La vie s’organise au nouveau squat Gruber, déjà complet
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La vie s’organise au nouveau squat Gruber, déjà complet

actualisé le 06/08/2019 à 16h39

Depuis l’ouverture du squat Gruber, bénévoles et habitants du quartier de Koenigshoffen se mobilisent et viennent en aide aux résidents. Lundi 29 juillet, les dons affluaient encore.

« Vous n’imaginez pas à quel point ça fait du bien de voir le sourire de ces enfants le matin. » Camille (le prénom a été modifié), membre de l’association La Roue Tourne, est satisfaite de voir le squat Gruber s’organiser au fil des jours. Lundi matin, une salle de jeux pour les enfants a été aménagée au premier étage du bâtiment. Peluches, jeux d’éveils, petite cuisinière… Des jouets ont été installés dans une petite pièce par Imène, une bénévole. Il est à peine 10 heures et deux garçons sont déjà en train de s’amuser autour d’un circuit de voitures électriques. Une dizaine d’enfants sont logés au squat Gruber. Ils ont entre 1 et 12 ans.

Les enfants ont déjà investi la salle de jeux (Document remis)

« Un élan de mobilisation »

Aider les résidents du squat Gruber

Pour subvenir aux besoins des résidents du squat Gruber, les bénévoles appellent au don : nourriture, couverts, matelas, draps, serviettes… La liste complète des besoins est inscrite dans le cahier collaboratif du squat.

Les bénévoles ont également besoin de renforts en terme d’effectifs humains. Pour cela, un agenda partagé a été mis en place. Le principe est simple : après s’être crée un compte, il suffit d’y noter ses disponibilités et ses compétences.

Depuis plusieurs jours, des habitants du quartier de Koenigshoffen viennent eux aussi en aide aux résidents du squat et apportent de la nourriture : du pain, de l’eau, des céréales… Mais aussi des meubles : des matelas, des chaises et même des canapés. Ces derniers ont été installés dans le hall du bâtiment. Celui-ci a été transformé en un lieu d’accueil et de rencontre pour les résidents, les bénévoles et les habitants du quartier. Au centre de ce salon commun, une table et des machines a café ont été installées. Ce lundi matin, plusieurs résidents du squat arpentent la salle, une tasse à la main.

Café, thé et lait sont à disposition des résidents dans le salon commun (Photo EB / Rue89 Strasbourg)

Plusieurs kilos de vêtements ont été donnés

Des dizaines de sacs remplis de vêtements ont également été donnés. Lundi matin, les bénévoles et les résidents ont dû tout trier : les chaussures d’un côté, les vêtements pour enfants de l’autre… À quatre bénévoles, ils s’affairent sur le grand palier situé entre le rez-de-chaussé et le premier étage du bâtiment. Certains vêtements trop abîmés ne peuvent malheureusement pas être gardés et sont mis de côté.

Les vêtements donnés ont été triés (Photo EB / Rue89 Strasbourg)

Stéphanie habite le quartier de Koenigshoffen depuis sept ans. Elle a entendu parler du squat deux jours après son ouverture. Elle a apporté des jouets pour enfants. Désormais, elle prévoit de récupérer du mobilier à donner :

« Avec une coloc’ de bureau, on a pris connaissance des lieux et on a voulu s’investir, parce que quand même, c’est juste à coté de chez nous… Moi, ça me paraissait logique de dégager du temps tant que je pouvais apporter mon soutien, que ce soit psychologique ou même actif, en triant du linge, en aidant à rendre les lieux propres… Il faut que ça continue. »

120 personnes ont trouvé un toit

Une semaine après son « ouverture », « l’Hôtel de la Rue » affiche complet : 120 personnes y ont élu domicile. Nas (le prénom a été changé) est présent depuis les débuts du squat. Il explique :

« L’objectif du lieu, c’est qu’il soit autogéré par ses habitants : c’est plus simple et le milieu militant n’est pas assez important à Strasbourg. Ici, les bénévoles n’ont pas vraiment de rôle. On assume tous un peu tout. Moi, j’ai pas mal travaillé sur l’eau, l’électricité, l’alerte incendie et les admissions. »

Les bénévoles ont mis en place quelques règles à respecter au sein du squat. Les drogues et l’alcool sont interdits dans l’enceinte du bâtiment. Le vol, la violence et le harcèlement (physique ou moral) ne sont également pas tolérés. Dans les étages, ce sont des « résidents référents » qui veillent à ce que ce règlement intérieur soit respecté.

Imène rappelle :

« Le but du squat, c’est d’aider au maximum les résidents, de trouver pour chacun d’entre eux une solution pérenne, pas qu’ils restent ici pour toujours. »

Deux tags anti-migrants découverts devant le squat

Des menaces ont été taguées à deux reprises sur les murs du squat Gruber. Le premier tag a été réalisé dans la nuit du jeudi 25 au vendredi 26 juillet. « Évacuez avant qu’on s’en charge » a été inscrit sur une pancarte devant le squat. Le tag est signé « Die Heimat » (une antenne du Bastion Social, groupe d’ultradroite). Interrogé par les Dernières Nouvelles d’Alsace, le groupuscule a nié toute implication.

Deux jours plus tard, habitants et résidents ont découvert une deuxième inscription haineuse : « Le Bastion Social vous encule ». Le tag était assorti d’une croix celtique, emblème du Groupe Union Défense (ancien nom du Bastion Social).

L'AUTEUR
Hélène Janovec
Hélène Janovec
Journaliste stagiaire

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