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Tribune : Noël, une réjouissance continue
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Tribune : Noël, une réjouissance continue

par Tribune.
Publié le 24 décembre 2014.
Imprimé le 28 novembre 2021 à 13:13
2 369 visites. 7 commentaires.
Alioune Bah (doc remis)

Comme chaque année, Noël est fêté par une majorité de Français, malgré des rapports à la religion très différents. Alioune Bah, docteur en philosophie à l’Université de Strasbourg et auteur de La réception théologique et philosophique de l’islam en Europe à l’époque moderne rappelle que le message de Noël est universel et doit dépasser le 25 décembre.

TribuneÀ l’heure où notre monde traverse de graves crises morales et des violences atroces, Noël (la Nativité) s’annonce comme un moment de paix, de joie, de partage et de réconciliation. Croyants des différentes religions, athées et agnostiques, tous célèbrent la gloire de Dieu, chacun à sa manière, mais toujours plus intensément. La joie de Noël est universelle.

Chacun entretient une relation avec Noël

Le chrétien d’abord, par la relation particulière qu’il entretient avec Jésus, mais aussi le musulman qui a un égal respect pour le Fils de Marie (« la Matrice du bijou divin ») comme pour Muhamed.

Aussi et bien encore l’athée et l’agnostique qui, dans leur négation et leur doute, ne peuvent effectivement se couper de la joie de Noël, parce qu’elle les enveloppe et ouvre l’horizon vers la reconnaissance de la générosité divine.

Les humains créent leur propres fléaux

La vie est faite de difficultés, de tracasseries, d’injustices et tant d’autres épreuves qui peuvent désorienter et conduire à des actes extrêmes. Le monde dans lequel nous vivons, avec ses crises à répétition, crises politiques, morales, religieuses, économiques, avec ses discriminations sociales, à l’emploi, au logement… est soumis à ces fléaux que les humains eux-mêmes créent et amplifient.

Et l’homme dans tout cela ? Et sa responsabilité dans cet état des choses ? Que fait-il de cet honneur ? Au monde offert à l’homme pour y demeurer dans la joie et la paix, y a succédé « l’immonde » guerre en Syrie, décapitations de journalistes, massacre de minorités religieuses chrétiennes et musulmanes, génocide de minorités ethniques, déplacement des populations… Ce monde qui ne représente plus rien d’humain inspire désormais crainte et tremblement.

Le respect de la différence est à promouvoir

C’est dans notre humanité qu’il convient de trouver les forces de résister au mal qui nous guette et auquel nous cédons facilement. À tous les niveaux, le respect de la différence est à promouvoir. C’est un préalable indispensable à la construction de la paix sociale durable, car ce sont des individus d’égale dignité qui construisent une société harmonieuse.

Au cours des trois dernières années de sa vie, c’est ce message d’harmonie et de paix que Jésus a enseigné à ses disciples et aux personnes disposées à l’écouter. La compréhension de l’autre et la construction de cette paix sont faites de concessions mutuelles, de dialogues ininterrompus entre les hommes, ce qui permet de se connaître et de s’apprécier au-delà des stéréotypes et des préjugés.

La compréhension de l’autre permet aussi de lutter contre l’intolérance et d’accepter l’autre pleinement dans sa différence comme promesse et richesse, et non comme un danger. Un proverbe africain enseigne que “l’homme ne sent jamais sa propre odeur mais répugne à la moindre odeur chez les autres”. C’est une leçon d’humilité et de tolérance.

Le Notre Père et la Fatiha sont très semblables

Les prières du Pater Noster (Notre Père) et la Fatiha (Sourate qui conduit toutes les prières en islam) soulignent la Gloire du Dieu Créateur. Dans les premiers versets de ces deux prières, Dieu est célébré, sanctifié, glorifié et loué.

Dans les derniers versets des deux textes, le croyant demande la subsistance spirituelle et matérielle, ce qui montre que le pouvoir de créer de Dieu est aussi un pouvoir de grâce à l’intention de l’homme, car “les grâces de Dieu” peuvent se ramener à deux catégories : les grâces de l’existence et celles de la subsistance, c’est à dire celles qui donnent l’être et celles qui le conservent.

La joie de la Nativité ne se limite pas au 25 décembre, mais inscrit l’humanité dans une réjouissance continue.

Alioune Bah, docteur en philosophie à l’Université de Strasbourg

Aller plus loin

La réception théologique et philosophique de l’islam en Europe à l’époque moderne par Alioune Bah – L’Harmattan (mai 2014)

Article actualisé le 28/01/2015 à 14h46
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