Un squat à destination des familles ouvert à Schiltigheim… et refermé
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Un squat à destination des familles ouvert à Schiltigheim… et refermé

actualisé le 21/10/2019 à 13h18 : ajout de l'évacuation

Un collectif a ouvert un bâtiment pour héberger des familles actuellement vivant dans la rue, près de la gare de triage de Schiltigheim. Mais la maire a évoqué des impératifs de sécurité et fait évacuer le bâtiment dans la journée.

Mise à jour à 23h

Le squat évacué

La mairie de Schiltigheim a fait procéder à l’évacuation du squat de la rue de Saint-Junien. Dans un communiqué publié dans la soirée de dimanche, la maire Danielle Dambach (EELV), précise :

« La mise à l’abri des personnes vulnérables est un droit fondamental. Cependant, le site en question n’est pas sécurisé. Il s’agit d’un site de recherche sur les matériaux. Ce bâtiment est potentiellement dangereux pour les hommes, les femmes et les enfants qui l’occupent. Il contient encore des produits chimiques non identifiés. La municipalité de Schiltigheim ne peut prendre le risque d’héberger même en urgence des personnes dans un lieu dangereux pour elles-mêmes. »

Les personnes qui y avaient trouvé refuge ont été relogées dans les hébergements du service d’accueil d’urgence, ce qui fait dire aux organisateurs du squat qu’il existe des places « quand la maire appelle. » Le collectif note qu’aucun produit toxique n’a été retrouvé dans le squat.

Après l’Hôtel de la rue à Koenigshoffen et le squat Bugatti à Eckbolsheim, un nouvel espace d’hébergement pour les personnes sans domicile ni hébergement a été ouvert à Schiltigheim, 19 rue de Saint-Junien en bordure de la gare de triage.

Ce bâtiment était vide depuis avril. Il a été utilisé par Alsace Plasturgie, un laboratoire de recherche sur les matériaux, qui a fusionné récemment pour devenir le Cetim Grand Est et a déménagé à Illkirch-Graffenstaden. L’ensemble immobilier appartiendrait à la Région Grand Est qui le destinerait à la création de logement sociaux, selon un employé de Cetim Grand Est.

Le bâtiment était inoccupé depuis avril 2019 (Photo Google Maps)

Il y a une quarantaine de pièces, dont une vingtaine sont immédiatement exploitables. Le collectif à l’origine de ce nouveau squat le destine aux familles et aux personnes les plus vulnérables, c’est à dire malades. Imène, membre du collectif, détaille :

« Nous avons ouvert ce squat pour soulager 5 familles qui campent actuellement aux Ducs d’Alsace et pour accueillir également d’autres personnes déjà logées au squat Bugatti. On prévoit d’y accueillir 18 familles au total. »

220 personnes sans-abri aux Ducs d’Alsace

Selon le collectif Ducs d’Alsace, 220 personnes sont actuellement sous des tentes et des abris de fortune au parc des Ducs d’Alsace à Cronenbourg. Il s’agit principalement de demandeurs d’asile, dont la demande est en cours de traitement et qui devraient être hébergés par l’État. Le collectif alerte sur la grossesse d’une femme, dont l’accouchement est imminent. Les pluies de ces derniers jours ont rendu encore plus précaires les conditions de vie de ces migrants.

Comme lors des deux précédentes ouvertures de squats, le collectif fait appel aux dons et aux bonnes volontés pour transformer ces locaux de bureaux en espaces à vivre. Ils mobilisent les soutiens via la page Facebook « La Passerelle du Bonheur. »

L'AUTEUR
Pierre France
Pierre France
Fondateur et directeur de la publication de Rue89 Strasbourg.

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