« La culture se meurt à l’Est », prévient le collectif d’artistes, de technicien·nes et de compagnies. Une semaine après la mobilisation organisée devant la Médiathèque André Malraux de Strasbourg, les professionnel·les du secteur appellent à un nouveau rassemblement jeudi 19 février. Cette fois, le rendez-vous est donné à Sélestat, devant l’agence culturelle du Grand Est (ACGE), dont le sort doit être entériné le jour même, lors de l’assemblée générale de la collectivité.
Le 15 décembre 2025, le conseil d’administration de l’agence culturelle a décidé de couper 63% de son budget de fonctionnement. Cette mesure a aussitôt entraîné la suppression du pôle du spectacle vivant, suivi de la suppression d’une dizaine de poste au sein de l’agence. Le plateau de Sélestat fermera en juillet 2026, avant la démolition pure et simple du bâtiment.
D’autres conséquences sont à prévoir, alerte un communiqué, relayé par la compagnie de théâtre strasbourgeoise l’Onde. À commencer par l’interruption des 350 000 euros d’aides annuelles aux compagnies, l’arrêt de plusieurs résidences d’artistes ou encore du soutien accordé à 450 dates de tournées.
« Basculement historique »
« Nous, compagnies artistes et techniciennes du Grand Est, refusons d’être la variable d’ajustement d’une politique qui fabrique le désert culturel et nécrose le tissu social », poursuivent les acteurs et actrices du milieu culturel, percevant un « basculement historique » des politiques en la matière :
« Nous voyons se mettre en place une culture réduite à ce qui est utile politiquement, au détriment de ce qui est nécessaire artistiquement et localement : la création, l’accompagnement, le maillage, la prise de risque, l’émergence, la présence dans les territoires ruraux comme dans les quartiers. »
En quelques jours, leur pétition a recueilli plus de 400 signatures. En vue des élections municipales, l’objectif est également de faire porter la voix de la culture,trop souvent absente des programmes.


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