Le Marché de Noël sous covid : un casse-tête entre fin des checkpoints, chalets espacés et zones de consommation
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Le Marché de Noël sous covid : un casse-tête entre fin des checkpoints, chalets espacés et zones de consommation

actualisé le 05/10/2020 à 20h09

La nouvelle municipalité a tenu un « point d’étape » ce vendredi 2 octobre sur l’édition 2020 du Marché de Noël de Strasbourg. Si tout est fait pour le maintien de l’évènement, les élus annoncent des changements importants en raison de l’épidémie de la Covid-19.

Plusieurs villes en France et Outre-Rhin comme Cologne ont déjà annoncé l’annulation de leur marché de Noël en raison du contexte sanitaire. Pourtant, la municipalité de Strasbourg maintient son édition 2020. Elle débutera le 28 novembre prochain avec quelques changements de taille. Covid oblige.

Les stands du Marché de Noël devraient être plus espacés afin d'éviter les attroupements (Photo Victor Maire / Rue89 Strasbourg / cc)
Les stands du Marché de Noël devraient être plus espacés afin d’éviter les attroupements (Photo Victor Maire / Rue89 Strasbourg / cc)

Après plusieurs semaines de concertation avec la préfecture et l’Agence régionale de santé, le cadre de contraintes sanitaires a donc été fixé. C’est maintenant à la ville et aux commerçants de trouver des solutions d’application.

Le « desserrement » des 313 chalets

Les chalets devront être espacés de deux mètres minimum. Il faut donc élargir les zones dédiées habituellement au Marché de Noël dans l’hyper-centre de Strasbourg, comme l’explique Guillaume Libsig, adjoint en charge des animations urbaines :

« La difficulté principale, c’est de respecter la spatialisation, imposée du fait des données sanitaires, avec notamment le desserrement que l’on doit opérer. Nous devons repenser complètement la configuration des 313 chalets inscrits pour cette édition 2020. »

Guillaume Libsig, adjoint à la maire de Strasbourg, en charge notamment des animations urbaines.

Les trois secteurs principaux et habituels du Marché de Noël seront plus « étalés » en quelque sorte. Mais Guillaume Libsig l’assure : « Notre objectif est le maintien de ces 313 chalets, et nous faisons notre maximum pour que tout le monde ait sa place lors de cette édition 2020 ».

Des « zones de consommation alimentaire »

C’est sans doute le point le plus problématique dans la mise en place de cette édition 2020. Il s’agit en réalité d’appliquer le protocole « restauration » aux chalets qui vendent nourriture et boissons. Les amateurs de vin chaud et de sandwichs seront tenus de déguster leur snack, si et seulement s’ils sont assis à une table, qui aura auparavant été désinfectée, et uniquement aux côtés de gens qu’ils connaissent… et pas à plus de dix.

Une zone de restauration donc – seul endroit où le consommateur aura le droit d’ôter son masque – , qui devra être à moins de 100 mètre des chalets d’alimentation, mais pas collée non plus à ces espaces… Un casse-tête ? Pierre Ozenne, adjoint à la maire en charge des foires et marchés, marmonne dans son masque en guise de réponse. Qui sera chargé de veiller au port du masque entre le moment où vous aurez votre Manele en main, votre vin chaud dans l’autre et celui où vous aurez le droit de vous asseoir dans les espaces dédiés à la restauration ? « Si d’ici là un arrêté préfectoral le permet, la police pourra verbaliser les contrevenants, sinon, ce sera aux organisateurs de veiller au respect des règles », glisse Nadia Zourgui, adjointe à la maire en charge de la tranquillité publique.

« Rocade pour cyclistes » et arrêts de tramway ouverts

Principale nouveauté de l’édition 2020, « la création d’un itinéraire d’évitement du centre-ville pour les cyclistes qui ne font que le traverser pour aller d’un point A à un point B. » L’idée : fluidiser encore et toujours la circulation et le quotidien des Strasbourgeois impactés par l’évènement chaque année.

Autre changement de taille : les arrêts de tram habituellement fermés lors du Marché de Noël seront tous ouverts. « Nous voulons que Strasbourg soit accessible aux Strasbourgeois », explique Guillaume Libsig.

Suppression des « checkpoints » à l’entrée du centre

Les Strasbourgeois se rappellent tous des files d’attente sans fin il y a un an. « Nous avons entendu les critiques des habitants qui ont beaucoup dénoncé l’édition 2019 et sa bunkerisation. Nous avons voulu faire autrement. Il n’y aura donc plus de check-points », explique Nadia Zourgui.

Le niveau de menace terroriste sur la ville est pourtant toujours aussi élevé (l’ensemble du territoire national est maintenu au niveau « sécurité renforcée – risque attentat »), mais l’élue parle « d’une autre façon d’appréhender la sécurité dans la ville » :

« L’histoire nous a montré qu’on avait beau bunkeriser la ville, si quelqu’un veut commettre un attentat, il le fera. Ce n’est pas du fatalisme, mais du réalisme. Donc nous allons quadriller l’espace autrement, l’occuper avec nos patrouilles dynamiques, qui auront le droit de réaliser des fouilles et des contrôles aléatoires. Par ailleurs, tous les ponts seront surveillés par la police nationale. « 

Nadia Zourgui, adjointe à la maire de Strasbourg en charge de la tranquillité publique.

Seuls les voitures et les vélo-cargos seront encore fouillés, automatiquement, à l’entrée du centre-ville.

Pierre Ozenne tient à le rappeler aux Strasbourgeois : « L’édition 2020 ne présage en rien de l’édition 2021, qui ressemblera plus à notre projet. Cette année est particulière, et nous faisons tout pour maintenir l’évènement dans un contexte difficile. » Une concertation des usagers et des habitants est d’ailleurs prévue afin de penser, déjà, à une édition 2021, où l’on parlera plus des mesures écolos, que des masques jetables.

L'AUTEUR
Maud de Carpentier
Maud de Carpentier

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