Motion Sequence, l’électro qui agite Strasbourg et les classements allemands
Culture 

Motion Sequence, l’électro qui agite Strasbourg et les classements allemands

actualisé le 31/03/2017 à 13h37

Le jour, David, Lucas et Hugo sont trois jeunes actifs de Strasbourg. Mais la nuit, on les retrouve derrière les platines sous le nom d’E-tronik, Voltery et Medicis. En 2016, les trois DJs producteurs ont monté leur label, appelé « Motion Sequence », un nom qui fait rayonner la musique électronique de Strasbourg. À tester ce vendredi soir au Mudd Club.

Jeunes strasbourgeois, David et Lucas ont débuté derrière les platines du Rafiot. En 2015, ils décident, avec Hugo, de créer un label, appelé « Motion Sequence », pour distribuer leurs propres productions, sur des disques vinyle en plus ! Étonnés par le succès de leur premier disque, ils accueillent de nouveaux artistes et lancent des soirées électroniques courues à Strasbourg. Ce vendredi soir, ils mixeront au Mudd Club.

Le retour du vinyle, produit local

Les trois fondateurs de « Motion Séquence » ont fait le choix de n’être distribués que sur support vinyle, les bons vieux disques noirs qui ne sont lus que par des platines à diamants. Leur souci n’est pas seulement la diffusion, c’est aussi de faire vivre l’écosystème qui gravite autour du disque, qu’ils considèrent plus noble que la seule musique numérique. Et puis il faut reconnaître que les vinyles sont les médias à l’origine des DJs. Pour « Motion Sequence », produire un vinyle sauve un DJ.

David détaille :

« Il y a des jeunes qui n’ont jamais eu de leur vie un support musical physique entre les mains. Ils sont nés avec la musique numérique mp3, ils n’ont jamais eu d’objets pour matérialiser la musique. »

Le premier disque de Motion Sequence (Photo ES / Rue89 Strasbourg / cc)

Le premier disque de Motion Sequence (Photo ES / Rue89 Strasbourg / cc)

Une musique dédiée au mix

La musique de Motion Sequence est destinée à être mixée. Ses promoteurs se décrivent comme « libres et ouverts », ils ne s’imposent pas de direction artistique. Et d’ailleurs, le label ne fonctionne qu’à la poignée de main et à l’huile de coude. Le design est réalisé par Lucas, graphiste, tandis que le mastering (ensemble des traitements audio, puis enregistrement du support ), et la distribution sont confiés à une structure détenue par leurs amis strasbourgeois installés à Paris : Yoyaku. Le pressage est réalisé par MPO, en région parisienne.

Pour David, travailler en vase clos présente des avantages certains :

« Travailler avec nos amis nous permet de maîtriser toutes les étapes de production car on réduit le délai entre la création artistique et l’écoute du public. Pour nous, c’est quasiment aussi souple que la diffusion digitale, mais on fait travailler une chaîne plus importante. »

Grâce à l’entraide, aux réductions entre amis, le prix de vente d’un vinyle de Motion Sequence oscille autour de 12 euros environ.

David ajoute :

« Grace à Yoyaku qui a vraiment percé, on a la chance d’être distribué sur les plus grosses plateformes en ligne qui vendent nos disques et dans pas mal de magasins en Europe aussi. On a une visibilité et un réseau de distribution assez vastes. »

E-Tronik, Medicis et Voltery dans le studio (doc remis)

E-Tronik, Medicis et Voltery dans le studio (doc remis)

La « Motion Mafia » privilégie les amis

Dans la même logique, la « Motion mafia » comme l’appelle affectueusement ses membres, attache une grande importance aux relations entretenues avec les artistes qu’ils accueillent. Motion Sequence propose deux formats pour ses disques, des compilations intitulées « Various artists » comprenant les productions originales de plusieurs compositeurs et où la notion de remix n’existe pas, ou des minis albums (EP) composés de productions originales d’un seul artiste, accompagnées du remix d’un titre de cet artiste par un DJ membre du label.

Le second vinyle de Motion Sequence, MS 0.2, est consacré à Ana Poiesis (aka Malin Génie), un célèbre DJ hollandais, boss du label Vigenère et membre du trio Mandar.

Un succès inattendu

Peu de temps après sa création, le label sort son premier disque (MS 0.1). L’album comprend les productions originales de quatre artistes strasbourgeois : ceux des trois membres du label, plus celui d’un artiste électronique local de renommée internationale, qui a décidé de signer sous un alias afin de ne pas mélanger ce projet indépendant à sa carrière. Rapidement, les 500 exemplaires de MS 0.1 s’écoulent, et le vinyle se retrouve pendant une semaine en deuxième place sur le site de classement des ventes d’un des plus gros disquaire allemand.

David analyse ce lancement :

« Pour nous, c’est génial. On est une bande de potes de Strasbourg et on se retrouve aux côtés d’artistes confirmés. À la base, c’était un projet entre copains, l’idée était de faire rayonner un peu la scène de Strasbourg, de permettre à des artistes locaux d’être visibles, de s’exporter. Puis là quand on a vu que ça fonctionnait, on a eu d’autres idées. »

MS. 0.1, premier disque du collectif, premier succès.

Les soirées courues de Motion Sequence

Suite à l’écho de son premier vinyle, Motion Sequence a lancé de nouveaux projets. C’est ainsi que la « Motion Family » a commencé à organiser des soirées, appelées « Motion Sequence meets… » afin de présenter leur influences musicales et d’autres jeunes labels européens aux Strasbourgeois.

Motion Sequence Meets… un label de qualité pas ouvert à plus de 150 personnes.

Ces soirées, limitées à 150 personnes, sont organisées dans des lieux privés et inattendus, dévoilés le jour même aux participants de l’événement et accessibles sur invitation. David précise :

« Si on le faisait dans un but lucratif on organiserait des soirées avec plus d’entrées, on ferait des vinyles avec de la musique plus commerciale. Mais notre but c’est d’écrire une page de la musique électronique, plus que de rentrer de l’argent. Le fait que l’on ait tous une vie professionnelle à côté nous permet de ne pas avoir à sortir absolument quelque chose dans un délai précis, on est libres, on a le temps d’être perfectionnistes. »

Des projets plein la tête

Deux disques sont déjà programmés : « MS 0.3 » créé à partir de productions originales d’E-tronik  dont un remix par un de ses collègue et « MS 0.4 », exclusivement consacré à un artiste français. Pour MS 0.5, le label envisage un « Various Artists ». D’autres DJs de renom ont été contactés, avec la possibilité de signer leur production, soit sous leur propre nom soit sous un alias.

Plusieurs soirées sont au programme de l’agenda de Motion Sequence. Vendredi 31 mars, le Mudd Club invite les fondateurs de Motion Sequence à mixer aux côtés de Malin Génie, avec lequel ils ont collaboré sur MS 0.2.

Le flyer de la soirée de vendredi 31 mars.

La prochaine « Motion Sequence meets… » aura lieu le 8 avril, via une invitation sur Facebook. Elle accueillera le label Aeternum Music, en l’occurrence Lowris. Celui-ci viendra accompagné de Cabanne, également DJ résident au Concrete à Paris, avec lequel ils forment le duo King of Delays.

Le flyer de la prochaine « Motion Sequence Meets… »

Interrogé sur le potentiel de la ville de Strasbourg pour la musique electro, Motion Sequence préfère esquiver les réponses. Mais le groupe explore la possibilité de mettre en place des soirées de façon plus régulière, avec un établissement de nuit strasbourgeois.

Y aller

Malin Génie avec E-Tronik, Voltery et Medicis, vendredi 31 mars à partir de 23h, au Mudd Club, 7 rue de l’Arc-en-ciel à Strasbourg.

Aller plus loin

Sur Facebook : Motion Sequence

Sur SoundCloud : la page de Motion Sequence

L'AUTEUR
Emma Schneider
Emma Schneider

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