Quatre questions sur la manifestation « pour l’Alsace » du 11 octobre
Politique 

Quatre questions sur la manifestation « pour l’Alsace » du 11 octobre

actualisé le 13/10/2014 à 14h45

Beaucoup de rouge et blanc à la manifestation mais aussi les drapeaux traditionnels (Photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Beaucoup de rouge et blanc à la manifestation mais aussi les drapeaux traditionnels (Photo JFG / Rue89 Strasbourg)

VIDÉOS. – Ils sont venus de Strasbourg ou de plus loin pour manifester samedi 11 octobre contre la réforme territoriale et pour un Conseil unique d’Alsace. Tous n’avaient pas les mêmes raisons. Rue89 Strasbourg vous propose un petit tour d’horizon.

Était-ce une manifestation « politique » ou « festive » ?

LES DEUX – Annoncés la veille, les groupes régionaux semblent donner une touche folklorique au rassemblement. Pour préparer une défense en cas de recours au tribunal administratif contre les billets de trains subventionnés ? Quoiqu’il en soit, Jean-Claude Bader, sosie local de Johnny Hallyday, a rencontré un franc succès auprès des élus comme du public. Des groupes d’amis sont venus à ce rassemblement avec crémant, schnaps, vins blancs et autres brevages locaux aussi bien pour s’amuser que par pur militantisme politique.

Néanmoins, les personnalités politiques se sont succédées sur scène près d’une heure et les médias locaux comme nationaux ont couvert leurs déclarations, bien plus que les concerts ou le théâtre alsacien. Une fois le discours de Philippe Richert terminé, apogée de l’après-midi, la place s’est considérablement dégarnie. Bien que le speaker ait dit trois fois lors des cinq premières minutes que l’événement était « festif », il fallait être aveugle pour ne pas y voir de teneur politique.

Était-ce une manifestation « d’identitaires » ?

NON – Si un petit groupe, dont même l’extrême-droite voudrait se distancer, au drapeau jaune et noir a été aperçu au centre de la place, la manifestation a rassemblé au-delà des groupes « identitaires », un terme impossible à définir. Dans la foule, jeunes et moins jeunes se sont côtoyés, ainsi que différentes catégories sociales. Il y avait quelques revendications affichées pour l’autonomie de l’Alsace mais beaucoup de manifestants ont indiqué avoir voté « oui » au référendum sur la collectivité territoriale unique en 2013. Une minorité a néanmoins sifflé la Marseillaise à l’issue du discours de Philippe Richert.

Les manifestants sont-ils unis ?

NON – Les discours se voulaient assez généraux et fédérateurs, sans que de détails sur le Conseil unique ne soit apportés. Un des élus a mis en garde contre la suppression des départements avec la réforme, ce qui était pourtant l’objectif du Conseil unique. Le ressort le plus efficace était de dire que l’on impose rien à l’Alsace pour s’assurer les acclamations de la foule. En revanche, prononcer le mot « Lorraine » garantissait une bronca. Ce n’était peut-être pas le but recherché par les organisateurs, sachant que beaucoup d’opposants à un regroupement avec la Champagne-Ardenne sont cependant favorables à une solution Alsace-Lorraine.

Quand Jean-Louis Hoerlé, président de la CCI d’Alsace, a déclaré que les milieux économiques étaient à l’origine de ce rassemblement, beaucoup d’élus s’en sont agacés. Le FN était aussi représenté par le conseiller municipal strasbourgeois et député européen Jean-Luc Schaffhauser, alors que le parti prône un statut quo : ni-fusion, ni conseil unique. Un manifestant a aussi confié que le maire de son village est favorable à la réforme, mais est tout de même venu, de peur d’être marginalisé à l’avenir par son parti. Venue apporter son soutien, Nadine Morano, députée européenne (UMP) du grand est n’a pas été autorisée à monter sur scène par les organisateurs qui ne voulaient que des élus locaux à la tribune.

Pourquoi êtes-vous venu manifester ?

Kansas of Elsass, artiste chanteur alsacien

Nadine Morano, députée européenne (UMP)

Jean Rottner, maire (UMP) de Mulhouse

 

Aller plus loin

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L'AUTEUR
Jean-François Gérard
Jean-François Gérard
A rejoint la rédaction de Rue89 Strasbourg à l'été 2014. En charge notamment de la politique locale.

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