À lire sur Le Parisien.fr
Le conseil d’orientation des investissements mis en place quatre mois plus tôt par la ministre des Transports Elisabeth Borne va livrer ses conclusions. Les lignes directrices sont dans le journal Le Parisien. Ses travaux doivent orienter la future loi de programmation d’infrastructures.
Parmi ses propositions, on y apprend que la deuxième phase de la Ligne à Grande Vitesse (LGV) Rhin-Rhône n’est pas prioritaire. Le rapport piloté par l’ancien député Philippe Duron suggère de n’y dédier aucun financement jusqu’en… 2038.
La philosophie « En Marche »
Cette annonce correspond aux inclinaisons générales du gouvernement. Depuis le début du mandat, il indique qu’il souhaite privilégier les transports du quotidien, plutôt que les grandes infrastructures. Les lignes de TGV concentrent une grande part des investissements (38%) pour une faible proportion de passagers (9,5%).
La sénatrice du Bas-Rhin Fabienne Keller (Agir, centre-droit) a vite réagi sur Twitter. Contactée, l’ancienne maire de Strasbourg regrette ce choix :
« Cette commission devait passer au crible 70 projets de transports, majoritairement ferroviaires, et réévaluer les montants. Pour la desserte de Strasbourg, capitale européenne, on ne peut accepter cette conclusion. »
. @PhilippeDuron annonce que la 2e phase de la #LGV #RhinRhône axe prio européen est repoussée post 2038. L’ #Alsace ne peut accepter cette décision : après la suppression des trains de nuit,c’est un nouveau mauvais coup porté à la desserte de notre Région et à son attractivité! pic.twitter.com/XNtyEnidiI
— Fabienne Keller (@fabienne_keller) February 1, 2018
Un axe « stratégique » en décembre
« En décembre, Alleo la filière commune de la SNCF et la Deutsche Bahn indiquait que la ligne Paris-Stuttgart via Strasbourg avait dépassé les attentes en fréquentation après 10 ans et que l’axe Rhin-Rhône était important dans leur stratégie, afin de relier Strasbourg et l’Allemagne au sud de la France », précise-t-on dans son entourage pour souligner cette incompréhension.
C’est aussi une extension qu’appelait de ses vœux la première secrétaire départementale et co-présidente du groupe PS à la Région Grand Est Pernelle Richardot.
Inaugurée en 2011, la LGV Rhin-Rhône permet aux trains de circuler à pleine vitesse sur sur 137 kilomètres, entre Belfort TGV et Villers-les-Pots près de Dijon. C’est la seule ligne de TGV qui n’est pas reliée à l’Île de France.
Plusieurs tronçons à étendre
Plusieurs extensions sont envisagées. La deuxième phase de la branche Est, de Mulhouse à Belfort (35 kilomètres), ainsi que les derniers kilomètres vers Djion (15 kilomètres). Une extension vers l’ouest, via Dijon, vise à raccorder la ligne à l’Île-de-France. Enfin, une autre plus au sud vise à accélérer le temps de parcours entre Dijon et Lyon. Les meilleurs temps de trajet d’un Strasbourg Lyon pourrait passer à environ 2h30 (contre 3 à 4 heures aujourd’hui selon le nombre d’arrêts) et à 3h30 pour un Strasbourg-Marseille (contre 5h30 à 6h).
En dépit de ces pistes de travail, il est encore possible de faire changer le contenu la loi ou pour un futur gouvernement de changer la donne. Mais des grands investissements d’ampleur contraignent aussi les budgets de l’État pendant des années voire des décennies. Ainsi, il n’est pas toujours possible de complètement remettre en cause la continuité des grands projets.
Dans un communiqué, le maire de Strasbourg, Roland Ries (PS), et le président de l’Eurométropole, Robert Herrmann (PS), n’acceptent pas cet avis pour trois raisons principales :
« Le conseil d’orientation des infrastructures présente la réalisation du tronçon Petit Croix – Lutterbach comme un projet nouveau. Or, il s’agit de l’achèvement de la ligne à grande vitesse Mulhouse-Dijon, dont la construction a été interrompue en 2011 à hauteur de Belfort. Ce sont ces 35 kilomètres entre Mulhouse (Lutterbach) et Dijon qui restent aujourd’hui à achever.
Le conseil d’orientation des infrastructures dit ne pas disposer d’éléments nouveaux depuis son précédent avis sur la question, rendu en 2013. Or, les collectivités, l’Etat, la SNCF et l’Union européenne ont réalisé ensemble un travail approfondi qui a abouti à une nouvelle mouture du projet abaissant de plus de 12% son coût de réalisation par suite de 100 à 150 millions d’euros d’économies sur les estimations initiales.
L’inachèvement de la branche Est affaiblit l’action publique. Nos collectivités ont levé l’impôt pour financer une LGV qui devait permettre de rejoindre Lyon depuis Strasbourg en 2h30. Le meilleur temps de trajet s’établit actuellement à 3h10. L’achèvement de la branche Est offrirait un gain de temps de 26 minutes. »
Chargement des commentaires…