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« Il faut une mise à l’abri de toutes les personnes », appelle la présidente d’une association de solidarité
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« Il faut une mise à l’abri de toutes les personnes », appelle la présidente d’une association de solidarité

par Jean-François Gérard.
Publié le 3 novembre 2020.
Imprimé le 24 mai 2022 à 17:05
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L’association Strasbourg Action Solidarité estime qu’il faut améliorer la prise en charge des personnes plus précaires, plus nombreuses, avec le deuxième confinement.

Lundi 2 novembre, la présidente de Strasbourg Action Solidarité, Valérie Suzan, a donné rendez-vous devant les locaux de l’association, ouverts fin 2019 à la Cité Spach. Pour cette première semaine de reconfinement, elle a préparé un court discours :

« Une fois de plus les personnes sans-abri sont les grandes oubliées. Le président demande un confinement, mais eux restent dehors. L’urgence sociale demeure à Strasbourg et dans sa métropole. »

En deux minutes, la militante associative égrène les situations difficiles : familles à la rue, personnes isolées, personnes isolées avec chiens, hôtels non-pourvus de cuisine et loin des distributions alimentaires, personnes locataires qui « n’arrivent plus à se nourrir », des travailleurs pauvres sous tente ou dans des voitures sans oublier les « étudiants pauvres, en grande difficulté à l’heure actuelle ».

« Fournir les hôtels en repas »

Valérie Suzan demande « une mise à l’abri de toutes les personnes » et de « fournir les hôtels en repas et en produits d’hygiène ». Comment ? C’est à l’État ou la Ville de Strasbourg de le trouver, mais « nous sommes prêts à participer », répond-elle. Lors d’une maraude récente, elle a été interpellée par la situation « d’un couple dans un hôtel qui n’avait rien à manger ».

Deux personnes en grande précarité et impliquées dans l’association sont à ses côtés. Nadjitam est arrivé en France du Tchad en 2014. Sa situation l’empêche toujours de travailler et de suivre une formation. « J’étais dans un foyer pour adolescents à Illkirch, puis pris en charge par le Conseil départemental. Mais à mes 21 ans on m’a dit de partir et qu’il n’y avait rien pour moi », décrit-il d’une petite voix.

« Avant le premier confinement, je travaillais en vitrerie ou sur des chantiers », sans être déclaré, raconte-t-il. « Pendant le confinement, je vivais avec ma copine, donc ça allait. Mais depuis, nous sommes séparés et il n’y a plus de travail quand j’appelle les patrons. Avec le reconfinement, il n’y a plus rien à faire et les gens sont enfermés ». Il s’implique à Strasbourg Action solidarité en recherchant des invendus et en préparant les maraudes du mardi et du jeudi.

Le soir, Nadjitam dort dans une voiture à Lingolsheim. « Mon obligation de quitter le territoire a été cassée en appel à Nancy. Mais les services d’aide m’ont dit d’attendre un an avant de refaire une demande de titre de séjour. C’est long et en étant séparé de ma copine, je ne sais pas si elle sera acceptée ». Il craint que l’étau se ressert autour des immigrés dans le contexte des attentats. « Même moi à la place des Français je serais d’accord avec Marine Le Pen en voyant ce qui se passe », lâche-t-il fataliste.

Au centre, la présidente de l’association Strasbourg Action Solidarité. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Réouverture de l’espace Joséphine Baker, pour un autre public

À ses côtés, Steve Le Faou, est un sans-abri strasbourgeois. Impliqué dans l‘association Lianes, qui aide les propriétaires d’animaux en grande difficulté et requérant contre l’arrêté anti-mendicité en 2019, il dort sous tente « dans un endroit tranquille » du quartier des XV. Comme point positif, il cite la réouverture de l’espace Joséphine Baker à Cronenbourg après le premier confinement. Près d’Ikea, 14 caravanes sont occupées et 27 chiens vivent sur place, mais « il y a une file d’attente », relève-t-il. Ce lieu d’accueil de gens du voyage avait fonctionné de la fin 2017 au 31 janvier 2020. Avec les confinements et l’ouverture de plusieurs endroits, comme le Refuge des oublié.s au Port autonome, « c’est dur d’avoir les chiffres des besoins à jour », estime-t-il.

La douceur record pour un mois de novembre, près de 20 °C en fin de matinée, le pousse à un digression sur la météo. « Pour les gens à la rue, il est plus facile de dormir sous tente en hiver qu’en été. Depuis 2012, il n’y a plus d’hiver très froid en Alsace ». Néanmoins, il se demande s’il y aura tout de même un plan hivernal… Ce dernier aurait dû débuter le 1er novembre, puisque les places du plan 2019/2020 n’ont pas été fermées avec le premier confinement.

L'AUTEUR
Jean-François Gérard
Jean-François Gérard
A rejoint la rédaction de Rue89 Strasbourg à l'été 2014. En charge notamment de la politique locale.

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