« Fit to print », les images des étudiants de Strasbourg dans le New York Times
Culture 

« Fit to print », les images des étudiants de Strasbourg dans le New York Times

actualisé le 28/03/2016 à 22h59

La facade extérieure du Musée Tom Ungerer, Place de la République à Strasbourg. (Photo: Anaïs Engler)

La facade extérieure du Musée Tom Ungerer, Place de la République à Strasbourg. (Photo: Anaïs Engler)

Les travaux de 17 anciens étudiants de la Haute École des Arts du Rhin (HEAR) publiés dans le New York Times sont exposés au Musée Tomi Ungerer de Strasbourg, du 16 janvier au 10 avril 2016.

La première salle de l'exposition Fit To Print. (Photo: Anaïs Engler)

La première salle de l’exposition Fit To Print. (Photo: Anaïs Engler)

L’exposition « Fit to print » commence quand le visiteur passe l’encadrement de porte tapissé des pages Opinion du New York Times au premier étage du musée Tomi Ungerer de Strasbourg. Les différentes illustrations sont encadrées de blanc sur les murs blancs d’une seule salle. La pièce suivante regroupe les travaux personnels des artistes.

De Strasbourg à New-York

Le projet a débuté lorsque qu’une amie d’Alexandra Zsigmond, directrice artistique de la rubrique Opinion du journal new-yorkais, rapporte la revue Nyctalope à son retour de Berlin. Nyctalope est une revue d’illustration et de bande dessinée strasbourgeoise, créée par Marion Fayolle, Matthias Malingrëy et Simon Roussin, tous les trois anciens élèves de la HEAR (Haute École des Arts du Rhin, anciennement l’école des Arts Décoratifs).

Alexandra Zsigmond apprécie la qualité et le talent des artistes présents dans la revue. Elle leur passe commande à plusieurs reprises pour illustrer des articles de la rubrique Opinion du New York Times. Chaque jour, la responsable iconographique doit trouver trois à quatre illustrations pour ces pages, qui seront imprimées à deux millions d’exemplaires et diffusées partout sur le globe.

D’après Cécile Ripoll, assistante de conservation au Musée Tomi Ungerer, ce qu’Alexandra Zsigmond apprécie tout particulièrement dans les travaux de ces artistes formés à la HEAR, c’est leur qualité :

« Elle aime ce côté surréaliste, poétique et le côté manuel dans la réponse des artistes. Ils ont été formés en école d’art donc encouragés à développer leur univers graphique, leur imaginaire, leur patte artistique. »

Il est aussi pratique, pour un journal américain de travailler avec des Européens, la commande est passée le soir et, du fait du décalage horaire, les réponses sont proposées à New York dès le lendemain matin.

La rubrique Opinion paraît aussi le weekend, sous forme de cahier. En fonction du thème des articles de société à paraître, la directrice artistique demande à deux ou trois artistes parmi sa liste de contacts de proposer une illustration adéquate. Les délais sont très courts, la réponse est attendue dans les heures qui suivent la demande. Les illustrations sont rémunérées entre 100 et 300 dollars, en fonction de leur taille et de leur place dans la rubrique.

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Lucie Larousse, sans titre, 2014, dessin illustrant l’article What to Do About California’s Drought, paru dans The New York Times le 17 mars 2014 à l’issue du workshop organisé entre la HEAR et le journal. Encre sur papier. Collection de l’artiste © Lucie Larousse

Une première collaboration en 2014

Toujours à la recherche de talents, Alexandra Zsigmond prit alors contact avec Guillaume Dégé, professeur responsable de l’atelier d’illustration de la HEAR depuis une dizaine d’années. En mars 2014, l’école et le journal organisent un atelier pour faire découvrir le dessin de presse aux étudiants de l’école d’art. Le thème était la sècheresse en Californie et la meilleure proposition fut récompensée par sa publication dans le New York Times.

Cécile Ripoll, qui est également coordinatrice de l’exposition et qui a rencontré aussi bien Alexandra Zsigmond que les différents artistes, rajoute que d’habitude les cours de dessin de presse ne sont pas très prisés :

« Quand j’ai posé la question aux artistes, ils m’ont dit que c’était les cours qu’ils séchaient tout le temps. En école d’art, on leur apprend davantage à rechercher leur propre univers graphique et les professeurs essayent de ne pas les insérer dans un moule. Mais le jour où le New York Times était présent, tous les étudiants étaient là ! »

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Plus d’une trentaine de dessins sont exposés au musée Tomi Ungerer (Photo Anaïs Engler / Rue89 Strasbourg / cc)

C’est en avril 2014, lorsque Guillaume Dégé se rend à New York et rencontre Alexandra Zsigmond, que naît le projet d’exposer à Strasbourg puis à New York les travaux publiés dans le NYT des illustrateurs, diplômés de la Haute Ecole des Arts du Rhin.

Les artistes exposent aussi leurs travaux personnels

Alexandra Zsigmond, commissaire de l’exposition, a conçu et organisé l’exposition temporaire dans les quatre petites pièces du premier étage du Musée Tomi Ungerer. Elle a insisté pour que la deuxième partie de l’exposition soit une collection des œuvres personnelles de chaque artiste. Selon elle, les deux sont indissociables et s’influencent mutuellement. Le visiteur découvre des œuvres en sérigraphie, une technique d’imprimerie qui utilise des pochoirs interposés entre l’encre et le support, aussi bien que les œuvres numériques des artistes.

La présentation des travaux personnels met en avant la pluralité du travail des artistes illustrateurs, auteurs de bandes dessinées, collaborateurs de projets collectifs, etc.

L'AUTEUR
Anaïs Engler
Anaïs Engler
Journaliste en devenir et stagiaire à Rue89 Strasbourg. Intéressée par la science et la culture dans la vie de tous les jours.

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