Dans l’herbe humide de la Meinau, un bâtiment partiellement calciné en arrière-plan et des déchets éparpillés autour, Jean-Philippe Vetter ajuste sa posture. Le matin du 23 janvier, le candidat LR aux élections municipales strasbourgeoises a choisi ce décor, juste derrière le PMU de la Canardière, à dessein. « Personne ne passe pour nettoyer », souffle Jean-Philippe Maurer (Les Républicains), présent à ses côtés. Loin de l’Aubette et de son premier meeting très chorégraphié, la scène est un brin bricolée. Autour d’eux, des soutiens brandissent un vieux balai.
Ce balai, Jean-Philippe Vetter l’a déjà mis en scène quelques heures plus tôt sur ses réseaux sociaux. Dans une vidéo publiée jeudi 22 janvier, on le voit à Metz, aux côtés du maire LR François Grosdidier. Celui-ci lui remet l’objet comme on passe un témoin. À Metz, affirme le candidat strasbourgeois, l’alternance politique a tout changé. En succédant au socialiste Dominique Gros, François Grosdidier aurait fait de la ville « la 5e ville la plus propre de France« . Avant, « c’était le règne du laisser-faire ». À Strasbourg, Jean-Philippe Vetter promet de faire pareil. « La situation est désespérante pour les habitants. »
Il balaie du regard la Meinau, et le bâtiment noirci derrière lui, qu’il érige en symbole. « Ceci est le stigmate d’un incendie. C’est un signal. » Pour lui, ce quartier reflète « la situation de nombreux autres quartiers ». Et le message est clair : « Les Strasbourgeois et Strasbourgeoises ont le droit à une ville belle et propre. »
Renforcer les sanctions
Le modèle messin repose, selon lui, sur un principe simple : sanctionner. « Jusqu’ici, les règles ne sont jamais appliquées. Combien de sanctions ont été très clairement prises ? Tout cela pour ne pas être impopulaire. » Il rappelle les montants existants : 135 euros pour un mégot jeté, 450 euros pour un tag. Pas question d’augmenter les amendes, mais de les faire appliquer « systématiquement ». « Il faut accepter l’impopularité pour lutter contre l’incivilité. Il faut une tolérance zéro. »
Autour de cette ligne dure, Jean-Philippe Vetter déroule un ensemble de mesures plus concrètes. Davantage de points propreté « bien identifiés », avec deux poubelles systématiquement, des sacs pour les déjections canines et des cendriers, mais aussi plus de toilettes publiques.

Cellule d’interventions rapides
Sur le terrain, le candidat estime qu’il n’y aura pas à augmenter les effectifs des agents de propreté. Jeudi 22 janvier, encore, une autre vidéo montrait Jean-Philippe Vetter et son équipe aux côtés des agents, en pleine nuit, dans le froid. Applaudissements, poignées de main, remerciements appuyés. « Nous sommes allés voir les agents hier très tôt pour les remercier. Pour leur apporter un message de confiance et de soutien. Mais ils ont besoin de mesures claires et d’orientations. »
Ces orientations passeraient par la création de cellules d’intervention rapide, couplées à une application citoyenne permettant de signaler, photo et localisation à l’appui, un lieu sale. À Metz, affirme-t-il, « les agents interviennent dans les 48h maximum ». Une rapidité essentielle, selon lui, pour enclencher un cercle vertueux. « Là où c’est propre, les gens prendront plus soin, assure-t-il, avant de désigner les détritus à ses pieds. Dans ce cadre, c’est plus facile de jeter un papier. »
Le candidat veut aussi multiplier les opérations « villes propres », associant commerçants et habitants, quartier par quartier. Objectif affiché : rendre visible le travail des agents. « Il faudra le faire dans chaque quartier pour aussi mieux connaître les agents, qu’ils soient connus et reconnus. »

« Grand plan poubelles »
Dernier volet de cette conférence de presse : les rats. Jean-Philippe Vetter raille la majorité municipale, qui parle à leur sujet « d’animaux liminaires ». « Je peux vous dire que quand on vit avec eux, ce sont bien des nuisibles. » Il promet un « grand plan poubelles » pour « faire de Strasbourg une ville belle ». Les détails ne sont pas encore communiqués, mis à part… le déploiement de plus de poubelles dans la ville. « Les familles ont peur de laisser jouer leurs enfants dehors », ajoute Jean-Philippe Maurer. Les agents aussi, « ont peur de rentrer dans certains locaux à poubelles ». Et d’oser : « Les gens ont honte de recevoir. »
Pour Jean-Philippe Vetter, la responsabilité incombe aussi aux bailleurs sociaux, sur lesquels il souhaite « mettre plus de pression » pour lutter contre la présence des rats. « Ce n’est pas un petit sujet », insiste son homologue LR, Jean-Philippe Maurer.


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