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Le maire d’Illkirch-Graffenstaden affirme avoir été traité de « collabo » et porte plainte

En interrompant un collage d’affiches dans la soirée du 4 juillet, Thibaud Phillips, maire d’Illkirch-Graffenstaden, dit avoir été traité de « collabo ». Il a porté plainte pour « outrage et dégradation ».

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Le maire d’Illkirch-Graffenstaden affirme avoir été traité de « collabo » et porte plainte
Au centre de l’image, le maire d’Illkirch-Graffenstaden, Thibaud Philipps.

En rentrant d’une réunion publique, dans la soirée du jeudi 4 juillet, le maire d’Illkirch-Graffenstaden, Thibaud Philipps (Les Républicains), affirme avoir été « agressé et menacé » par des colleurs d’affiches, comme l’a raconté l’élu à France Bleu Alsace. Ce dernier a surpris cinq individus en train de réaliser un « collage sauvage ». En retour ces derniers l’auraient insulté : « Dès qu’ils comprennent que je suis un maire LR, ils commencent à dire que je suis un collabo. Que dans les années 30 il y avait beaucoup de types comme moi, qu’il fallait préparer la tondeuse », rapporte l’élu.

Un communiqué des colleurs

Des membres du groupe participant à ce « collage d’initiative citoyenne » ont transmis un communiqué en fin de journée ce 5 juillet :

« Autour de 23h30, un individu a interpellé le groupe pour demander l’interruption de l’affichage en cours, ce que le groupe a fait. Durant la discussion qui a suivi, lui ont été rappelé des faits historiques concernant le rôle joué par l’extrême droite dans le passé et la responsabilité de chaque citoyen face à ce danger. Par la suite, alors qu’ils quittaient les lieux de leur propre initiative, l’individu a initié une course poursuite avec sa voiture. Suivis, les citoyens étaient forcés de fuir à vélo. Ce matin, nous avons appris l’interpellation de deux personnes et découvrons dans les médias une version différente tirée à des fins politiques. »

Thibaud Philipps a effectivement relaté aux DNA avoir suivi les militants : « À un moment, le groupe s’est séparé pour essayer de me semer. J’ai été rejoint par un équipage de la Brigade anti-criminalité qui a interpellé l’individu que je suivais. Un autre équipage de la BAC en a interpellé un second. » Le maire d’Illkirch-Graffenstaden a ensuite porté plainte au commissariat pour « outrage en réunion » et « dégradation ».

Les candidats de la circonscription réagissent

Le maire d’Illkirch-Graffenstaden assure n’avoir jamais connu un « niveau de tension pareille » dans une élection : « C’est la première fois que ça m’arrive, de recevoir ce genre de propos. On sent que la violence est de moins en moins dissimulée dans la campagne. »

L’avocate des colleurs d’affiches mis en cause, Me Sendegul Aras, lance un « appel à l’apaisement ». Elle demande à ce qu’il n’y ait pas de « récupération politique » de l’affaire et regrette l’ampleur médiatique prise par le sujet. « Il faut laisser la justice faire son œuvre, il s’agit d’un dossier classique », a affirmé Me Sendegul Aras.

Dans la foulée, les candidats encore en lice pour les élections législatives sur la deuxième circonscription du Bas-Rhin (incluant Illkirch-Graffenstaden) ont tous réagi. Le député sortant Emmanuel Fernandes condamne l’agression verbale en rappelant que les affiches ne sont pas électorales. La candidate Rebecca Breitman apporte « tout son soutien » à l’édile, comme la candidate du Rassemblement national Virginie Joron. De leur côté, les militants ont appelé à un rassemblement de soutien vendredi à 18h devant l’hôtel de police.


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