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Strasbourgeois, les cinq sujets que vous n’aborderez pas à Noël
Société 

Strasbourgeois, les cinq sujets que vous n’aborderez pas à Noël

par Franck Brucker.
Publié le 24 décembre 2013.
Imprimé le 28 novembre 2021 à 12:13
4 888 visites. 8 commentaires.
Les clients sont nombreux à s'être levés de bon matin pour récupérer leurs commandes, à la pâtisserie Christian. (Photo F.B. / Rue89 Strasbourg)

Les clients sont nombreux à s’être levés tôt ce matin pour récupérer leurs commandes à la pâtisserie Christian de la rue de l’Outre (Photo F.B. / Rue89 Strasbourg)

Qui dit Noël dit réunion de famille, avec son lot de sujets à ne surtout pas aborder, au risque d’avoir l’appétit coupé par les opinions politiques de tonton Gaston. Rue89 Strasbourg a tâté le terrain. Cinq thématiques sont pour vous à haut risque. 

Autour de la table, les langues souvent se délient, surtout avec un verre de trop dans le nez. Le réveillon de Noël avec la famille éloignée, voire la belle-famille est LA fête à haut risque de l’année. On fait le tour des sujets que vous n’aborderez pas pendant le banquet.

1 – Vous ne reviendrez pas sur les dossiers politiques de 2013

Nationale ou locale, la politique est à bannir pendant les repas de Noël, au risque de déclencher une guerre de positions. Mariage pour tous, immigration, impopularité de François Hollande, l’année 2013 a été particulièrement chargée en polémiques. Pour éviter les conflits, les questions des élections municipales de 2014 et du concordat par exemple, ne devront pas être soulevés, sinon la bûche de Noël se transformera rapidement en tarte à la crème.

Mireille, retraitée, appréhende l’année 2014, à quelques jours du réveillon de Noël. Impôts nouveaux, hausse des taxes, la présidence Hollande, elle n’y croit plus beaucoup. Elle explique :

“Avec tout ce qui va nous tomber dessus l’année prochaine… On a un président qui ne sait pas ce qu’il veut, il change tous les jours d’avis et du coup on ne sait pas à quoi s’attendre. De toute façon, Hollande n’a jamais été notre super président à la maison. Du coup, on va plutôt parler de choses positives, comme les souvenirs avec les enfants, les recettes de cuisine et les cadeaux de Noël…”

Marc, septuagénaire, connait bien la politique. Il a été conseiller municipal durant 3 mandats successifs dans un village de la Meuse, amené à disparaître pour cause de regroupement de communes. Il en ressort “dégouté” et ne compte pas aborder ce thème avec les membres de sa famille. Un choix que valide sa femme Viviane, qui refuse d’entendre parler de politique pendant les fêtes. Marc ajoute :

“C’est tout le système qui ne va pas. On essaye toujours de mettre un coup la gauche, l’autre fois la droite… Chacun agite des thèmes du Front National pour passer et ensuite, rien ne bouge au final.”

Pour Géraldine, 4 sujets tabous : la politique, la religion, l’argent et le sexe. Elle se dit “apolitique” :

 2 – La crise, “on s’en sortira”

Noël est bien plus qu’un moment en famille, c’est un moment de bonheur à l’état pur (sic). Afin de laisser à la porte tout ce qui pourrait dégrader l’ambiance festive, certains sujets jugés “négatifs” tombent aux oubliettes. Exit la crise, exit la misère dans le monde. Ok, la pauvreté augmente, mais… pas à Noël. Lucie, vendeuse en cosmétique, rêve d’une fête moins commerciale :

“Noël n’est pas forcément synonyme d’argent. On peut offrir des cadeaux, des petites attentions sans forcément dépenser des sous pour faire plaisir. On peut aussi fabriquer des choses soi-même, à moindre coût. Il y en a plein qui ne fêtent pas Noël et il ne faut pas les oublier.”

Place Kléber, un chef d’entreprise tacle le côté râleur des Français qui devraient “prendre exemple sur les SDF, qui trouvent toujours le moyen de sourire” (re-sic) :

3 – Le boulot, les examens, on en parlera en janvier

Trêve des confiseurs oblige, diplômes et boulot, on fait l’impasse pendant 15 jours. Les questions de mamie, de maman et consorts sur les notes aux derniers examens, non merci. Marina, étudiante en première année de médecine en Allemagne, profite des fêtes pour retrouver sa famille :

“Je travaille déjà suffisamment sur mes cours le reste de l’année et je me suis un peu recroquevillée sur moi-même. Du coup, j’ai délaissé ma famille pendant quelques temps et les fêtes de Noël sont vraiment l’occasion de se retrouver.”

Mathilde, en pleine préparation d’un mémoire sur la place de la culture dans la vie des jeunes, est catégorique. Interdiction de lui parler de son mémoire :

 4 – Une fois dans l’année, “on fait le faux-cul”

Sujets qui fâchent : conversion religieuse de la belle-sœur, coming-out du cousin homo, racisme de papi Jojo… Surtout, les éviter. Règle d’or de Momo, on fait le “faux-cul” à Noël et surtout le dos rond.

Portrait-Momo

Momo, le vendeur de marrons chauds de la place Broglie (Photo F.B. / Rue89 Strasbourg)

Sur la place Broglie, le jeune homme vend des marrons chauds le temps du marché de Noël. Raconter sa vie et faire plaisir aux autres, il adore. D’un naturel sociable, il prône la non-violence à table :

“Le reste de l’année, on se reproche tout le temps des petits trucs sans importance, genre “je t’en veux pour le retard de la dernière fois”. Mais à Noël, on fait des efforts, on met nos différends de côté pour passer un moment agréable en famille.”

La famille, un sujet “qui termine toujours en pugilat”, insistent Frédérique et Gérard :

5 – Vous ne parlerez ni de régime, ni de sexe

Avec le champagne, le foie gras et les bredele, parler régime ne serait pas très crédible. Donc, on évite. Les cures amaigrissantes, cette mère de famille en a testé des tas. Accompagnée de son mari et de sa fille, elle avoue que pour l’occasion, elle va se faire plaisir :

Autre sujet que vous laisserez de côté : le sexe. Surtout pour les ados, qui se coltineront tous la question posée par le tonton nostalgique : “Alors, tu l’as fait ? Tu te protèges, hein ?” Les lycéens que nous avons rencontré refuseront catégoriquement d’en faire un sujet de conversation. “Il n’y a rien à dire”, selon eux.

Pour survivre aux repas du 25 ET du 26, merci de poster vos astuces d’évitement en commentaires. Joyeux Noël !

Avec Amandine Munier, stagiaire Rue89 Strasbourg

L'AUTEUR
Franck Brucker
Etudiant en Master 1 à l'Ecole de journalisme de Grenoble (EJDG), je suis stagiaire à la rédaction de Rue89 Strasbourg pour un mois.

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