La manifestation contre la retraite par points déviée du QG « La République en Marche »
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La manifestation contre la retraite par points déviée du QG « La République en Marche »

Les autocollants à répétition et une vitre endommagée sur le local de campagne d’Alain Fontanel ont provoqué une modification de parcours pour la manifestation du jeudi 16 janvier.

Depuis le mois de janvier, les trois manifestations strasbourgeoises contre la retraite par points ont connu un nouveau rituel à mi-parcours pour quelques participants : recouvrir d’autocollants le local de campagne pour les municipales de « La République en Marche ». Un mini-événement très photographié, partagé sur les réseaux sociaux, et présent dans tous les comptes-rendus de manifestation de la presse locale. Ce geste et ces clichés ont eu le don d’agacer les soutiens d’Alain Fontanel dès la première fois, le jeudi 9 janvier. Une réaction qui a peut-être encouragé quelques manifestants à réitérer dès le samedi suivant.

Une vitrine du gouvernement

Les quais des Bateliers fraîchement piétonnisés, c’est justement ce symbole qu’a choisi le premier adjoint au maire pour y implanter sa permanence, « La Fabrique de la ville heureuse ». Mais sa large vitrine est devenue une représentation locale du gouvernement et les manifestants contestent sa politique économique.

La manifestation du mardi 14 janvier ne devait pas passer par les quais des Bateliers, mais revenir directement dans le centre-ville, où aucune manifestation n’était autorisée en décembre. Mais le parcours déposé n’a pas été suivi par la tête de cortège, qui a emprunté ce parcours assez habituel. Cette incursion a débouché sur un nouveau collage sauvage et des inscriptions, la troisième fois en cinq jours.

Un trajet modifié

Cette nouvelle tradition ne s’est pas renouvelée ce jeudi 16 janvier, lors de la huitième manifestation. Le tracé déposé par les organisateurs en préfecture a été modifié à la demande préfectorale la veille, afin de contourner cette partie des quais.

Dans l’après-midi, les accès étaient protégés par les policiers. Les manifestants sont passés à côté dans le calme, tout en prenant de nombreuses photos et vidéos.

« Ne plus dégrader la permanence »

Pour Esther Bauer, secrétaire de Solidaires, qui a représenté les 5 syndicats à l’habituelle réunion de préparation à l’hôtel de Police, l’explication fournie a été simple « ne plus dégrader la permanence d’Alain Fontanel ». « Les modification de trajets, ça arrive, mais d’habitude les raisons sont plutôt liées à des travaux ou au marché de Noël », complète la syndicaliste.

Interrogée sur les raisons de cette déviation, la Préfecture a simplement répondu que « comme pour toute manifestation, l’itinéraire a été établi pour éviter tout trouble à l’ordre public. »

Mardi 14 janvier, des policiers constatent les dégradations commises sur les vitrines du local de campagne d’Alain Fontanel (LREM) (photo UD CGT / Facebook)

Une vitre endommagée

À la manifestation du samedi 11 janvier, au moins un individu a commis une dégradation et a fêlé une vitrine. « Plusieurs vitres ont été étoilées sur les quais, dont celle de la permanence », précise la Police nationale. L’homme interpellé, un responsable syndical de la CNT, a été présenté à la Justice. Il est reconvoqué devant le tribunal correctionnel de Strasbourg le vendredi 13 mars, soit le dernier jour de la campagne officielle.

C’est vraisemblablement ce dommage qui a justifié un détournement du cortège. Les autocollants ont toujours été décollés très rapidement par les militant LREM et ne constituent pas vraiment une « dégradation » susceptible de poursuites, selon un policier.

Une autre permanence épargnée

Après le premier passage, Alain Fontanel avait publié sur Facebook une photo de sa vitrine souillée. « La dégradation n’est pas une manière démocratique de faire valoir ses idées », regrettait le premier adjoint tout en rappelant que « manifester est un droit fondamental garanti par notre Constitution qui doit s’exercer dans le respect de toutes les opinions ». Un post très commenté, en soutien ou a contrario pour cautionner le geste, finalement supprimé. Le candidat a indiqué à plusieurs médias ne pas avoir demandé à la police de dévier les futures manifestations.

Jeudi 16 janvier, la manifestation est à nouveau passée devant la permanence du candidat Mathieu Cahn (PS), rue de la Division Leclerc, dans une relative indifférence. Comme lors des précédents passages, aucun autocollant n’a été apposé. Les autres locaux de campagne ne sont pas sur les trajets habituels de manifestation (Les Républicains place Saint-Étienne et les écologistes rue du Faubourg national).

Aucune manifestation strasbourgeoise ou nationale contre la réforme des retraites n’est encore programmée. Le projet de loi sera présenté mercredi 22 janvier en Conseil des ministres.

L'AUTEUR
Jean-François Gérard
Jean-François Gérard
A rejoint la rédaction de Rue89 Strasbourg à l'été 2014. En charge notamment de la politique locale.

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