Hockey sur glace, au top du tableau mais toujours mineur à Strasbourg
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Hockey sur glace, au top du tableau mais toujours mineur à Strasbourg

actualisé le 31/03/2016 à 12h03

Vif, impressionnant, artistique et parfois un peu oublié… Le hockey sur glace se porte plutôt bien à Strasbourg mais malgré les bons résultats du club amateur et l’évolution de l’Etoile Noire en Ligue Magnus, ce sport reste dans l’ombre de la SIG et du Racing.

Ça y est, la saison 2015-2016 de hockey sur glace en Ligue Magnus est terminée pour les joueurs de l’Etoile Noire. Les jaunes et noirs ont été éliminés des play-offs, la compétition où s’affrontent les huit meilleures équipes dans une série de matchs éliminatoires, contre Gap le 27 février. Ils terminent 8ème du classement sur 14 : des résultats qui permettent à l’équipe de se maintenir en Ligue Magnus.

L’histoire du club

L’histoire des clubs amateur et professionnel de hockey de Strasbourg a commencé dans les années 1960. Des bases militaires canadiennes ont été implantées en Allemagne dans les villes de Baden-Baden et Lahr non-loin de la frontière et disposaient de patinoires ouvertes au public. Strasbourg a donc fait construire à son tour sa propre patinoire au Wacken à cette époque, suivie de la création du CSGS (Club des Sports de Glace de Strasbourg) dans la foulée en 1961 pour le patinage artistique au départ car la petite patinoire ne permettait pas de jouer au hockey. Le nom de l’Etoile Noire n’existait pas encore. Il est apparu beaucoup plus tard quand le club a vraiment commencé à évoluer professionnellement en 2000 et s’est séparé du CSGSA.

Quelques dates clefs

  • 1961 : Création du CSGS (Club des Glaces de Strasbourg)
  • 2000 : Séparation du GSGS, rebaptisé CSGSA, et de l’Etoile Noire qui devient une association indépendante
  • 2005-2006 : Champion de France de Division 1 et inauguration de la nouvelle patinoire de l’Iceberg
  • 2006-2007 : Evolution en Ligue Magnus
  • 2010-2011 : Vice-champion de France de la Ligue Magnus

Bernard Gozillon, président de la Ligue d’Alsace de Hockey sur Glace explique les enjeux de cette saison :

« La Ligue Magnus va passer de 14 à 12 clubs en 2016-2017 pour permettre aux équipes de disputer 44 matchs en double allers-retours contre 26 à l’heure actuelle. La pression a donc été plus forte pour les joueurs en début de saison car il y avait un risque de redescendre en Division 1. Les huit premiers clubs du classement ont pu s’affronter aux play-offs. Notre objectif n’était pas forcément de les gagner, mais surtout d’y participer pour sauver notre peau car les six derniers clubs s’affrontent actuellement dans une poule de relégation et les deux derniers descendront en D1. »

Un bilan « satisfaisant » pour la saison 2015-2016

Le maintien de l’équipe en Ligue Magnus a fait l’objet d’un bilan satisfaisant pour le club. L’ailier droit de l’Etoile Noire, le Canadien Sébastien Trudeau, a confié que l’équipe se voyait dernière ou avant-dernière du classement en début de saison. D’autant que plusieurs piliers de l’équipe ont été blessés en cours de route : le Slovaque Jan Pardavy, les Américains Jake Goldberg et Kevin Sullivan, le Tchèque David Striz et le Franco-Suisse Tarik Chipaux.

Mais l’Etoile Noire, vice-championne de France en 2010-2011 n’est pas la seule équipe qui tend à prouver qu’elle mérite sa place à Strasbourg. Le club amateur du CSGSA (Club des sports de glace Strasbourg Alsace) se porte également très bien. Les « U22 Excellence », les 18-21 ans, ont été sacrés champions de France face à Annecy le 29 février et les « U18 », les 15-17 ans, ont décroché leur place en finale du Championnat de France élite B contre Grenoble le 12 mars.

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Plusieurs piliers de l’équipe ont été blessés en cours de route : le Slovaque Jan Pardavy, les Américains Jake Goldberg et Kevin Sullivan, le Tchèque David Striz et le Franco-Suisse Tarik Chipaux. (Photo Jean-Christophe Simonin)

L’équipement des pros : 90 000€ par saison

Gap, Briançon, Epinal… Il existe des « villes de hockey » pour Bernard Gozillon où ce sport principal est numéro un et une véritable institution. Strasbourg présente une très riche gamme de 130 disciplines sportives accessibles. Si le hockey sur glace reste un « sport mineur » à côté du basket et du foot, il se situe parmi le top des disciplines mineures. Mais ça reste un sport qui coûte très cher.

Le club professionnel prend à sa charge tous les équipements des joueurs, une charge de 90 000 euros par saison, et les déplacements, de 30 000 à 35 000 euros. Jean-Paul Hohnadel, président de l’Etoile Noire, se confie sur la situation financière du club qui a le 2ème plus petit budget de la Ligue Magnus de 850 000 euros :

« Pour moi, il y a vraiment urgence. Le département a coupé cette année les subventions de 38 000 euros qu’il nous donnait. Nous avons du trouver cet argent manquant dans le sponsoring. Si les collectivités ne cotisent pas plus : le hockey est en danger à Strasbourg ! Par ailleurs, la patinoire de l’Iceberg n’a pas été réalisée dans l’optique d’une compétition de haut niveau mais plutôt pour le public. Il nous est déjà arrivé de perdre des sponsors : nos principaux rivaux sont le foot et le basket parce qu’ils offrent une plus grande possibilité d’accueil du public et sont plus médiatisés. Nous essayons donc de trouver d’autres partenaires que ces équipes ne connaissent pas encore. »

À côté de leurs entraînements, de leurs matchs et pendant leur temps libre, des joueurs ou anciens de l’Etoile Noire, comme le capitaine actuel Elie Marcos, se portent volontaires pour coacher le club amateur. Une formation longue qui demande de l’investissement avec un salaire complémentaire à la clef mais qui nécessite un engagement supplémentaire pour les joueurs.



Pas de traitement de faveur

Mais il est difficile aujourd’hui de répondre à une nouvelle demande d’aide pour la Ville. Serge Oehler, adjoint au maire (PS) de Strasbourg en charge des sports, justifie ce choix  :

« Le hockey sur glace a besoin d’un équipement non négligeable. C’est l’équipe précédente de la mairie qui a été à l’origine de la patinoire de l’Iceberg donc je ne peux pas m’exprimer sur sa conception. Mais quand on élabore un projet de cette ampleur, on essaye toujours de dépenser le moins possible pour que l’équipement dure entre 25 et 30 ans. Ce n’est pas facile de rénover. Certains sports, comme le basket avec la SIG, ont la possibilité de rentabiliser grâce à leurs spectateurs. Je ne pense pas que ça ne serait plus lucratif pour l’Etoile Noire de passer de 1 600 spectateurs à 2 000. Mais un nouveau calcul sur la répartition de 1,2 million d’euros de budget entre six clubs de haut niveau variable, à savoir le hockey, le hand, le rugby, le volley, le waterpolo et le handball va être mis en place l’année prochaine en fonction de ces quatre critères : le rayonnement du club, son niveau, ses déplacements et son financement. »

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Un nouveau calcul sur la répartition de 1,2 millions d’euros de budget entre six clubs de haut niveau variable, à savoir : le hockey, le hand, le rugby, le volley, le waterpolo et le handball va être mis en place l’année prochaine. (Photo MCM / Rue89 Strasbourg)

Jean-Paul Hohnadel a confié que les collectivités vont maintenir les subventions de 487 000 euros dont dispose le club sans les augmenter, ni les réduire. Le président de l’Etoile Noire a ajouté qu’il n’est pas non plus inquiet au sujet des subventions avec l’arrivée de la nouvelle région car c’est la collectivité territoriale la plus à l’écoute du club.

Mais l’Etoile Noire est en passe de devenir une société par actions simplifiée (SAS) la saison prochaine, c’est-à-dire une société commerciale structurée comme une véritable entreprise qui confère un nouveau statut juridique et permet d’accompagner plus facilement pour le financement et le développement du club.

« Strasbourg équipée à 75% » pour le hockey

Strasbourg possède déjà un Centre de formation de Haut Niveau depuis huit ans, financé aux 3/5e par le CSGSA, 1/5e par les jeunes formés et 1/5e par l’Etoile Noire. L’entrée se fait sur sélection et le centre accueille une trentaine de jeunes du collège à l’université. De très bons résultats ont été constatés pour cette saison puisque les 11 meilleurs joueurs du centre sont venus prêter main forte à l’Etoile Noire : un chiffre exceptionnel pour le club. Ils n’étaient pas de trop pour compenser les nombreux blessés.

Mais la Fédération Française de Hockey sur Glace a annoncé qu’elle allait imposer à toutes les équipes de la Ligue Magnus une équipe de « U20 », les 18-19 ans, pour remplacer les « U22 », les 18-21 ans, et un centre de formation interne obligatoire qui ne dépendra que des clubs professionnels, pas des clubs amateurs. C’est un choix imposé car ce n’est pas le cas dans toutes les villes qui jouent en Ligue Magnus.

Certaines vont devoir trouver l’argent nécessaire. La ville est équipée à « 75% » d’après Jean-Paul Hohnadel. Strasbourg devra notamment débourser pour de nouvelles ressources humaines avec ce nouveau centre interne : encadrants, arbitres…  Des « discussions » sont en cours avec les élus pour trouver une solution financière à ces nouveaux investissements.

L'AUTEUR
Marie-Charlotte Méoni
Stagiaire à Rue89 Strasbourg.

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