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Fixé sur son sort en juin, le squat du « Refuge des oublié.es » multiplie les projets
Société 

Fixé sur son sort en juin, le squat du « Refuge des oublié.es » multiplie les projets

par Violette Vauloup.
Publié le 13 mai 2021.
Imprimé le 24 septembre 2021 à 01:20
1 944 visites. 9 commentaires.

Les habitants du Refuge des oublié.es sauront s’ils seront expulsés en juin 2021. En attendant, les projets fleurissent quai Jacoutot où des sans-abris souhaitent créer un centre d’hébergement autogéré accueillant notamment des chiens.

Depuis le 4 avril 2020, le Refuge des oublié.es occupe un bâtiment vide appartenant au Port autonome de Strasbourg, quai Jacoutot, à la Robertsau. Crée lors du premier confinement pour héberger des sans-abris et leurs chiens, le squat accueille aujourd’hui 15 occupants. En pleines négociations avec la Ville de Strasbourg et le Port autonome pour pouvoir continuer à occuper cet ancien local de la gendarmerie fluviale, les occupants devraient être fixés dans les semaines à venir. La municipalité souhaite « que la décision soit soumise au vote lors du prochain conseil municipal », le 21 juin, tout en continuant de participer aux discussions entre le squat et le port, où l’on espère « trouver une solution rapide et satisfaisante ».

Sandrine Ruch, la créatrice du Refuge des oublié.es et présidente de l’association du même nom se dit « confiante » quant à l’avenir du squat tout en souhaitant rester discrète : « On veut pouvoir occuper ce bâtiment dans les règles et pérenniser le Refuge des oublié.es, mais notre but principal c’est de le faire pacifiquement », explique-t-elle. Fin 2020, la nouvelle municipalité a suspendu le processus d’expulsion qui menaçait le squat. Mais vis-à-vis du Port autonome, la situation est plus tendue. « L’étiquette des punks à chiens et des SDF reste, on se sent perçus négativement », lâche Sandrine Ruch.

Un projet de centre d’hébergement autogéré

L’une des conditions pour rester au 45 quai Jacoutot est de présenter un projet, afin de justifier l’intérêt pour les lieux. Le Refuge des oublié.es souhaite ainsi se transformer en structure d’hébergement des personnes sans-abri avec leurs chiens. Pour l’instant, l’association refuse des demandes, faute de place, mais espère pouvoir accueillir plus de personnes une fois que le grenier, pour l’instant non-habitable, sera aménagé et que des travaux seront effectués pour remettre le bâtiment aux norme et y installer le chauffage et l’eau chaude.

image de la maison occupée
Le bâtiment du 45 quai Jacoutot est occupé depuis le 4 avril 2020 par le Refuge des oublié.es. (Photo GK / Rue89 Strasbourg)

Aujourd’hui, 12 chiens vivent avec leurs maitres dans ce squat situé dans le quartier de la Robertsau. Un des occupants du refuge suit une formation en comportementalisme canin et prévoit d’en faire bénéficier les autres habitants. « C’est une ambition professionnelle et personnelle qui profite à tout le monde ici », s’enthousiasme Sandrine Ruch. Cette dernière a commencé un projet de recyclage de matériaux tels que des canettes ou des bouteilles en plastique pour en faire des objets de décoration. « Pour l’instant c’est juste pour la maison, mais sur le long terme j’aimerais proposer des ateliers », raconte-t-elle.

Permaculture et sport au service des sans-abris

Pour aller plus loin dans l’autonomie alimentaire, le Refuge a lancé un projet de permaculture. Des semis de pommes de terre, de salade, de courges et d’aromates ont été plantés il y a environ un mois. « La permaculture c’est plus facile à gérer qu’un potager classique. On peut la faire avec les moyens du bord, il n’y a pas besoin d’engrais et on est moins dépendants des saisons », soutien Gaëtan, 27 ans et six années d’horticulture derrière lui. Le Refuge prévoit également d’élever des poules pour leurs œufs.

Le jeune homme est également à l’origine d’un projet de salle de musculation dans la maison. « Quand on vit à la rue, c’est compliqué d’aller en salle de sport pour rester en forme. L’objectif c’est de proposer un accès à notre salle de sport pour tous les sans-abris », explique le jeune homme. Une machine qui permet de faire travailler les abdos, les épaules, les bras et les jambes a été financée par le Céméa et le dispositif James, qui soutient des projets de jeunes entre 16 et 29 ans.

Article actualisé le 13/05/2021 à 19h11
L'AUTEUR
Violette Vauloup
Violette Vauloup
Etudie le journalisme à l'IUT de Lannion, le met en pratique à Rue89 Strasbourg.

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