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En assemblée générale étudiante, un premier blocage voté
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En assemblée générale étudiante, un premier blocage voté

par Thibault Vetter.
Publié le 4 avril 2018.
Imprimé le 23 octobre 2021 à 06:14
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Mercredi 4 avril, une nouvelle assemblée générale étudiante s’est tenue au Palais Universitaire au sujet de la réforme des Universités. L’amphithéâtre accordé par la direction a accueilli plus de 200 personnes au début. Des discussions et des votes au sujet de la mobilisation se sont tenus, avec comme point de débat, l’occupation immédiate ou future. Et un premier blocage.

Depuis la fin mars, la salle 19 du Palais Universitaire de Strasbourg n’accueille plus de cours, déplacés dans d’autres lieux. Ce mercredi 4 avril, à midi, une assemblée générale (AG) y a réuni plus de 200 personnes : une majorité d’étudiants, ainsi que des lycéens, des professeurs et des syndicats de la recherche.

Des affiches revendiquant une « Université libre et émancipatrice » bordent les murs de la salle. Gabriel, sur le fond d’une musique rap et reggae qui résonne dans l’amphithéâtre, annonce que l’objectif de ce lieu est de créer un espace « d’organisation de la lutte, mais aussi de discussion en général. »

Les étudiants utilisent les murs de l’amphithéâtre occupé. (Photo Thibault Vetter)

Une demi-douzaine d’étudiants membres de l’Uni (Union Nationale Interuniversitaire) tentent d’entrer dans la salle. Ces soutiens du syndicat étudiant classé à droite sont priés de sortir très rapidement. Ces derniers, en filmant la scène sur téléphone, s’exécutent tout en protestant.

D’après des membres de l’assemblée générale, « ces militants de droite ou d’extrême-droite ont tenté de semer le trouble aux derniers rassemblements, en cassant toutes les discussions », ce qui justifie, selon eux, de les écarter. Un membre de l’Uni réfute toute proximité du syndicat Uni avec l’extrême-droite.

Vers 12h10, la musique cesse. Un étudiant sur l’estrade expose le déroulé de la séance. À l’ordre du jour : la gestion de la communication, un point sur la mobilisation à l’échelle nationale ou encore le lien avec les différentes grèves organisées dans le pays.

Pour François Bonnarel, ingénieur et membre de la CGT, « la convergence des luttes n’a jamais été aussi forte. » Cette alliance ponctuelle est justement au centre des échanges. C’était déjà le cas la veille à une AG de cheminots où des étudiants s’étaient rendus.

Après une heure de débats, les étudiants présents votent pour se joindre aux prochaines manifestations des cheminots, mais aussi à celle des services d’urgences le 10 avril. Une motion de soutien aux grévistes de la SNCF est d’ailleurs votée au passage par une majorité écrasante.

Prendre de l’ampleur grâce à des opérations coup de poing

Les débats reviennent ensuite sur le mouvement universitaire, créée en opposition à la réforme du bac et la sélection à l’Université (loi ORE).

Christian Ronse, professeur d’informatique, s’exclame que cette mobilisation doit impérativement prendre de l’ampleur :

« C’est un combat important. Tout le monde doit avoir les mêmes chances d’aller à l’université. Cette loi casse l’égalité des chances, elle aura des conséquences dramatiques. On doit se mobiliser massivement contre. »

Des professeurs sont aussi présents à l’assemblée générale. (Photo Thibault Vetter)

A l’approche des examens, les étudiants ont peur de voir s’essouffler le mouvement. Devant l’assemblée, l’un d’entre eux prend la parole :

« Nous sommes 50 000 étudiants à Strasbourg, et nombre d’entre nous ont été séduits par des idées sociales ou écologiques aux dernières élections. Il n’y a pas de raison pour que la mobilisation ne prenne pas plus d’ampleur. Il faut diffuser ces idées sur tous les campus de Strasbourg. Installer des tables permanentes, tracter et discuter avec le maximum de personnes nous aidera à ramener des étudiants dans la lutte. »

Blocage le lundi

Peu après, des mesures pour augmenter le tractage sur tous les campus sont votées. Les étudiants décident aussi d’une « opération coup de poing » pour le lundi 9 avril, après avoir conclut que c’est ce type d’action qui permettent le mieux de « diffuser la lutte ».

Au programme : blocage sur le campus central, barbecue et assemblées générales. Pour eux, il est important aussi de créer un événement derrière et de susciter la discussion pour expliquer l’objectif de la mobilisation :

« Nous ne sommes pas là pour empêcher les étudiants d’aller travailler. Justement, nous militons pour un accès égal à tous aux études à l’université, sans distinctions. »

Vote serré pour la soirée

Sur un point, les débats sont moins unanimes. L’occupation ou non de l’amphithéâtre de la salle 19. Pour certains, une occupation nocturne dès ce soir – les étudiants ont le droit de rester jusqu’à 20h, heure de fermeture du bâtiment, c’est s’exposer à une intervention policière express, tout perdre et décourager certaines volontés. Pour d’autres, c’est au contraire le fait de se cantonner à une salle qui risque de marginaliser les opposants.

En fin d’AG, il reste moins d’une centaine de participants, certains se pressant d’aller en cours pour 14h. L’occupation pour la nuit est votée d’une courte tête : 37 voix pour, 31 voix contre, 12 abstentions et 10 non prises part au vote.

Le 22 mars, suite à la journée de mobilisation nationale « en défense du service public », une occupation pour la nuit avait été votée. La police était intervenue pour déloger les occupants peu après 20h, officiellement pour des raisons de sécurité. Aucune dégradation dans la faculté d’Histoire n’avait été constatée (au prix d’un petit rétropédalage).

L'AUTEUR
Thibault Vetter
Thibault Vetter
enquête beaucoup sur l'hébergement d'urgence, la grande précarité, les pollutions et l'industrie.

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