La ZAD au Shadok évacuée, l’établissement fermé
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La ZAD au Shadok évacuée, l’établissement fermé

actualisé le 22/12/2019 à 19h25

Les occupants de « La Fabrique du numérique », actuellement fermée, ont été délogés dans le calme ce samedi 21 décembre.

Après quatre nuits, les militants qui occupaient le Shadok sur la Presqu’Île Malraux (voir notre article et les motivations) ont été délogés ce samedi 21 décembre. L’opération par les forces de police s’est déroulée dans le calme vers 6h30. Une vingtaine de personnes étaient présentes.

Le premier adjoint au maire en charge de la Culture, qui a piloté le projet, Alain Fontanel (LREM) s’était rendu sur place jeudi 19 décembre dans la matinée pour dialoguer avec les occupants. Un huissier avait constaté la situation. Selon les participants ou le récit par les DNA, les discussions ont été apaisées, mais aucun cap précis n’avait été fixé à l’issue de l’échange.

La Ville et l’Eurométropole ont ensuite engagé une action en référé devant le tribunal d’instance contre l’occupation de ce bâtiment public. La décision, favorable à la collectivité, est intervenue le lendemain, vendredi 20 décembre, en fin de journée.

Des militants ont occupé le Shadok Presqu’île Malraux pendant 4 nuits. (photo Thibault Vetter)

Co-working et école de musique aussi fermés

Les utilisateurs de l’espace de co-working et de l’école de musique électronique au deuxième étage, qui n’était pas occupé, ont été avertis que les badges d’accès sont désactivés jusqu’au 6 janvier. Ils pourront récupérer leurs affaires les 23 ou 27 décembre. Le lieu était néanmoins en contact direct avec la jeune « ZAD.OK » dans les étages du dessous. Les murs tagués vont être nettoyés, la Ville va « remettre à plat la question des accès ».

La partie publique, au 1er étage (espace d’exposition, fab lab) et au rez-de-chaussée (hall d’accueil et espace de conférences) ne doivent rouvrir que le 28 janvier, après une fermeture exceptionnelle de six semaines. Le café a trouvé un nouveau repreneur qui va s’installer ensuite.

Les occupants souhaitaient installer un lieu autogéré dans le cadre du mouvement social contre la réforme des retraites. Le lieu était décrit comme une « maison du peuple et de la grève féministe, anticapitaliste, écologiste et antiraciste au service des personnes précarisées et révoltées de la métropole. »

Le lieu inauguré en 2015 a été choisi comme un symbole. À la fois, il n’a plus d’activité dans deux étages pour une longue période suite à de nombreuses absences et il est décrit comme un « fer-de-lance de la politique de gentrification menée sur le quartier des Deux-Rives ». Une critique que conteste le maire Roland Ries.

La réaction de Roland Ries

« Sollicitée, la Justice a décidé l’expulsion du collectif occupant le Shadok depuis plusieurs jours. Cette décision a été prise pour protéger les biens et équipements du site, qui doit poursuivre normalement son activité d’espace de co-working et d’école de musique électronique, et pouvoir reprendre un peu plus tard son activité de promotion de la culture numérique; il s’agit aussi de permettre, comme prévu, l’ouverture du café indépendant et original « les petites bretelles » dans le Shadok. 

Les dégradations commises seront réparées. Je remercie les forces publiques mobilisées pour leur intervention pacifique mais déterminée et efficace. Je comprends qu’il y ait des désirs d’expression citoyenne en dehors du cadre institutionnel. Et c’est sans doute par méconnaissance de la réalité de l’activité du Shadok, structure ouverte à une vraie diversité de publics, que le site a été choisi.

Mais il n’y a pas de démocratie sans respect du droit. C’est un principe fondamental, et c’est pourquoi nous ne souhaitions pas voir une telle situation se pérenniser. J’appelle naturellement à l’apaisement, et incite au dialogue respectueux et démocratique. »

L'AUTEUR
Jean-François Gérard
Jean-François Gérard
A rejoint la rédaction de Rue89 Strasbourg à l'été 2014. En charge notamment de la politique locale.

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