un grand carton. Difficile de ne pas penser aux cartons estampillés « Evet » (oui en turc) du dernier référendum, dont nous ont parlé les kurdes. Mais l’homme démarre avant que nous puissions l’interroger.

« Les gens se méfient des journalistes »

Nous tentons de parler avec une personne chargée du bon déroulement de la queue à l’extérieur. Mais inutile d’insister, il ne veut pas s’exprimer. À ses côtés, un homme en costume répond à sa place :

« On est autour des 3 000 votants par jour en semaine. Les gens se méfient des journalistes à cause de tous les articles orientés qui paraissent (Le Point avait mis une photo d’Erdogan titrée « Le Dictateur ? », ndlr). Il y a du mouvement en continu pendant toute l’année, mais ils ne s’intéressent aux Turcs que pendant les élections. »

Nous avons affaire à Yasin Sayin, ex-président de la branche jeunesse de l’Union des Européens Turcs Démocrates (UETD) et actuel porte-parole de l’UETD Alsace, l’organisation qui a géré tous les meetings gouvernementaux depuis 2015 en France. Il est venu pour le dîner de Ditib. Peut-être l’occasion de comprendre pourquoi il n’y a pas eu de meeting électoral de l’AKP en France cette année. « Vu que c’est une élection anticipée, il n’y a pas eu d’occasion de faire un meeting », affirme-t-il. Il ajoute :

« En octobre 2015, ce n’était pas un meeting électoral. Il était venu rencontrer la population pour la mobiliser contre le terrorisme. »

« Il », c’est Erdogan, que peu de monde ici nomme directement :

« Les rencontres se font toute l’année en fonction des emplois du temps des personnalités politiques. Ils font assez d’interventions en Europe, pas besoin d’intervenir pour les élections spécialement. »

Au passage, Yasin Sayin affirme que la visite d’Erdogan à Sarajevo, la seule en Europe depuis l’annonce des élections anticipées, n’était pas non plus une visite de campagne :

« Il s’agissait de l’assemblée générale de l’UETD Europe – qui a changé de nom et est devenue l’UID. Il était l’invité d’honneur. L’UETD n’a pas de lien direct avec l’AKP. Le président de la République prend en considération la diaspora. Notre association regroupe des millions de Turcs en Europe, d’où sa considération pour le président de la République. Mais le contact sera maintenu de la même manière avec le prochain président, même s’il est de gauche. »

Macron et Erdogan : « C’est pareil »

Il est bientôt 21h, et les derniers électeurs du jour arrivent encore. Mehmet et sa famille sont venus ce soir de Metz à trois voitures pour donner leurs voix à Erdogan et l’AKP. Le fils défend l’actuel président turc :

« Tout se joue sur la personne à la tête du pays. Après, il y a toujours des insatisfactions. Nous on a voté Macron à l’élection présidentielle française. Mais est-ce que les gens sont tous contents maintenant ? C’est pareil. Moi je vote pour celui qui fait du bien à mon pays. Il n’y a qu’à voir le développement de la Turquie depuis ces 15 dernières années. Je regrette toute la désinformation dans les médias. Moi je regarde la télé turque et je m’informe beaucoup sur Internet, via Google Actu. »

Nous parlons au trentenaire des rumeurs de rémunérations des photos de vote AKP. Cela le fait rire  :

« Ah bon? Ah, si j’avais su j’aurais fait des photos ! »

Une jeune femme voilée de la famille intervient :

« Les photos, c’est simplement pour se montrer sur les réseaux sociaux. »

L’achat de voix : « C’est du passé tout ça »

Dimanche 17 juin, vers 17h, le pic de l’après-midi est déjà passé. Un policier posté à l’entrée de la rue Thomas Mann régule le trafic important. Il y a quelques minutes à peine, la queue des électeurs s’étendait presque jusqu’à la sortie de l’autoroute, nous confie-t-il. A cette heure, elle atteint encore la rue Henri Bergson. Quant aux voitures et autres cars, ils sont garés un peu partout dans les rues attenantes jusqu’à la sortie d’autoroute.

La queue devant les locaux temporaires du consulat de Strasbourg à Ditib dimanche 17 juin, lors du premier tour des élections anticipées turques pour la diaspora. (Photo : CG / Rue89 Strasbourg / cc)

Salim et sa famille sont venus de Belfort. Ils ont attendu trois heures pour pouvoir mettre leurs bulletins dans l’urne. Ils retournent à leurs voitures les bras chargés de sacs de fruits et légumes glanés à la kermesse de la mosquée de Ditib, qui fête la fin du Ramadan. Le père s’amuse des accusations de corruption des électeurs :

« On n’a pas acheté nos voix. Nous avons payé toute cette marchandise, il ne faut pas croire tout ce qu’on raconte ! C’est du passé tout ça. »

Pour répondre aux détracteurs du président turc, Salim prend sa famille en exemple :

« Il ne faut pas écouter tous ceux qui disent qu’Erdogan est un dictateur vous savez ! Regardez par vous-même : ma femme est voilée, ma sœur ne l’est pas, nous sommes libres ! »

« On risque de perdre la démocratie et la laïcité »

Murat et Fatma ont eu la chance de ne pas faire la queue, grâce à la carte d’invalidité de Fatma. Ils sont venus de Montbéliard voter pour le parti CHP. Pour le couple, ces élections sont cruciales pour l’avenir du pays :

« La Turquie traverse une période très dure. On risque de perdre la démocratie et la laïcité si on reconduit le gouvernement islamiste qui est à la tête du pays depuis 16 ans. Nous sommes des musulmans sunnites qui défendons la laïcité. Ne croyez pas qu’il faut être kurde pour défendre la démocratie en Turquie. »

« Mais il n’y en n’a pas beaucoup comme nous qui viennent voter », regrette Fatma. Le couple se fait peu d’illusions sur l’issue du scrutin. Le quinquagénaire confie  :

« Les scrutins précédents ont été reconnus truqués déjà, et c’est passé quand même. Sur Facebook, j’ai vu des vidéos de bulletins déjà tamponnés avant l’isoloir. Alors bien sûr on a des doutes. Mais on vote, on n’a pas d’autre choix, même s’il faut qu’on fasse 400 km aller-retour, qu’on paie l’essence, la nourriture pour le voyage. J’ai mal au cœur pour les Turcs qui vivent en Turquie alors que ces Turcs ici qui votent pour des islamistes vivent en démocratie. »

« On a toujours peur d’être espionnés »

Avec la même motivation, Çetin est venu avec sa fille, longue chevelure à l’air et sa mère, fichu noué sur le haut de la tête. En cette fin d’après-midi, le trio de Schirmeck tente sa chance pour la troisième fois :

« Tout à l’heure, il y avait vraiment trop de monde. »

Ils sont Alévis et viennent voter CHP, pour marquer leur attachement à la démocratie et à la laïcité et leur rejet de « l’individu » qu’ils ne veulent plus voir au pouvoir. Çetin admet avoir peur de le nommer :

« Oui, il y a une chape de plomb autour de lui et de l’AKP. Même si on n’a pas les mêmes fous qu’en Allemagne, on n’a toujours peur d’être espionnés et de ne plus pouvoir retourner en Turquie. »

Çetin et sa famille aussi ont des doutes sur l’utilité de leurs votes :

« On vote mais on ne sait pas ce qui va se passer derrière. »

Le père de famille est écœuré pour son pays d’origine :

« Ils sont plus pro-Erdogan ici qu’au pays. En Turquie, les gens sont fatigués, même dans le milieu de l’AKP. Là-bas, il n’y a plus de débat possible. Dans les cafés, les gens n’osent plus parler politique, c’est le mutisme. Et les usines ferment, les petits commerces ferment. J’en veux beaucoup à l’Europe et aux Etats-Unis de laisser ce dictateur en place au nom de leurs intérêts. »

Yulia : de la révolte de Gézi aux urnes de Hautepierre

En s’éloignant de la maille Athena, à l’arrêt de tram Ducs d’Alsace, nous tombons sur une jeune fille qui cherche son chemin. Longue chevelure à l’air, piercing au nez et épaules dénudées, l’allure de Yulia tranche avec celle de la majorité des femmes dans la queue du bureau de vote. Pourtant, l’étudiante kurde cherche bien Ditib, déterminée à aller donner sa voix à Selahattin Demirtas, leader du HDP.

Yulia a participé aux manifestations du parc Gezi en 2013 à Istanbul. La répression policière lui a valu à l’époque une longue convalescence. Elle a décidé de saisir l’occasion des études pour s’expatrier à Strasbourg, où elle apprend le français depuis deux ans. Elle se désole face à une diaspora majoritairement acquise au leader islamo-conservateur :

« Les Turcs en Europe votent pour que les Turcs en Turquie aient une mauvaise vie, c’est fou. J’ai découvert que les Turcs d’ici étaient pro-Erdogan, en parlant avec mes camarades de fac et en fréquentant les döners. Dans les restaurants turcs ici, les chaînes pro-Erdogan passent en boucle à la télévision, les gens sont fiers d’afficher leurs opinions politiques et de faire ouvertement de la propagande. »

La jeune femme s’arrête à une centaine de mètres de la rue Thomas Mann. « Vous croyez que toute cette foule est pro-Erdogan? », demande-t-elle intimidée tout à coup à la vue de la queue. Nous la laissons aller rejoindre ses compatriotes.

À la fin du scrutin pour les Turcs de l’étranger, le 17 juin, les enveloppes seront comptées et les urnes scellées seront rassemblées à Lyon le 20 juin. Puis elles seront acheminées par avion à Ankara pour y être dépouillées à la fermeture du vote en Turquie, le 24 juin. Les partis d’opposition sont déterminés à les surveiller tout au long de leur périple.

L'AUTEUR
Claire Gandanger et Guillaume Krempp

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